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La justice britannique maintient Julian Assange en détention

M. Assange aveuglé par la lumière, dans ce qui semble être un ascenseur.

Julian Assange quittant la cour juste après avoir été condamné à 50 semaines de prison en Grande-Bretagne, le 1er mai 2019.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Agence France-Presse

La justice britannique a décidé mercredi de maintenir en détention le fondateur de WikiLeaks Julian Assange en attendant que soit examiné l'appel formé par les États-Unis contre le refus de son extradition.

La juge Vanessa Baraitser a estimé qu'il existe des motifs sérieux de croire que si M. Assange était libéré aujourd'hui, il ne se rendrait pas au tribunal pour faire face à la procédure de recours.

Lundi, la justice britannique a refusé d'extrader Julian Assange vers les États-Unis qui veulent le juger pour la diffusion de centaines de milliers de documents confidentiels.

Réclamé par la justice américaine, l'Australien de 49 ans, poursuivi notamment pour espionnage, a remporté lundi une première victoire. Invoquant le risque de suicide du fondateur de WikiLeaks dans le système carcéral américain, la juge britannique Vanessa Baraitser a refusé son extradition vers les États-Unis.

Julian Assange a été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans reclus à l'ambassade d'Équateur à Londres, où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution. Il craignait une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il a fait l'objet de poursuites pour viol qui ont depuis été abandonnées.

L'Australien, soutenu par nombre d'organisations de défense de la liberté de la presse, risque aux États-Unis 175 ans de prison pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Les États-Unis lui reprochent d'avoir mis en danger des sources des services américains, accusation qu'il conteste. Parmi les documents publiés figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l'agence Reuters.

Pendant l'audience, qui s'est déroulée sur cinq semaines en février et en septembre, un psychiatre ayant examiné Assange avait évoqué un risque de suicide très élevé s'il devait être extradé vers les États-Unis. Ses avocats avaient dénoncé une procédure politique fondée sur des mensonges.

Si la juge britannique a rejeté les arguments relevant de la défense de la liberté d'expression, elle a estimé que les procédures décrites par les États-Unis ne vont pas l'empêcher de se suicider. Elle a donc refusé l'extradition pour des raisons de santé mentale.

Dans sa décision, la magistrate a relevé des preuves insuffisantes de pressions de l'administration Trump sur les procureurs et peu ou pas de preuves évoquant une hostilité du président américain sortant envers M. Assange ou WikiLeaks.

Elle a estimé aussi que l'accord passé par Assange avec des groupes de hackers pour obtenir des documents l'a fait aller au-delà du rôle lié au journalisme d'investigation.

Soutien de longue date, le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture Nils Melzer a estimé dans un communiqué que Julian Assange doit à présent être libéré immédiatement, réhabilité et indemnisé pour les abus et l'arbitraire auxquels il a été exposé.

Stella Moris.

Stella Moris, la fiancée de Julian Assange, fait une déclaration devant le tribunal de première instance de Westminster après le refus de sa mise en liberté sous caution le 6 janvier 2021 à Londres.

Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

Après le refus d'extrader le fondateur de WikiLeaks, sa compagne, l'avocate Stella Moris, a salué lundi une victoire, un premier pas vers la justice.

Mais tant que Julian Assange – à qui le Mexique a offert lundi l'asile politique – reste détenu alors qu'il n'a pas été condamné et que les deux enfants qu'elle a eus avec lui sont privés de leur père, il serait prématuré de trop se réjouir, a-t-elle estimé : nous ferons la fête le jour où il rentrera à la maison.

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