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Analyse

L’Europe se reconfine, la France regarde ailleurs

Un vent craintif a soufflé cette semaine sur l’Europe. Les uns après les autres, les grands pays du Vieux Continent ont resserré les mesures sanitaires pour contrôler la pandémie.

Une femme passe devant un commerce fermé.

Un restaurant de Paris fermé pendant le confinement.

Photo : Reuters / GONZALO FUENTES

Les Britanniques ont été plongés dans un strict troisième confinement, les Allemands se sont vu imposer de premières restrictions pour leurs déplacements, et les Italiens devront patienter plus longtemps avant de retrouver la possibilité de voyager dans leur propre pays.

Même le Danemark a pris des mesures supplémentaires pour tenter de ralentir la propagation de la COVID-19 et du nouveau variant du coronavirus découvert au Royaume-Uni.

En France, outre un allongement du couvre-feu dans certaines régions, il n’est pas vraiment question de durcir les restrictions en place.

Certes, la situation sanitaire y est (pour l’instant?) moins préoccupante qu’au Royaume-Uni, mais c’est aussi parce que les décideurs ont la tête ailleurs.

Vacciner à la vitesse promenade en famille

La lenteur de la campagne de vaccination a provoqué consternation et colère à la fois chez les politiciens et chez les citoyens.

Des mains gantées plantent une seringue dans le bras d'un homme.

Un Français reçoit un vaccin de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19.

Photo : Reuters / PASCAL ROSSIGNOL

Les données françaises montrent effectivement un retard qui laisse songeur, vu l’importance de cette vaccination pour la santé économique du pays.

Mercredi soir, 19 500 Français ont été vaccinés. C’est à peine 0,03 % de la population du pays; loin de ce qu’il faut pour espérer atteindre l’immunité collective.

Loin, aussi, de plusieurs autres pays européens, comme le Royaume-Uni (plus d’un million de vaccinés), l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. De quoi rendre les Français jaloux… et anxieux.

Les partis d’opposition ont bien sûr profité de cette autre controverse dans la gestion française de la pandémie.

La gauche parle de fiasco; la droite, de scandale d’État, et assure que le pays est la risée du monde.

Devant ces critiques, le gouvernement a d’abord défendu ce lent démarrage. Une stratégie assumée par le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui demandait de ne pas confondre vitesse et précipitation.

Le président français, lui, a rapidement lancé un autre message, probablement conscient du peu de crédit accordé aux explications officielles de la part d’un gouvernement qui semble souvent dépassé par la pandémie.

Nous sommes sur un rythme de promenade en famille, a lancé un Emmanuel Macron en colère, selon Le Journal du dimanche. Ce n’est pas à la hauteur ni du moment ni des Français.

Emmanuel Macron retire son masque.

Le président Emmanuel Macron a démontré de l'impatience dans la tenue de la campagne de vaccination en France.

Photo : Getty Images / LOIC VENANCE

Amplifier, accélérer et simplifier

Le président Macron a réclamé des changements rapides à la stratégie française de vaccination. Et les ministres ont rapidement changé de ton et de direction.

Nous allons désormais amplifier, accélérer et simplifier notre stratégie vaccinale a confirmé le ministre de la Santé.

Amplifier, pour permettre à ceux qui le désirent – dont de nombreux soignants et les aînés – de se faire vacciner.

Accélérer, en ouvrant des centres de vaccination; une idée écartée initialement.

Simplifier, en réduisant les obligations imposées par la bureaucratie française; des obligations, consignes et directives qui semblent avoir paralysé tout le processus.

La consultation prévaccinale pour obtenir le consentement libre et éclairé des personnes est souvent montrée du doigt. En soi, le consentement est, bien sûr, nécessaire.

La consultation prévaccinale, elle, vise à tenter de rassurer les sceptiques devant ce vaccin et ses effets secondaires. Et ils sont nombreux, les Français qui hésitent à se faire vacciner : plus de la moitié, selon les récents sondages.

Le lent départ de cette campagne de vaccination s’explique en partie par ce scepticisme. Le gouvernement cherchait à convaincre en douceur.

Jeudi, les ministres doivent détailler la nouvelle mouture de ce plan de vaccination. Sauront-ils convaincre les Français de se laisser piquer le bras?

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