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L'industrie manufacturière craint un nouveau confinement

De nombreuses boîtes sont sur un tapis roulant, et des employés préparent des colis.

Les manufactures redoutent l'impact d'un second confinement.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Marcoux

Radio-Canada

Un nouveau confinement pourrait peser lourdement sur l'industrie manufacturière. Après avoir essuyé des milliards de dollars de pertes lors du confinement du printemps, les manufacturiers et les exportateurs préviennent qu'un nouvel arrêt prolongé de la production aura de lourdes conséquences sur leurs activités.

Selon Véronique Proulx, présidente et directrice générale des Manufacturiers Exportateurs du Québec, l'angoisse est bien réelle en ce moment dans le secteur industriel québécois, qui tente de trouver un terrain d'entente depuis 48 heures avec le gouvernement Legault qui s'apprête remettre le Québec en confinement.

À Drummondville, certains se demandent si la reprise observée depuis le confinement du printemps sera mise à mal. Jean-François Nadeau, directeur amélioration continue et qualité de l'entreprise Matritech, soutient que l'avenir est peu radieux.

On a une crainte pour nos employés, pour l'entreprise, pour le futur. On fait affaire avec des gens qui font affaire avec l'international. Eux aussi vont mettre une pause dans leurs activités. Ça nous touche, ça nous préoccupe, soutient-il.

Selon la Société de développement économique de Drummondville, les 600 entreprises manufacturières de la région, qui emploient environ 16 000 travailleurs, ont généralement pu se remettre du premier confinement. Son directeur général, Martin Dupont est toutefois inquiet des séquelles de cette seconde fermeture.

Depuis le retour du printemps, il y a une grande majorité d'entreprises qui sont à la recherche d'employés pour combler leur besoin manufacturier, explique-t-il. Il ne faut pas que ce confinement vienne tout bousiller l'effort de la reprise après le printemps, mais on ne peut pas dire qu'il n'y aura pas d'impact. Il va y avoir un impact.

Selon nos sources, le gouvernement Legault envisagerait de suspendre les activités de la construction et de fermer les usines et entreprises jugées non essentielles pour plusieurs semaines pour tenter de ralentir la propagation de la COVID-19 dans la province.

Des faillites à venir

Pour les entreprises qui seront forcées de fermer leurs portes une deuxième fois en moins de 12 mois, cette perspective laisse entrevoir des pertes monétaires considérables, voire la faillite.

Véronique Proulx, présidente et directrice générale, Manufacturiers Exportateurs du Québec

Ce serait vraiment le scénario le plus catastrophique pour nos membres parce que depuis le début de la pandémie on met en place des normes de santé et sécurité très élevées, souligne Véronique Proulx. Nos sites de production sont sécuritaires, les employés ont appris à travailler aussi dans ce nouveau contexte-là

Le problème auquel fait face l'industrie est que 28 % des éclosions et 40 % des cas de COVID-19 émanent actuellement du secteur manufacturier et industriel, selon les statistiques de la santé publique du Québec.

Une situation que reconnaît Véronique Proulx, qui réclame des statistiques plus précises, soit par secteur d'activité parce que le secteur manufacturier n'est pas homogène.

Ce qu'on demande au gouvernement depuis hier [mardi], c'est de faire une analyse plus précise, plus chirurgicale, pour comprendre dans quel sous-secteur on a davantage de difficulté à maîtriser la COVID pour pouvoir accompagner et mieux encadrer ces entreprises-là, exige-t-elle.

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