•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Biden dénonce une « attaque sans précédent » contre la démocratie

Des démocrates ont appelé à une nouvelle mise en accusation du président Trump, et d'autres ont réclamé l'invocation du 25e amendement. Mais des critiques ont aussi fusé au sein du camp républicain.

Joe Biden lève ses mains en parlant avec fermeté lors d'une conférence de presse.

Le président désigné des États-Unis, Joe Biden

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Le président désigné Joe Biden a vivement dénoncé la prise d'assaut du Capitole par les partisans de Donald Trump, accusé par des démocrates, mais aussi par des républicains, d'être à l'origine des violences qui ont eu lieu à Washington.

L'irruption de certains manifestants pro-Trump dans le Capitole, en pleine séance visant à comptabiliser les votes des grands électeurs, a été vivement condamnée par des élus des deux partis, dont Joe Biden.

Prenant rapidement la parole depuis son fief de Wilmington, au Delaware, Biden a rappelé à Donald Trump l'importance et le poids des paroles d'un président, l'exhortant à s'adresser rapidement à ses partisans sur les ondes de la télévision nationale pour défendre la Constitution [et] la démocratie et réclamer la fin de ce siège.

Dans une vidéo diffusée peu après sur les réseaux sociaux, Trump a mollement appelé au calme, réitérant ses accusations sur le vol de l'élection, remportée légitimement par son rival démocrate.

Jamais une telle agression contre la citadelle de la liberté n'a été vue dans l'histoire moderne des États-Unis, a soutenu Joe Biden, déplorant un état de siège de la règle de droit.

Ces scènes de violence ne sont pas le reflet de qui nous sommes. Ce que nous voyons, ce sont des groupuscules d'extrémistes, a-t-il ajouté.

Notre démocratie est soumise à une attaque sans précédent. Ce n'est pas une manifestation, c'est une insurrection.

Une citation de :Joe Biden, président désigné des États-Unis

Ça frise la sédition, et il faut que ça prenne fin maintenant, a-t-il soutenu.

Plusieurs élus, qui ont dû être évacués, ont carrément montré du doigt le locataire de la Maison-Blanche, qui, peu avant le coup d'éclat de ses partisans réunis à Washington, les avait galvanisés et avait martelé qu'il ne concéderait jamais la victoire.

Ils l'ont accusé d'avoir provoqué cet assaut contre les institutions législatives du pays.

Nous assistons à une tentative de coup d'État encouragée par le criminel de la Maison-Blanche. C'est voué à l'échec, a tweeté le représentant démocrate William Pascrell.

Il ne s'agit pas d'une manifestation. C'est une tentative de coup d'État, a de son côté estimé la démocrate Diana DeGette, dénonçant l'anarchie fomentée par notre propre président.

Certains appellent aux grands moyens

Mais des démocrates – et même des républicains – sont allés beaucoup plus loin. À deux semaines de la fin du mandat du 45e président, certains n'ont pas hésité à sortir l'artillerie lourde.

De l'avis de plusieurs, celui qui crie sans preuve crédible à des fraudes massives a, par son attitude, fortement contribué au climat toxique.

Des représentants démocrates, comme Ted Lieu et Jennifer Wexton, ont ainsi appelé le vice-président Mike Pence à recourir au 25e amendement de la Constitution, qui peut être invoqué lorsqu'un président devient inapte à exercer ses fonctions.

Sous couvert de l'anonymat, des élus républicains et des membres du Cabinet Trump ont aussi soulevé l'idée, notamment auprès de CNN, d'invoquer le 25e amendement. Selon le New York Times, ces discussions au sein du camp républicain ne sont pas particulièrement précises, mais découlent plutôt d'une inquiétude croissante devant les deux semaines restant dans le mandat du président et le potentiel d'insurrections à l'échelle du pays.

Dans un geste inhabituel, même l'Association nationale des manufacturiers a lancé un appel en ce sens afin de préserver la démocratie.

D'autres, comme les représentants Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley ou David Cicilline, ont plutôt réclamé le lancement d'une nouvelle procédure de destitution. Ilhan Omar a même écrit sur Twitter qu'elle avait commencé à rédiger les articles de mise en accusation.

Des voix républicaines s'élèvent

Sur la place publique, les critiques envers le président ne sont pas venues uniquement du camp démocrate.

Par exemple, Mitt Romney, seul sénateur républicain à avoir voté pour la destitution de Trump l'an dernier, a condamné sans réserve le président américain. Ce qui s'est passé ici aujourd'hui est une insurrection provoquée par le président des États-Unis, a-t-il déploré dans un communiqué.

L'ancien candidat républicain à la présidence a également critiqué très fermement ses collègues républicains qui contestent la validité des résultats de certains États.

Ceux qui choisissent de continuer à soutenir son dangereux stratagème en s'opposant aux résultats d'une élection légitime et démocratique seront à jamais considérés comme complices d'une attaque sans précédent contre notre démocratie.

Une citation de :Mitt Romney, sénateur de l'Utah

On se souviendra d'eux pour leur rôle dans cet épisode honteux de l'histoire américaine. Ce sera leur héritage, a-t-il poursuivi.

Le représentant républicain Adam Kinzinger, un des rares élus républicains à se montrer critique envers le président Trump, a multiplié les commentaires sur Twitter, l'accusant de lâcheté, le qualifiant d'homme faible et absorbé par lui-même et lui reprochant d'avoir menti à ses partisans.

Il a lui aussi décoché des flèches à l'endroit des élus de son camp ayant permis à ces développements d'avoir lieu, les exhortant même à démissionner.

Sans surprise, le Lincoln Project, un groupe militant formé de républicains anti-Trump, a lui aussi plaidé pour sa mise en accusation.

Dans le camp Trump, la fille du président, Ivanka, a quant à elle lancé un appel au calme sur Twitter en écrivant : Patriotes américains. Toute atteinte à la sécurité ou tout manque de respect envers nos forces de l'ordre est inacceptable. La violence doit cesser immédiatement. S'il vous plaît, soyez pacifiques.

Avec la collaboration de Stéphane Bordeleau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !