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La pandémie profite à l'École d'agriculture de Nicolet

Une femme avec un couvre-visage étudie un plant.

Avec 120 étudiants, l’École d’agriculture accueille cette année un nombre record, depuis 5 ans, de futurs agriculteurs.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

L’École d'agriculture de Nicolet n’a jamais été aussi populaire. Les inscriptions dans le programme de production horticole ont doublé en 2020. Les étudiants, les enseignants et la direction ont la même explication : la pandémie de COVID-19.

Au son d’une musique classique, Nicole Philippe, 71 ans, arrose les plantes d’une des sept serres de l'École d’agriculture de Nicolet. C’est le plus beau cadeau de ma vie! Je vis quand je viens ici. Dans les plantes, on aurait dit qu’il n’y a plus rien qui existe, s’exclame-t-elle avec son accent haïtien.

Une femme arrose des plantes.

Nicole Philippe a découvert l’existence de l’École d’agriculture de Nicolet en suivant des cours d’anglais au Centre de formation générale et professionnelle du Centre de services scolaire de la Riveraine.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Mme Philippe a été embauchée en 2018 comme jardinière à l’École après y avoir elle-même étudié. Après sa retraite comme travailleuse sociale dans le réseau de la santé québécois, elle a décroché, à l’aube de ses 70 ans, deux diplômes d’études professionnelles. L'un en horticulture et jardinerie, l’autre en fleuristerie.

C’était la passion pure, et moi, je me suis laissée entraîner dans la vague de cette passion pour les plantes, les fleurs, l’horticulture.

Son rêve de petite fille se réalise. Après ses études secondaires en Haïti, ses parents lui ont signifié que l’agronomie, le domaine qu’elle convoitait, n’était pas une voie d’avenir pour une jeune femme. On m’a fait comprendre que, pour une fille, l’agriculture, l’agronomie, ce n’était pas rentable.

Depuis le début de la session d’automne, elle a vu les serres se remplir, non seulement de plantes de toutes sortes, mais de beaucoup plus d’étudiants que par le passé.

Quatre fois plus d’inscriptions qu’il y a 2 ans

Est-ce que c’est la COVID-19? Si l’on remonte, il y a deux ans, l’École était pratiquement vide. Pas d’étudiants en fleuristerie. L’horticulture, quelques-uns. Production horticole, non plus. Mais cette année, comme vous voyez, ça bouge!, explique la directrice du Centre de formation générale et professionnelle, Monique Rivard.

La formation en production horticole est celle qui connaît le plus grand engouement. Les inscriptions ont doublé, seulement dans la dernière année, et quadruplé depuis deux ans.

La COVID-19 nous a aidés. On voit que les priorités de notre société changent. Les gens veulent de plus en plus travailler la terre, confie-t-elle.

Une femme en chemise bleue.

Monique Rivard dirige le Centre de formation générale et professionnelle de la Riveraine depuis 2018.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Elle croit que les récentes annonces du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, pourraient inciter davantage d’étudiants à suivre le programme.

Ceux déjà inscrits caressent le rêve de produire fruits et légumes, en serre ou non. Plusieurs se sont inscrits au programme, après une profonde réflexion, en plein premier confinement ou effectuent un changement de carrière, parce que leur métier est devenu précaire.

Une femme en chemise bleue.

En plus d’enseigner à l’École d’agriculture, Sophie Martinbeault dirige La Ferme Vivante de Saint-Wenceslas.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Ça valorise et ça rend un peu le rêve agricole plus accessible à plus de gens, à plus de jeunes, et moins jeunes, qui veulent parfois se lancer en affaires, témoigne l’enseignante, Sophie Martinbeault, aussi propriétaire d’une ferme de fruits et légumes biologiques.

Projet de modernisation

C’est dans cet élan que la direction de l'École a soumis au ministère de l’Éducation un projet de modernisation de ses serres, vieilles de plus de vingt ans. Les bris d’équipements et les ennuis de chauffage surviennent de plus en plus souvent.

Une femme noire en train de répandre de la paille autour de jeunes plants.

Nicole Philippe dans l'une des serres de l'École d'agriculture de Nicolet.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

L’École souhaite offrir aux futurs maraîchers des équipements de leur temps. Il s’agirait d’un investissement de plusieurs millions de dollars.

Nicole Philippe salue le plan de Québec pour une autonomie alimentaire. Moi, j’ai toujours cru en la capacité du Québec et j’y crois encore. [...] En plus de ça, la COVID-19 vient nous démontrer qu’il ne faut pas attendre que d’autres nous envoient des choses quand on peut le faire chez nous.

Nicole Philippe sourit à la caméra.

Avec deux diplômes d'études professionnelles, Nicole Philippe est la vétérane des étudiants ayant terminé leurs études à l’École d’agriculture.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Son parcours et celui des étudiants qui veulent mettre la main à la pâte inspirent. À commencer par la directrice de l’École elle-même. Une fois à la retraite, Monique Rivard se promet, elle aussi, de s’inscrire comme étudiante à l’un des programmes de l’École d’agriculture.

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