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Déception à Washington après le refus de la justice britannique d'extrader Assange

Le Mexique a offert l'asile politique à Julian Assange.

Des manifestants brandissent des pancartes.

Des partisans de la libération de Julian Assange réunis devant le Central Tribunal Court, à Londres, se sont réjouis de la décision du tribunal.

Photo : Reuters / HENRY NICHOLLS

Agence France-Presse

Invoquant un risque de suicide, la justice britannique a rejeté lundi la demande d'extradition du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, vers les États-Unis, qui le réclament pour la publication de centaines de milliers de documents confidentiels.

La bataille judiciaire autour de l'Australien de 49 ans, devenu pour ses soutiens un symbole du combat pour la liberté d'informer, ne s'arrêtera sans doute pas là : la décision rendue par la juge Vanessa Baraitser est susceptible d'appel.

Les États-Unis ont d'ailleurs notifié au tribunal leur intention de faire appel de la décision.

La juge a estimé que les procédures décrites par les États-Unis ne vont pas l'empêcher de se suicider [...] pour des raisons de santé mentale.

Une audience doit se tenir dans l'après-midi pour savoir s'il doit être libéré. Ce jugement a été accueilli par une explosion de joie chez la trentaine de manifestants réunis devant l'Old Bailey, qui se sont mis à crier et à s'étreindre. Le poing levé, ils ont hurlé Libérez Julian Assange et Nous avons gagné!.

Dans la salle d'audience, l'avocate Stella Moris, avec qui M. Assange a eu deux enfants pendant sa réclusion à l'ambassade d'Équateur à Londres, a fondu en larmes.

À sa sortie de la cour, elle a salué devant des dizaines de soutiens une victoire et un premier pas vers la justice. Mais nous célébrerons le jour où il rentrera à la maison, a-t-elle ajouté, appelant le gouvernement américain à mettre fin aux poursuites visant l'Australien.

Le combat n'est pas terminé, a insisté le rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, retenant cependant un moment d'espoir pour commencer la nouvelle année.

De son côté, le ministère américain de la Justice s'est dit extrêmement déçu du refus de la justice britannique d'extrader M. Assange vers les États-Unis.

Nous continuerons de demander l'extradition de M. Assange vers les États-Unis.

Une citation de :Le ministère américain de la Justice

Nous sommes satisfaits que les États-Unis l'aient emporté sur tous les arguments juridiques qu'ils ont soulevés, a précisé le ministère dans un communiqué.

Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks.

Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks, est emprisonné dans un établissement de haute sécurité du Royaume-Uni depuis avril 2019.

Photo : Getty Images / Carl Court

L'Australien risque aux États-Unis 175 ans de prison pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Les États-Unis reprochent au fondateur de WikiLeaks d'avoir mis en danger des sources des services américains, accusation qu'il conteste. Parmi les documents publiés figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l'agence Reuters.

Julian Assange a été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de l'ambassade d'Équateur à Londres, où il s'était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il a fait l'objet de poursuites pour viol qu'il conteste et qui ont depuis été abandonnées.

Il revenait à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d'extradition qui lui était soumise respectait un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n'était pas disproportionnée ou incompatible avec les droits de la personne.

Procédure politique

Pendant les cinq semaines d'audience en février et en septembre, les avocats de Julian Assange ont dénoncé une procédure politique fondée sur des mensonges. Or, soulignent-ils, l'accord américano-britannique interdit expressément les extraditions pour des infractions politiques.

Un psychiatre l'ayant examiné avait alors évoqué un risque de suicide très élevé s'il devait être extradé vers les États-Unis.

Les pulsions suicidaires de M. Assange proviennent de facteurs cliniques [...] mais c'est l'imminence de l'extradition qui déclenchera la tentative, avait déclaré le psychiatre Michael Kopelman lors d'une audience fin septembre, estimant que son état se détériorerait considérablement s'il était extradé.

Une femme lève le poing devant les micros des médias.

L'avocate Stella Morris, conjointe de Julian Assange, s'est adressée aux médias lundi à la suite du refus de la cour d'autoriser l'extradition du cofondateur de WikiLeaks.

Photo : Reuters / HENRY NICHOLLS

Les conditions de détention du fondateur de WikiLeaks ont été dénoncées par le rapporteur de l'ONU sur la torture Niels Melzer. Dans une lettre ouverte à Donald Trump le 22 décembre, il avait demandé au président américain sortant de gracier le fondateur de WikiLeaks, qui n'est selon lui pas un ennemi du peuple américain.

Outre les possibilités d'appel, la position de l'administration du futur président américain Joe Biden à l'égard du fondateur de WikiLeaks reste inconnue.

Julian Assange se trouve sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump. Sous son prédécesseur Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé à poursuivre le fondateur de WikiLeaks.

Cependant, il y a tout juste dix ans, celui qui accédera dans moins d'un mois à la Maison-Blanche avait comparé Julian Assange à un terroriste high-tech.

Par ailleurs, le Mexique, par la voix du président Andres Manuel Lopez Obrador, a offert l'asile politique à Julian Assange.

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