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Un appel à la solidarité et à la rigueur pour lutter contre la COVID-19

L'Intérieur du magasin Sports Experts avec un panneau rappelant les règles de distanciation sociale.

De nouvelles mesures de confinement seront annoncées mercredi (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans la perspective d’un confinement renforcé jusqu'en février et de mesures supplémentaires pour limiter les déplacements, les élus et porte-parole de l’Est-du-Québec invitent la population à adhérer fortement à cet effort collectif.

Le Bas-Saint-Laurent comptait mardi neuf nouveaux cas de COVID-19, la Gaspésie et les Îles, cinq. Aucun n’a été rapporté sur la Côte-Nord.

Malgré ce bilan peu élevé, les régions de l’Est-du-Québec risquent de ne pas être épargnées par les nouvelles consignes que s’apprête à annoncer mercredi, en fin de journée, le premier ministre François Legault.

Même si le nombre de cas issus de la transmission communautaire est en diminution dans la région, le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé demande aux Bas-Laurentiens de se serrer les coudes.

Quand il y a des gens qui agissent ou réfléchissent de façon individuelle sans penser aux impacts collectifs des choix qu’ils font, ça a des impacts sur le grand nombre, rappelle celui qui est aussi maire de Saint-Cyprien.

Pas d'exception en vue

Michel Lagacé ne s’attend d’ailleurs pas à ce que le Bas-Saint-Laurent soit exempté. Ce que monsieur Legault va annoncer, ce n’est certainement pas la réouverture, le retour en vert au Québec , commente le préfet.

Claudine Roy debout dehors dans une rue commerciale en hiver.

Claudine Roy espère que le gouvernement mettra en place des mesures pour aider les restaurateurs quand la crise se sera résorbée.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

La présidente de l’Association des restaurateurs du Québec, Claudine Roy, de Gaspé, estime que le gouvernement n’a pas le choix. Elle s’attend, elle aussi, à un confinement total. C'est sûr que ça va être confiné de nouveau pour trois ou quatre semaines. Et ça va être dans tous les secteurs d’activité. C’est comme si c’était écrit dans le ciel, dit-elle.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, croit lui aussi qu’il s’agit d’une conclusion inévitable d’autant plus, note-t-il, que les gens du secteur de la santé sont à bout de souffle.

Un tableau régional incomplet

De l’autre côté du fleuve, sur la Côte-Nord, le Dr Richard Fachehoun, médecin spécialiste en santé publique du Centre intégré en santé et services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord, rappelle que 101 cas, soit le tiers des cas enregistrés depuis le début de la pandémie dans la région, ont été comptabilisés en décembre.

Il relève que les tests de dépistage sont en baisse de 38 % cette semaine comparativement aux trois dernières semaines.

Un petit bâtiment couvert où peut pénétrer une voiture adjacent à un hôpital.

La clinique de dépistage de COVID-19 de l'hôpital de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Le médecin dit craindre que le nombre de cas actifs dans la région ne représente pas le portrait réel de la situation. Le Dr Fachehoun estime que la situation demeure fragile en raison notamment des hospitalisations survenues sur la Côte-Nord dans les derniers jours.

Le préfet de la MRC de la Minganie, Luc Noël, se dit plutôt favorable à un confinement strict, même si la région ne compte que 15 cas actifs.

Luc Noël pense qu’il s’agit d’un mal nécessaire pour, dit-il, casser le virus.

Il rappelle que les élus qui sont au front depuis les tout débuts de la pandémie ont besoin du soutien de la population. Depuis le 12 mars, je travaille en double et triple, et pas juste moi. Ceux, qui comme moi, sont titulaires d'un poste public, ça nous cause énormément de problèmes et on n'a pas de livre de recettes avec ça.

Des voix en faveur de la différence

Pour le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, la décision du gouvernement se comprend très bien compte tenu du contexte.

Néanmoins, il souhaite que le premier ministre Legault considère la réalité de régions comme la Côte-Nord et qu’il ne pénalise pas la population pour une situation beaucoup moins alarmante qu’ailleurs au Québec.

Martin Ouellet ajoute que le chef de son parti, Paul St-Pierre-Plamondon, a d’ailleurs déposé une telle demande auprès de François Legault.

Martin Ouellet est en entrevue au micro de Radio-Canada à l'extérieur d'un bâtiment.

Le député de la circonscription de René-Lévesque, Martin Ouellet, fait partie de ceux qui aimeraient que Québec fasse une différence entre les régions.

Photo : Radio-Canada

Cette demande d’exception régionale est soutenue par les chambres de commerce de Manicouagan et de la Haute-Côte-Nord. Le président de la Chambre de commerce de Manicouagan, Antonio Hortas, craint que le remède soit pire que le mal.

À la Chambre de commerce de la Haute-Côte-Nord, le directeur, Carol Girard, ajoute que si Québec n'entend pas l'appel de la Côte-Nord, il espère, à tout le moins, que le gouvernement soutiendra financièrement les PME locales.

Il souligne que des fermetures récentes ont durement secoué la région et que l’aide devra arriver rapidement. Si, on en vient-là, c'est ce qu'on demande au gouvernement , indique M. Girard.

Aux Îles aussi, ce n'est pas pareil...

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, voudrait lui aussi que Québec évite d’appliquer partout les mêmes mesures sans considérer les particularités épidémiologiques régionales, voire locales.

Le député estime que Québec devrait continuer à moduler l’application des mesures en fonction des codes de couleur.

Joël Arseneau se dit par ailleurs favorable à l’idée de limiter les déplacements non essentiels de l’extérieur vers les Îles-de-la-Madeleine pour éviter de nouvelles éclosions dans l’archipel.

Le directeur général de la Chambre de commerce des Îles, Sony Cormier, n’y voit toutefois pas un problème dans l’immédiat. Il n’y a pas de danger particulier avec les frontières maritimes à ce moment-ci de l’année. On est plus dans l’idée que les déplacements se font pour des raisons essentielles, soit pour la santé ou le travail. Le contrôle se fait à nos deux portes d’entrée que sont l’avion et le bateau.

Et l'économie?

Les commerçants redoutent par contre les conséquences économiques de ces nouvelles mesures.

En Gaspésie, le milieu des affaires souhaite que les règles soient claires, de courte durée, et surtout, qu'elles soient respectées à la lettre par la population.

La présidente de la Chambre de commerce de la Haute-Gaspésie, Paule Ménard-Pelletier, espère également que la région ne devienne pas un refuge pour les citoyens des régions plus touchées par la pandémie. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas accueillant et qu’on ne veut pas voir de touristes, mais on n’a pas beaucoup de cas et on veut rester comme ça.

D’autres pensent déjà à plus tard.

Le directeur du regroupement des pêcheurs professionnels de la Gaspésie, O’Neil Cloutier, qui représente les homardiers de la péninsule, se demande bien, dans les circonstances, comment organiser la prochaine saison de pêche. Ce qu’on souhaite, c’est qu’on puisse travailler pour préparer la prochaine saison de pêche. Ça se fait en hiver. L’été, on pêche.

François Legault et Horacio Arruda lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement devrait faire part des nouvelles mesures mercredi en fin de journée. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Selon le scénario envisagé, les activités de toutes les entreprises non essentielles, dont la construction et le secteur manufacturier, seraient arrêtées pour trois ou quatre semaines.

Pour les élèves, Québec envisagerait de décaler le retour en classe prévu le 11 janvier, probablement d’une semaine au primaire et de deux semaines au secondaire.

Avec la collaboration de Sylvie Aubut, Bruno Lelièvre, William Phénix et Xavier Lacroix

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