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Un groupe demande la réduction du budget de la police de Toronto au profit des services civils

Des manifestants réclament la réduction du budget de la police de Toronto.

Les auteurs du rapport demandent la réallocation de 340 millions de dollars en fonds utilisés par la police de Toronto (archives).

Photo : CBC/Evan Tsuyoshi Mitsui

Radio-Canada

Repenser la sécurité communautaire à travers des initiatives sociales plutôt que par des interventions policières, c’est ce que propose le nouveau rapport publié lundi par le Toronto Neighborhood Centres en partenariat avec l'Association canadienne des libertés civiles, Black Lives Matter Toronto et plusieurs autres organismes.

Ils réclament des changements fondamentaux au sein des services de police de Toronto afin de lutter contre le racisme systémique. Trop souvent, la police a renforcé les injustices systémiques, les préjudices infligés aux Noirs, aux personnes racialisées et aux Autochtones, peut-on lire dans le rapport.

Les auteurs citent en exemple l’étude menée par la Commission ontarienne des droits de la personne, en 2020, pour mettre en lumière les inégalités propres à la surreprésentation des personnes noires dans les contacts avec la police de Toronto.

Une réallocation des fonds

Des douzaines d’organismes communautaires joignent leurs voix en demandant dès maintenant la réallocation des ressources policières de manière à passer d’un modèle de maintien de l’ordre à un modèle de soutien des communautés.

Selon les auteurs du rapport, jusqu'à 340 millions de dollars en fonds actuellement utilisés par la police de Toronto pourraient être redistribués au sein de programmes sociaux plus adaptés aux besoins des populations.

Cette réallocation des ressources financières permettrait d’appuyer l’offre de services de proximité dans les domaines de la jeunesse, du sans-abrisme, de la santé mentale et de la violence fondée sur le genre.

Étant donné que la grande majorité de ces milieux ne nécessitent pas le recours à la force ou à l’arrestation, l’appel à des travailleurs sociaux comme premiers répondants est plus logique.

Une citation de :Rapport Rethinking Community Safety : A Step Forward For Toronto

Selon les auteurs, cette approche communautaire permettrait de répondre aux besoins des populations vulnérables avec des interventions plus appropriées ainsi qu’à moindre coût.

Ils donnent notamment en exemple la réponse de la police de Toronto envers les personnes en situation de crise de santé mentale. C'est presque 40 % de l’utilisation d’un pistolet Taser par le service policier qui résulte de ces interventions, selon le rapport.

Des tentes installées à l'extérieur, près d'un arbre, sous un ciel gris.

À Toronto, près de 16 000 contraventions sont remises à des sans-abri chaque année. Plus de 90 % d’entre elles ne seront jamais payées, mais le coût du traitement demeure important, selon le rapport.

Photo : Radio-Canada / Mugoli Samba

Le regroupement d’organismes demande entre autres la réallocation d'environ 150 millions de dollars du financement de la police de Toronto pour favoriser la réponse civile dans un contexte d’intervention en santé mentale.

Les personnes en situation de crise réagissent mal à la force et à la pression, et s'en sortent mieux avec le temps, l'espace et l'engagement positif, notent les auteurs qui citent par le fait même le programme CAHOOTS mis en œuvre en Oregon et qui utilise des travailleurs de proximité en santé mentale comme premiers intervenants.

La criminalisation des enjeux de santé mentale est un problème fondamental qui a été aggravé par l'impact que les interventions policières ont eu sur la communauté.

Une citation de :Rapport Rethinking Community Safety: A Step Forward For Toronto

En complément, les auteurs du rapport réclament la réaffectation des services du 911 à un fournisseur indépendant et non policier qui permettrait d’attribuer le personnel ainsi que les services les plus qualifiés selon la nature des appels.

En 2018, plus de 58 % de tous les appels faits au 911 n'impliquaient aucune intervention policière sur le terrain, et près de la moitié étaient classés comme non urgents, précise le rapport.

Les domaines d'activité décrits ici offrent une occasion immédiate de progresser vers des modèles qui servent mieux les communautés marginalisées – en réaffectant les ressources pour soutenir les personnes vulnérables, améliorer la sécurité des communautés et fournir de meilleurs rendements à court et à long termes, concluent les auteurs.

Le maire Tory favorable, mais...

Le maire de Toronto, John Tory, a réagi à la proposition lors de son point de presse quotidien de lundi après-midi.

Une réallocation des budgets ne peut se faire d'un jour à l'autre, a-t-il expliqué. Nous devons le faire rapidement, mais avec une grande précaution. Nous examinons chacunes des tâches que les policiers ont à accomplir chaque jour et nous travaillons à identifier celles qui peuvent être accomplies par des personnes autres que des policiers.

Le maire a rappelé que, présentement, les policiers sont les seuls qui peuvent accomplir ces tâches. On ne peut réduire le budget sans réassigner ces tâches. Ma responsabilité première ­[en tant que maire] c'est d'assurer la sécurité des citoyens. Ça ne se fait pas qu'en donnant un coup de baguette magique.

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