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Un confinement jusqu'au 8 février au Québec et possiblement un couvre-feu

Le premier ministre François Legault assis à la table de presse. Il a l'air de fixer quelqu'un des yeux.

Le premier ministre François Legault imposerait un couvre-feu au Québec dans l'espoir de diminuer la propagation de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le gouvernement Legault annoncera mercredi à 17 h un confinement plus strict qui pourrait durer jusqu'au 8 février, ont indiqué des sources à Radio-Canada. Il envisage aussi d'imposer un couvre-feu.

Afin de briser la chaîne de la transmission communautaire de la COVID-19 et de freiner la progression des nouveaux cas et des hospitalisations, la santé publique du Québec a également recommandé au gouvernement de mettre en place un couvre-feu dans la province.

Selon ce qu'ont indiqué des sources à Radio-Canada, le gouvernement de François Legault voudrait secouer l'imaginaire collectif. Québec souhaite que les gens demeurent chez eux de 19 h 30 à 6 h. Le gouvernement pourrait notamment obliger les épiceries à fermer dès 19 h, ont évoqué ces sources.

Québec estime que 30 % de la population n’écoute plus les consignes sanitaires qu’il tente d’imposer, d'où le coup de barre qu'il entend donner.

Selon le scénario de confinement envisagé, le gouvernement pourrait décaler le retour en classe des élèves, prévu initialement pour le 11 janvier, d’une semaine au primaire et de deux semaines au secondaire. Cette mesure semble toutefois encore sujette à changement, notamment auprès des élèves du primaire.

Les garderies et les services de garde resteront toutefois ouverts.

Les activités extérieures ne seront permises qu'en respectant une bulle familiale.

En outre, la construction et le secteur manufacturier devront s'en tenir aux activités jugées essentielles, mais pourraient déterminer eux-mêmes ce qui est prioritaire.

Les Québécois en sauront plus en fin d'après-midi, lors d’une conférence de presse du premier ministre Legault. L'annonce officielle, qui devait initialement avoir lieu mardi, a été retardée pour laisser le temps au gouvernement d'en peaufiner les détails.

Par ailleurs, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge prévoirait de son côté de donner une conférence de presse jeudi pour préciser les mesures concernant les écoles, parler de l'encadrement des élèves en difficulté et informer des résultats des tests de qualité de l’air réalisés dans les écoles québécoises en décembre.

Deux ambulanciers s'occupent d'une personne allongée sur une civière.

La hausse importante du nombre d'hospitalisations met à rude preuve les hôpitaux du Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le confinement du printemps

Rappelons que le 23 mars, le gouvernement Legault avait annoncé la fermeture de toutes les entreprises et de tous les commerces du Québec, à l’exception des services essentiels, d’abord pour trois semaines. Ce confinement avait finalement été prolongé jusqu’en mai. Le gouvernement avait également interdit aux habitants de résidences pour aînés de sortir sans supervision.

Dix jours plus tôt, François Legault avait ouvert le bal en imposant la fermeture des écoles primaires et secondaires, des cégeps et des universités.

À la fin du mois de mars, le gouvernement avait également mis en place des barrages routiers sur les grands axes routiers conduisant à huit régions, qui n’avaient été levés qu’un peu plus d’un mois plus tard.

Un couvre-feu en plus?

Selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), on n'a pas vu autant de personnes hospitalisées aux soins intensifs depuis la mi-mai.

Plusieurs experts interrogés par Radio-Canada s’entendent pour dire que les mesures gouvernementales prises jusqu’à maintenant ne fonctionnent pas et pensent qu’il faut obliger la population à suivre des règles plus sévères.

Pour André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite en administration de la santé à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, qui était interviewé à Tout un matin, le gouvernement n’a désormais plus d’autre choix que d’imposer un très strict confinement, malgré les coûts sociaux et économiques élevés que cela implique.

On a vu que la bonne volonté de demander à tous les Québécois [de limiter leurs contacts sociaux] n’était pas suffisante pour ralentir la progression de la courbe. […] Quelle autre solution a le gouvernement? Il n’en a pas.

André-Pierre Contandriopoulos, professeur en administration de la santé

Selon lui, le système de soins est près de son point de rupture et ne pourra bientôt plus répondre aux besoins médicaux de base de la population. Il y aura des gens qui auront un accident d’automobile et qui seront mal traités. Il y en aura d’autres qu’on ne traitera pas parce qu’on traitera un patient plus prioritaire, prévient-il.

Trois autres experts en santé publique interrogés lundi sont du même avis que M. Contandriopoulos. Certains suggèrent d'adopter un couvre-feu ainsi que des fermetures d'entreprises et des écoles secondaires au moins pour un mois.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Confinement plus sévère et couvre-feu à l'étude

L’évolution de la COVID-19 au Québec

La COVID-19 gagne du terrain

Déjà, le 28 septembre, François Legault avait relevé le niveau d’alerte partout dans la province. Plusieurs régions, dont le Grand Montréal, étaient alors passées en zone rouge et étaient tombées sous le coup de mesures sanitaires plus strictes.

Ce jour-là, on avait signalé 750 nouveaux cas d’infection par la COVID-19 ainsi que 212 hospitalisations et 37 patients aux soins intensifs.

Malgré cette annonce, le nombre de cas quotidiens recensés par les autorités a continué de croître. Le 19 novembre, par exemple, jour où le premier ministre Legault faisait sa première annonce sur le comportement à suivre pendant la période des Fêtes, le Québec déplorait 1207 nouvelles infections par la COVID-19 et 651 hospitalisations, dont 101 personnes traitées aux soins intensifs.

Un peu à l'image d'une boule de neige qui dévale une pente, le bilan de la COVID-19 a continué de s’alourdir considérablement au cours des semaines qui ont suivi.

Lundi, les autorités de santé publique ont déclaré 2546 nouvelles infections. Les hospitalisations sont en hausse : elles se sont établies à 1294 et comprennent 188 personnes aux soins intensifs.

Mardi, le nouveau bilan fait état de 2508 nouveaux cas et de 62 décès de plus. Le nombre d'hospitalisations a, quant à lui, augmenté de 23 par rapport aux données de la veille, pour un total de 1317 patients.

D'après des informations de Martine Biron, Sébastien Bovet et Romain Schué

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