•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trudeau « frustré » par la lenteur des campagnes de vaccination

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Gros plan de Justin Trudeau.

Le reportage de Christian Noël

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le premier ministre canadien Justin Trudeau admet être « frustré » par la lenteur des campagnes de vaccination contre la COVID-19 en cours dans les provinces.

Ottawa a distribué jusqu’ici 424 050 doses des vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna, les deux seuls approuvés par Santé Canada, mais 143 000 doses seulement ont été administrées par les provinces.

Tous les Canadiens, moi y compris, sont frustrés de voir des vaccins dans des congélateurs plutôt que dans les bras des gens, a-t-il déclaré en anglais lors d'une conférence de presse, mardi, devant Rideau Cottage.

En français, il a plutôt dit partager l'impatience des Canadiens, avant d'indiquer qu'il entend discuter de la question lors de sa prochaine conférence téléphonique avec ses homologues provinciaux, prévue pour jeudi.

Je vais en parler aux provinces jeudi pour voir ce que le gouvernement fédéral peut faire de plus pour les aider à vacciner le plus rapidement possible les Canadiens, a-t-il affirmé, sans s'avancer sur ce dont il pourrait s'agir.

On a eu quelques semaines maintenant de programme de vaccination; maintenant, c’est le moment d’accélérer pour s’assurer qu’on est en train de protéger le plus grand nombre de personnes, le plus rapidement possible.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau a cependant indiqué avoir bon espoir que tous les Canadiens voulant être vaccinés pourront l'être d'ici le mois de septembre. On n’est pas inquiets qu’il y a une perte ou un gâchis de vaccins, a-t-il dit.

Dans une conférence de presse subséquente, le major-général Dany Fortin, qui pilote la logistique de l'opération de distribution des vaccins, a indiqué que le Canada recevra 1,2 million de doses d'ici la fin janvier.

Environ 60 % seront des doses du vaccin de Pfizer-BioNTech et 40 % viendront de Moderna.

Cette relative lenteur dans l'inoculation des vaccins pourrait-elle être due à un manque de personnel? L'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam, croit que non. Les provinces ont beaucoup d'expérience en vaccination, et plusieurs ordres professionnels ont indiqué être prêts à participer, a-t-elle expliqué en conférence de presse.

Elle a plutôt allégué la complexité de la gestion de la chaîne du froid que les nouvelles cliniques, qui apparaissent chaque semaine, doivent apprendre à maîtriser. L'approvisionnement de ces dernières par les provinces a aussi été évoqué, Ottawa n'assurant la livraison des vaccins qu'à deux points de chute par province.

La délicate question des aînés

Le premier ministre Trudeau a aussi déclaré vouloir discuter avec les premiers ministres des provinces de la situation qui prévaut dans les centres de soins de longue durée.

Partout au pays, surtout en Ontario, les établissements de soins de longue durée font face à des éclosions inquiétantes de COVID-19. C’est inacceptable, a-t-il dit.

Nous avons déjà perdu trop d’aînés dans ces établissements […] Il y a eu cette tragédie ce printemps, et il ne faut pas la répéter.

M. Trudeau affirme depuis plusieurs mois déjà qu'il souhaite établir des normes nationales dans les établissements de soins de longue durée, ce que dénonce notamment l'Assemblée nationale du Québec.

Acte de contrition sur les failles du PCMRE

M. Trudeau a aussi profité de sa première conférence de presse depuis le 23 décembre pour faire acte de contrition au sujet des failles dans le programme de la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE).

Ottawa a dû admettre la semaine dernière que ce programme pouvait offrir une aide financière de 500 $ par semaine, pour un maximum de deux semaines, à toute personne salariée ou travailleuse indépendante appelée à s'isoler au retour de vacances dans le Sud.

L'affaire a soulevé un tollé au pays, et le gouvernement avait déjà fait savoir qu’il entendait corriger la situation le plus rapidement possible, ce qu'a réitéré le premier ministre.

Mon message à ceux qui sont allés dans le Sud est clair : “Vous n’aurez pas droit à cette prestation. Elle n’est pas prévue pour vous.” À ceux qui ont été fâchés en lisant les reportages en fin de semaine : “Je partage votre frustration et votre indignation. On est en train de corriger la situation rapidement.”

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le but de cette prestation est simple : de fournir aux travailleurs un congé de maladie payé s’ils n’en ont pas de leur employeur, avait-il expliqué au préalable.

Cette prestation existe, par exemple, pour un employé d’une épicerie qui doit s’isoler parce qu’il a été en contact avec un collègue qui a testé positif ou si lui-même devait présenter des symptômes. Cet employé n’a alors pas à choisir entre subir une perte de revenu ou s’isoler pour protéger les autres.

Il n’y a personne qui s’imaginait que ça aurait pu être utilisé par des gens qui font fi des recommandations de la santé publique pour payer leur quarantaine au retour de vacances dans le Sud, quand la grande majorité des gens comprennent que ce n'est pas le temps de faire ça. C’est absolument inacceptable.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau n'a pas expliqué comment il s'y prendrait pour rectifier le tir. Le Bloc québécois a pour sa part indiqué qu'il préconisait un rappel hâtif des parlementaires, qui doivent normalement être de retour aux Communes le 25 janvier, afin d'adopter un court amendement législatif à la loi C-4, qui a mis en œuvre le PCMRE.

Le premier ministre a par ailleurs tancé les politiciens qui ont quitté le pays alors qu’Ottawa recommande officiellement aux Canadiens de ne pas le faire, dont les députés du Parti libéral du Canada Kamal Khera et Sameer Zuberi.

Il faut suivre les règles de la santé publique, et c’est pour ça que c’est tellement décevant de voir des personnes qui auraient dû savoir que ce n’était pas la bonne chose à faire, qui ont quand même choisi de prendre des vacances dans le Sud, a déclaré M. Trudeau.

Nous avons une position de responsabilité envers les Canadiens, en tant que politiciens, de les servir, de montrer l’exemple, et c’est pour ça que c’est si décevant de voir des gens faire des erreurs de jugement comme ils ont fait.

L’évolution de la pandémie au Canada

Le Canada comptait mardi environ 80 000 cas actifs de COVID-19, dont plus de 60 % dans ses deux provinces les plus populeuses, l’Ontario et le Québec.

L’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba enregistrent également des taux d’infection dépassant les 200 cas par 100 000 habitants, et la Colombie-Britannique s’en approche.

Plus de 4200 Canadiens sont en outre hospitalisés après avoir développé une forme grave de la maladie, qui a déjà fauché plus de 16 000 vies au pays.

Pour la seule journée de lundi, les autorités provinciales ont signalé 220 décès attribuables à la maladie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !