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COVID-19 à Listuguj : la communauté serre la vis

Une affiche où on peut lire en anglais : « Porter un masque pour  se protéger de la COVID-19 ».

La communauté souhaite limiter la propagation du virus et rappelle aux citoyens de porter le masque.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Afin de limiter la propagation du coronavirus, la communauté mi'gmaq de Listuguj resserre les mesures en place.

Le corps policier de Listuguj pourra désormais infliger des amendes à ceux qui ne respectent pas les directives de quarantaine et d’auto-isolement mis en place par le conseil de bande. Pour ce faire, les policiers travailleront étroitement avec le service de santé communautaire de la communauté.

La quarantaine de 14 jours n’est plus seulement obligatoire pour ceux qui ont été déclarés positifs à la COVID-19, mais également pour les membres de leur ménage, de même que pour toute personne ou famille qui attend un résultat de test de la COVID-19 ou qui héberge une personne provenant d’une zone rouge ou y ayant séjourné récemment pour des raisons non essentielles.

De plus, un résident de Listuguj devra s'isoler obligatoirement si lui ou un membre de son foyer éprouve des symptômes de la COVID-19 et qu'il a été en contact avec une personne ayant contracté le virus.

Listuguj compte 13 cas actifs de la maladie à la suite d’une éclosion survenue entre Noël et le jour de l’An.

Message des services de santé

Dans la communauté, cette éclosion a ravivé l’importance de suivre et de bien intégrer les consignes sanitaires dans les habitudes quotidiennes.

Dans un message publié au cours du week-end, la directrice des services de santé, Donna Metallic, parle d’une communauté qui en était venue à croire que la propagation du virus se déroulait ailleurs.

La pancarte de Listuguj avec le pont interprovincial à l'arrière

Les résidents de Listuguj font face à des cas de contamination dans la communauté.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Mme Metallic ne se montre pas très optimiste pour les prochains jours et estime que le nombre de cas ira en augmentant.

Notre communauté fait maintenant face aux conséquences des nombreux rassemblements sociaux qui ont eu lieu à la suite de cette complaisance, peut-on lire dans un communiqué publié dimanche par Donna Métallic.

La direction des services de santé communautaires de Listuguj souligne que le concept de bulle à la manière mi’gmaq est mal adapté pour lutter contre le virus.

Nous ne sommes pas étrangers l'un à l'autre comme le reste du monde. Notre bulle est Listuguj. Cette bulle a été brisée. Il n'y a pas d'autre moyen de le dire.

Donna Metallic, directrice des services de santé communautaires de Listuguj

La direction de la santé communautaire invite donc les membres de la communauté à se concentrer autour des personnes qui résident sous un même toit afin de limiter la contamination.

Elle demande aussi à la population, si ce n’est pas déjà fait, de se procurer des produits de nettoyage, du savon pour les mains ainsi que de la nourriture pour deux semaines.

Depuis le début de l'éclosion, il a été impossible de s'entretenir avec le chef de Listuguj, Darcy Gray.

Résignation et confinement

Dans la communauté, les éclosions et ces avertissements sont accueillis avec résignation. On ne peut rien y faire. Je ne suis pas surpris, certains ne respectent pas les mesures. De mon côté, je respecte les consignes de distanciation et je fais ce que j’ai à faire. J’essaie de faire de mon mieux, commente Gordon Martin.

Nous devons y faire face. Nous ne sommes pas seuls, toute la planète est dans la même situation, renchérit Lisa Basque.

Cette dernière ajoute que plusieurs membres de la communauté sont inquiets. Nous devons garder espoir et être là pour nous soutenir les uns les autres, mais c’est très difficile quand tout le monde est anxieux, stressé et négatif, estime la dame.

Cette anxiété est ressentie vivement par Renee Isaac, qui qualifie la situation de très épeurante. Nous essayons de faire de notre mieux pour rester dans nos bulles, dit-elle, il y a des rumeurs de confinement, donc on achète ce dont on a besoin et on retourne à la maison pour y rester.

Une dame, qui porte un masque rose, salue de la main.

« Les gens doivent garder leur distance et rester à la maison. Ça aurait pu être moi, je suis allée à Montréal pour me faire opérer, mais je me suis auto-isolée à mon retour », indique Pauline Prisk.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Par ailleurs, les aînés sont une préoccupation particulière pour Sailor Jacques, qui rappelle que les aînés occupent une place importante dans les communautés des Premières Nations. Plusieurs d’entre eux m’ont dit depuis le début de la pandémie que s’ils avaient à partir, ils ne pourraient pas se battre contre ça. C’est la vie.

Inquiétudes à Pointe-à-la-Croix

À Pointe-à-la-Croix, dans la municipalité voisine, le maire Pascal Bujold ne cache pas sa préoccupation. On est voisins immédiats. On partage les mêmes magasins, les mêmes services et tout. En espérant que la situation [puisse] rester ainsi et qu'il n'y ait pas de cas à Pointe-à-la-Croix, mais seul le temps le dira, relate-t-il.

Le maire s’inquiète aussi du maintien du lien fragile entre sa communauté et le Nouveau-Brunswick.

Les résidents de Pointe-à-la-Croix, comme ceux de Listuguj d’ailleurs, entretiennent de nombreux échanges avec les commerces, entreprises et services situés de l’autre côté du pont J. C. Van Horne.

Un homme dehors avec une tuque rouge.

Pascal Bujold s'inquiète pour la sécurité de ses concitoyens si la traversée de la frontière est à nouveau interdite comme ce fut le cas au printemps dernier.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Pour le moment, la population est autorisée à traverser la rivière Ristigouche pour des biens et des services jugés essentiels comme le travail, l'achat de la nourriture, des services bancaires ou médicaux, etc.

De plus, les déplacements à Campbellton par les résidents de la Première Nation de Listuguj et de la municipalité de Pointe-à-la-Croix, au Québec sont limités à deux fois par semaine et doivent être préalablement enregistrés, sauf pour les urgences médicales.

Interrogé à ce propos, lors d’un point de presse, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a indiqué que les frontières seraient surveillées davantage à Campbellton en raison des personnes infectées à Listuguj.

Le pont J.C. Van Horne.

Les membres de la communauté de Listuguj comme les résidents de Pointe-à-la-Croix peuvent se rendre encore au Nouveau-Brunswick en respectant de strictes conditions.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Les gens pourront toujours, dit-il, traverser la frontière pour obtenir des services essentiels. Il appelle toutefois la population à la prudence et à limiter ses déplacements.

La santé publique du Nouveau-Brunswick a enregistré 27 nouvelles infections confirmées en 24 heures. Il s'agit d'un sommet depuis le début de la pandémie.

Le Nouveau-Brunswick compte un peu plus de 80 cas actifs de COVID-19.

Avec les informations d'Isabelle Larose

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