•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : le Sud-Ouest de l’Ontario au bord du point de rupture

Une patiente est transportée par deux travailleurs de la santé, sur une civière.

La pandémie n'accorde aucun répit au personnel de la santé.

Photo : The Canadian Press / JONATHAN HAYWARD

Des opérations chirurgicales jugées non urgentes annulées, des patients déplacés d’un hôpital vers un autre, des morgues en rupture d’espace pour conserver des dépouilles.

La situation est critique selon Julie Trpkovski, vice-présidente responsable de la santé mentale et des services d’urgence pour le réseau hospitalier London Health Sciences Center [qui regroupe à London l'hôpital Universitaire et l'hôpital Victoria].

Le centre hospitalier universitaire Health Sciences de London.

Des chirurgies jugées non essentielles sont progressivement annulées dans des hôpitaux de London.

Photo : CBC / Dave Chidley

Annuler les chirurgies et réduire le volume [de nos opérations] ce n’est pas quelque chose que nous voulons faire, pas non plus une décision que nous prenons à la légère, ajoute-t-elle.

Tout patient dont l'opération chirurgicale est affectée sera directement contacté via le téléphone par le bureau de son médecin

Dr Emil Schemitsch, Chef du département de chirurgie au London Health Sciences Center.

Le London Health Sciences Center a affirmé à CBC être dans l’obligation de revoir de manière quotidienne son agenda et d’annuler des chirurgies lorsque cela s’avère nécessaire.

Pour Julie Trpkovski, la décision d’annuler certaines chirurgies résulte de l’aggravation de la situation de la pandémie dans la région. Elle a dit aux équipes médicales que le Centre de commande des soins intensifs de l’Ontario avait demandé aux hôpitaux de se préparer à opérer à une capacité de 115 % afin de pouvoir soutenir d'autres hôpitaux et régions.

Une patinoire de hockey pour entreposer des dépouilles

La pression exercée par la COVID-19 sur les hôpitaux de la région a également un impact sur les morgues. La plus grande morgue du Sud-Ouest de l’Ontario, située à London, est en rupture de place depuis quelques jours. C’est désormais aussi le cas à Windsor.

L'hôpital régional de Windsor a préparé une remorque réfrigérée à l’extérieur de l’un de ses bâtiments pour servir dans le cas où les 24 places dont dispose sa morgue viendraient à être toutes occupées. Cinq corps y ont été entreposés au cours des deux dernières semaines.

Un conteneur entreposé à l'extérieur de l'hôpital régional de Windsor.

L'hôpital régional de Windsor utilise une morgue temporaire pour entreposer des dépouilles.

Photo : Dan Taekema/CBC

Elle a même conclu une entente avec une patinoire de hockey privée pour entreposer des corps dans le cas où cela serait nécessaire, même si l’utilisation de la remorque permet d’avoir 36 places additionnelles, selon le Dr David Musyj, directeur de l'hôpital régional de Windsor.

Je prie pour que nous n’ayons jamais à nous en servir [la patinoire]. Mais elle est disponible. Nous avons tout mis en œuvre pour nous préparer

Dr David Musyj, directeur de l'hôpital régional de Windsor.

Des tests souhaités à la frontière avec les États-Unis

Pour faire face à l'augmentation des cas de COVID-19 dans la région de Windsor, le député de Windsor-Ouest Brian Masse demande à Ottawa de rendre possible la mise en place de tests rapides à la frontière entre Windsor et Détroit

M. Masse, soutenu par Ken Turner, président de la section locale du syndicat des douanes et de l’immigration, a transmis sa demande dans une lettre au ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair.

Brian Masse et Ken Turner parlent aux journalistes.

Brian Masse et Ken Turner souhaitent que le gouvernement fédéral mette en place des tests volontaires à la frontière entre Windsor et Détroit.

Photo : Dale Molnar/CBC

Ces tests se feraient sur une base volontaire, selon la lettre de M. Masse dont Radio-Canada a obtenu copie. Je vous écris au sujet de la situation à Windsor-Essex et le taux élevé d’infections de COVID-19 par habitant dans la région, et le rôle qu’a joué la frontière canado-américaine dans tout ça, explique-t-il.

L’introduction de tests rapides à toutes nos frontières terrestres [de Windsor] pourrait réduire de manière significative les risques pour les résidents et les travailleurs des frontières en empêchant les personnes infectées de traverser la frontière.

Brian Masse, député de Windsor-Ouest.

Pour appuyer sa demande, M. Masse cite l’exemple de la ville de Coutts en Alberta où des tests rapides ont été mis en place.

Une courbe qui ne s'aplatit pas

De manière générale, la situation en Ontario reste préoccupante. L'Ontario annonce mercredi 3266 nouveaux cas. C’est la quatrième fois depuis le 1er janvier que la province franchit la barre des 3000 cas.

La situation diffère d’un endroit à l’autre dans le Sud-Ouest de l’Ontario, même si elle reste globalement préoccupante.

Windsor est la zone la plus touchée avec 170 nouveaux cas annoncés mercredi. De nombreuses personnes y perdent également la vie puisque 17 décès ont été enregistrés dans la seule journée du 5 janvier.

À Middlesex-London les nouveaux cas quotidiens surpassent souvent la centaine. Le bureau de santé locale rapporte mercredi 114 nouveaux cas. Deux personnes de plus ont perdu la vie.

La région de Chatham-Kent est quant à elle moins touchée que les deux premières. Son bureau de santé annonce 11 nouveaux cas. Aucun décès n’y a été enregistré dans la journée du 5 janvier.

Les sources d’infection continuent à être diverses, puisqu’il s’agit aussi bien de transmission communautaire, de foyers pour aînés, comme d’écoles.

De nouveaux cas dans des écoles de London

L’école a repris à distance en Ontario le 4 janvier en raison du confinement mis en place le 26 décembre. Malgré cela, le conseil scolaire de la région de Thames Valley à London a identifié de nouveaux cas de COVID en lien avec différentes écoles de la région.

une classe à London

La rentrée en Ontario est fixée au 11 janvier pour les écoles primaires et au 25 janvier pour les écoles secondaires.

Photo : Conseil scolaire catholique London

Le conseil scolaire a annoncé mardi que les nouveaux cas étaient liés à quatre écoles :

  • l’école Stoney Creek
  • l’école d'immersion française Louise Arbour
  • l’école secondaire Lord Dorchester
  • l’institut collégial Strathroy

Le conseil scolaire n’a pas indiqué s’il s’agissait d’élèves ou de membres du personnel.

Les classes en présentiel sont toujours censées reprendre en Ontario le 11 janvier pour les écoles élémentaires et le 25 janvier pour les écoles secondaires.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !