•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

En 2016, le Studio Victor cesse d’enregistrer des succès à Montréal

Un chien écoutant la voix de son maître dans un gramophone est le symbole de la compagnie RCA Victor.

Le Studio RCA Victor et le Studio Victor constituent des lieux importants de l'histoire de l'industrie du disque et de l'enregistrement sonore au Canada.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 1er janvier 2016, le Studio Victor, situé dans le quartier montréalais de Saint-Henri, cessait ses activités. Cette fermeture concluait l’histoire d’un lieu d’enregistrement sonore mythique au Canada.

Fermeture d’un lieu exceptionnel

Cette véritable institution fréquentée par les Marjo, Daniel Lavoie, Jean Leloup — mais aussi Bette Midler, Sting et plusieurs autres — va fermer ses portes le mois prochain. Et les musiciens sont en deuil.

Pascale Nadeau, 2015
Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Téléjournal, 19 décembre 2015

Le 19 décembre 2015, le journaliste Louis-Philippe Ouimet présente au Téléjournal, qu’anime Pascale Nadeau, un reportage sur le Studio Victor qui se prépare à fermer boutique le 1er janvier 2016.

C’est la popularité de la lecture en continu de musique sur Internet (le streaming) qui signe l’arrêt de mort du Studio Victor.

Son propriétaire, Gaétan Pilon, confirme qu’il cesse ses activités, car la rentabilité n’est plus au rendez-vous depuis deux ans.

Les auteures-compositrices-interprètes Mara Tremblay et Catherine Durand déplorent grandement la disparition de ce lieu d’enregistrement musical.

L’endroit est notamment construit de murs polycylindriques en bois d’acajou et de très hauts plafonds qui contribuent à lui donner son acoustique exceptionnelle.

C’est cette caractéristique, essentielle pour réaliser des productions de qualité supérieure, qui a forgé la réputation du Studio Victor de 1985 à 2015.

Cette tradition d’excellence remonte cependant à bien plus loin dans le temps.

Un symbole d’excellence dans le quartier Saint-Henri

Dans les faits, il faut retourner au tout début du 20e siècle pour comprendre l’importance du Studio Victor et de ses ancêtres dans l’histoire de l’enregistrement sonore mondial.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Gaétan Pilon, le propriétaire du Studio Victor, aux commandes de la console d'enregistrement.

Bonjour l'ambiance, 5 mars 1996

Photo : Radio-Canada

Gaétan Pilon, le 5 mars 1996, dans une entrevue radiophonique accordée à l’animateur de l’émission Bonjour l’ambiance Benoît Rousseau, raconte cette histoire.

Il rappelle que c’est en 1900 que s’installe à Montréal Emile Berliner.

L’homme d’origine allemande n’est pas n’importe qui. Il a notamment inventé le gramophone et a aussi créé la Deutsche Grammophon.

Cette maison d’édition de musique classique est de nos jours encore très connue et respectée par les mélomanes du monde entier.

Emile Berliner a également fondé la United States Gramophone Company, spécialisée dans la production de gramophones et de disques.

C’est pour éviter des batailles juridiques qu’il déplace son entreprise à Montréal.

En 1929, la RCA Victor achète la compagnie d’Emile Berliner logée dans le quartier Saint-Henri.

Les ingénieurs du son du nouveau propriétaire y construisent un studio d’enregistrement possédant les plus récentes inventions technologiques.

Dès sa création en 1943, ce dernier devient un symbole d’excellence pour les artistes de l’époque.

Des vedettes internationales et canadiennes, comme le chanteur Bing Crosby, la cantatrice Maureen Forrester et le pianiste de jazz Oscar Peterson, viennent y enregistrer leurs disques.

Le Studio RCA Victor n’est pas réservé qu’aux étoiles internationales.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Téléjournal/Le Point,19 décembre 1998

Le 19 décembre 1998, le journaliste Paul Toutant présente au Téléjournal/Le Point, qu'anime Michèle Viroly, un reportage qui nous le confirme.

Ce dernier nous rappelle l'existence d'Edmond Pariseau, un violoneux du Saguenay, très populaire au Québec durant les années 1940 et 1950.

Edmond Pariseau est devenu l'une de nos premières vedettes du disque en enregistrant ses propres compositions au Studio RCA Victor. Sa pièce intitulée Le reel de Roberval était reprise par toutes les radios de la belle province.

La RCA Victor ferme son studio en 1958.

En pleine guerre froide, la compagnie consacre dorénavant ses locaux du quartier Saint-Henri à la recherche aérospatiale.

En 1985, Gaétan Pilon et ses deux frères se servent de l’emplacement qui avait abrité le Studio RCA Victor pour installer le Studio Victor.

Le bois d’acajou et les murs polycylindriques sont jalousement préservés pour conserver la qualité du son si particulière que possédait l’endroit.

Une multitude d’artistes y affluent, attirés par la réputation et le gage d’excellence des captations et des enregistrements sonores qu’on y produit.

Un des derniers projets terminés avant la fermeture du Studio Victor est l’enregistrement par le chanteur Jean Leloup de l’album Paradise City.

Depuis 2017, un studio de création sonore, La Hacienda Creative, reprend et remodèle l’espace du Studio Victor pour poursuivre de manière un peu différente le travail effectué pendant 75 ans successivement par RCA Victor et Gaétan Pilon.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.