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Les déplacements de 10 millions d'Allemands limités à un rayon de 15 km

Une femme âgée marchant avec une canne passe devant un commerce.

Berlin a décrété la fermeture des commerces non essentiels, mais les magasins d'alimentation, eux, pourront rester ouverts.

Photo : Getty Images / ODD ANDERSEN

Agence France-Presse

L'Allemagne, où s'élèvent des critiques contre une campagne de vaccination jugée trop lente, a prolongé et renforcé mardi ses restrictions contre la pandémie de COVID-19, dont la fermeture des écoles et commerces jugés non essentiels.

La chancelière Angela Merkel et les présidents des 16 länder ont décidé d'étendre le confinement partiel en vigueur jusqu'au 31 janvier au moins, alors que la campagne de vaccinations ne produira ses premiers effets qu'après l'hiver.

Les commerces – à l'exception des magasins d'alimentation –, restaurants, bars, lieux culturels et sportifs garderont portes closes dans les semaines à venir. Tout comme les écoles et garderies.

Nous nous trouvons aujourd'hui dans des situations critiques dans certains hôpitaux, ce qui nous a incités une fois de plus à adopter ces résolutions aujourd'hui.

Une citation de :Angela Merkel, chancelière allemande

Si le nombre des nouvelles infections quotidiennes est moins élevé ces derniers jours, aux alentours de 12 000, le pays a enregistré mardi 944 décès supplémentaires, proche du record de 1000 franchi la semaine dernière. S'y ajoute l'inquiétude à propos de la nouvelle souche du coronavirus découverte en Angleterre, possiblement plus contagieuse.

Nous invitons également tous les citoyens à limiter les contacts au strict minimum afin de combattre la pandémie, a ajouté la chancelière, un message qu'elle répète depuis de nombreuses semaines, mais qui jusqu'ici n'a pas été suffisamment suivi, selon elle.

Mme Merkel mettant son masque.

La chancelière Angela Merkel a décidé de prendre aux grands maux les grands remèdes.

Photo : Reuters / MICHEL KAPPELER

Plusieurs restrictions vont donc être durcies dans le pays qui jusqu'ici n'a jamais connu de confinement strict, contrairement à plusieurs pays européens, par exemple la France ou l'Italie.

Désormais, les rassemblements privés ne sont autorisés, en dehors de son propre ménage, qu'avec une autre personne, comparativement à cinq d'un autre foyer jusqu'ici.

En parallèle, dans les arrondissements les plus touchés où l'incidence dépasse les 200 nouvelles infections pour 100 000 habitants, les déplacements non vitaux sont limités à un rayon de 15 kilomètres du domicile.

Actuellement, cela concerne quelque 10 millions de personnes, particulièrement dans l'est du pays en Saxe, en Thuringe, mais aussi en Bavière, territoires particulièrement touchés par la seconde vague.

La cadence de la vaccination critiquée

La chancelière a néanmoins indiqué que le vaccin constituait une lueur d'espoir.

Si le rythme de vaccination est en Allemagne beaucoup plus rapide que nombre de voisins européens, des voix s'élèvent aussi pour critiquer sa supposée lenteur. Depuis le 27 décembre, plus de 316 962 personnes âgées et membres du personnel soignant ont reçu une première dose du vaccin Pfizer-BioNTech.

Quelque 44 % des Allemands ne seraient pas convaincus par la stratégie vaccinale, contre 40 % de personnes qui sont plus optimistes, selon un sondage Civey.

Le quotidien Bild, le plus lu d'Allemagne, mène une campagne contre le gouvernement, accusé d'avoir trop compté sur l'Union européenne pour s'approvisionner en vaccins, et de privilégier le seul produit Pfizer-BioNTech au détriment du vaccin Moderna.

Une dame âgée se fait vacciner par une infirmière qui porte un masque et des gants de protection.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre allemand de la Santé a promis que tous ses concitoyens pourront être vaccinés d'ici l'été.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

La polémique s'envenime jusqu'au sein du gouvernement de Mme Merkel, à moins de dix mois des élections.

Le ministre des Finances et candidat social-démocrate Olaf Scholz a ainsi transmis à son collègue de la Santé, le conservateur Jens Spahn, une liste de questions sur la stratégie vaccinale. Celui-ci s'est justifié en défendant le chemin européen pris, promettant un approvisionnement pour tous les Allemands d'ici l'été.

La chancelière a défendu, lors de sa conférence de presse, la stratégie commune européenne.

Le gouvernement étudie aussi la possibilité d'étendre au maximum la période entre les deux injections pour permettre la vaccination de plus de patients avant la rupture des stocks.

Mais, a prévenu mardi le laboratoire BioNTech, l'efficacité maximale du vaccin n'est pas démontrée si la deuxième injection est retardée.

L'est plus vulnérable

Considérée comme une bonne élève européenne dans la gestion de la première vague épidémique, l'Allemagne a désormais toutes les peines à contenir le virus, en particulier dans des länder d'ex-RDA (est).

Quelque 1,787 million de cas ont été recensés au total depuis le début de la pandémie, qui a fait plus de 35 000 morts. Et l'effet des départs en vacances et des réunions familiales n'est pas encore connu.

La situation reste particulièrement critique en Saxe, État d'ex-RDA longtemps rétif aux restrictions dont le taux d'incidence atteignait lundi 323. D'autres régions d'Allemagne de l'Est, comme la Thuringe ou le Brandebourg, sont aussi frappées de plein fouet.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

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