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Ottawa n'a constaté que samedi que les vacanciers pouvaient profiter de l'aide de 1000 $

Pablo Rodriguez assis devant des drapeaux du Canada.

Pablo Rodriguez est le leader du gouvernement libéral à la Chambre des communes, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le gouvernement fédéral a constaté seulement samedi que la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE) s’appliquait aux Canadiens qui rentrent au pays après un voyage d’agrément à l’étranger pour les soutenir financièrement pendant leur quarantaine obligatoire. Le projet de loi a été adopté en septembre à la Chambre des communes.

C’est ce qu’a déclaré le député libéral Pablo Rodriguez, leader du gouvernement à la Chambre des communes, en entrevue à ICI RDI. Ce qu’on a appris hier par les médias, c’est qu’il y a une brèche dans la loi, a-t-il reconnu.

La PCMRE fournit une aide financière de 500 $ par semaine, pour un maximum de deux semaines, à toute personne salariée ou travailleuse indépendante qui est incapable de travailler parce qu'elle est malade, qu'elle doit s'isoler en raison de la COVID-19 ou qui a un problème de santé sous-jacent qui la met plus à risque de contracter la COVID-19, selon ce qu'indique le gouvernement fédéral sur la page web du programme.

Celui-ci vise à compenser le manque de revenus pendant cette pause forcée. Incidemment, les voyageurs canadiens revenant au pays après un séjour à l'étranger pourraient être admissibles à cette prestation, à condition de remplir certains critères.

Une vague de critiques a déferlé contre le gouvernement Trudeau depuis que les médias ont rapporté la nouvelle.

M. Rodriguez a assuré que le gouvernement s’active à trouver une solution. On va régler ça rapidement, a -t-il promis.

Le lieutenant politique du Parti libéral du Canada pour le Québec dit être en discussion depuis hier avec la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, et le bureau du premier ministre afin de résoudre ce problème.

Carla Qualtrough parle en conférence de presse.

La ministre de l'Emploi, Carla Qualtrough

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

On explore toutes les façons possibles de régler ça, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’option qui est laissée [de côté] ou qui n’est pas considérée, a-t-il affirmé, évoquant notamment un amendement à la loi, sans toutefois fournir d’échéancier.

C’est inacceptable que des gens puissent profiter du système.

Une citation de :Pablo Rodriguez sur Twitter

Néanmoins, le leader du gouvernement a défendu le programme de la PCMRE. Ça demeure une mesure responsable de santé publique, mais il y a cet effet [pervers] que l’on doit régler, et on va le régler rapidement, a-t-il soutenu.

À aucun moment ce n’était prévu pour des personnes qui décidaient d’aller prendre des vacances dans le Sud et revenir, a-t-il ajouté.

Un échec collectif

Pablo Rodriguez a reconnu que son gouvernement a échappé ce dossier : Je pense qu’on l’a tous échappé collectivement, absolument.

Il a souligné que le projet de loi adopté en septembre au Parlement avait rallié tous les partis politiques aux Communes et qu’il avait été adopté à l’unanimité.

Tout le monde a voté en faveur, de bonne foi. On n’a jamais pensé que cela permettrait à des personnes qui décident de prendre des vacances d’y avoir accès au retour.

Une citation de :Pablo Rodriguez, leader du gouvernement

On veut s’assurer que cette mesure soit changée, qu’elle revienne à son état initial, à ce pour quoi elle était prévue, c’est-à-dire aider des travailleurs qui n’ont pas d’assurance-emploi à rester chez eux en quarantaine, a-t-il poursuivi.

M. Rodriguez a dit ne pas disposer de données sur le nombre de vacanciers qui se sont prévalus de la PCMRE depuis sa création.

Nouvelles mesures bientôt appliquées

À propos de l’entrée en vigueur, le 7 janvier, de nouvelles mesures encadrant le retour au pays de voyageurs, le député libéral a indiqué que des moyens sont pris pour s’assurer que les vacanciers respectent leur quarantaine obligatoire.

Des milliers d’appels et des visites impromptues sont effectués chaque jour auprès de gens placés en quarantaine pour s’assurer qu'ils respectent les consignes sanitaires, a-t-il indiqué. On augmente actuellement le nombre d’employés qui travaillent là-dessus, qui font les appels, qui font les visites, a-t-il dit.

Outre la quarantaine obligatoire, les passagers devront passer un test de dépistage de la COVID-19 avant de prendre l’avion pour rentrer à la maison. Les compagnies aériennes auront la tâche de vérifier que les passagers détiennent une preuve d’un test négatif à la COVID-19 datant de 72 heures ou moins.

Or, les transporteurs soutiennent qu’il subsiste un flou sur la mécanique entourant le dépistage du virus à l’étranger. Ils s’inquiètent que certains pays ne parviennent pas à respecter cette exigence dans les délais requis.

Christophe Hennebelle, vice-président, ressources humaines  et affaires publiques, Transat.

Christophe Hennebelle, vice-président, ressources humaines et affaires publiques, Transat

Photo : Radio-Canada

Christophe Hennebelle, vice-président aux ressources humaines et affaires publiques à Transat, s’attend à ce que des exemptions soient accordées.

Il y a des endroits où on sait que ce sera compliqué, où il y aura probablement des exemptions, soit un délai un peu plus long – 96 heures au lieu de 72, par exemple –, soit une exemption totale dans certains endroits où il ne sera pas possible d’avoir un test. On a besoin de savoir cela avec certitude, a-t-il déclaré à Radio-Canada.

De son côté, Mike McNaney, président du Conseil national des lignes aériennes du Canada, invite Ottawa à présenter des exigences plus claires.

Nous n’avons pas les règles définitives, celles qu’on envoie à nos employés à l’étranger qui vont devoir faire appliquer cette politique. Nous demandons que le gouvernement travaille avec l’industrie pour présenter une politique claire, pas seulement des règles annoncées trop rapidement, a-t-il réclamé.

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