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Singapour reconnaît que la police a accès aux données de son application anti-COVID

Une femme portant un masque montre un téléphone cellulaire sur lequel est affiché le logo de l'Organisation mondiale de la santé.

Les données d'un utilisateur de l'application de traçage de la COVID-19 à Singapour ont été fournies à la police.

Photo : iStock / AntonioGuillem

Agence France-Presse

Des activistes pour les droits de la personne s’insurgent depuis que les autorités singapouriennes ont reconnu que les données recueillies par l'application de traçage de la COVID-19 ont pu être consultées par la police malgré des assurances fournies sur la confidentialité des données lors de son lancement.

Lorsque la cité-État d'Asie du Sud-Est a lancé TraceTogether, un programme de traçage des personnes infectées par la COVID-19 téléchargeable sur téléphone intelligent ou fonctionnant avec un boîtier conçu à cet effet, elle a promis d'utiliser les données que pour la lutte contre la pandémie.

Toutefois, un haut fonctionnaire a reconnu cette semaine devant le Parlement que la police pouvait obtenir n'importe quelles données, y compris celles recueillies par l'application, au cours d'une enquête judiciaire.

Le ministre des Affaires étrangères Vivian Balakrishan a précisé ensuite que ces données n'avaient été divulguées qu’une seule fois, dans le contexte d’une enquête pour meurtre.

Le ministre a souligné mardi devant le Parlement que le gouvernement voulait être complètement honnête et transparent en rendant ces informations publiques.

Le dispositif de traçage avait dans un premier temps été peu adopté en raison d'inquiétudes sur la confidentialité des données. Cependant, près de 80 % de la population de Singapour s’était résignée à l’utiliser, surtout après que le gouvernement a décidé de le rendre obligatoire pour accéder à certains lieux publics, comme les centres commerciaux.

Des activistes en colère

L'organisation Human Rights Watch a accusé le gouvernement singapourien – critiqué régulièrement pour réprimer les libertés civiles – de saper le droit à la confidentialité.

Ces informations révèlent comment le gouvernement a exploité secrètement la pandémie pour renforcer sa surveillance et son contrôle de la population, souligne Phil Robertson, le directeur de l'organisation non gouvernementale pour l'Asie.

Au vu du bilan du gouvernement, je pense qu'il était assez prévisible que si [une telle surveillance] devenait possible, le gouvernement l'utiliserait, indique la militante et journaliste indépendante Kirsten Han.

Il est injuste que notre vie privée soit aussi peu protégée à l'égard du gouvernement.

Kirsten Han

Les internautes ont aussi exprimé leur colère, et des Singapouriennes et Singapouriens ont avoué sur les réseaux sociaux se sentir trahis.

Le riche pays d'Asie du Sud-Est n’a pas été durement touché par la pandémie de COVID-19, enregistrant 29 morts sur quelque 58 000 cas, provenant essentiellement de la main-d'œuvre migrante.

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