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Nancy Pelosi réélue présidente de la Chambre des représentants

Nancy Pelosi, masquée, à une tribune.

Nancy Pelosi a été reconduite comme présidente de la Chambre des représentants.

Photo : Reuters / Leah Millis

Agence France-Presse

La démocrate Nancy Pelosi a été réélue de justesse dimanche présidente de la Chambre des représentants, lors de la première session de travail du 117e Congrès américain, qui affiche de profondes divisions.

À 80 ans, l’habile tacticienne, qui a été la principale opposante au président Donald Trump durant la deuxième partie de son mandat, a été reconduite comme speaker pour les deux ans à venir, malgré les réticences de certaines voix à la gauche de son parti. 

L’élue de la Californie a obtenu 216 voix contre 209 pour son rival républicain Kevin McCarthy. 

Tous les élus républicains présents ont voté pour ce dernier, tandis que cinq élus démocrates n’ont pas donné leur vote à Mme Pelosi. 

Lors de sa prise de fonction prévue le 20 janvier, elle emmènera derrière elle une courte majorité à la Chambre, rétrécie après les élections de novembre.

Le contrôle du Sénat reste quant à lui suspendu à deux élections qui se tiendront en Georgie mardi. Pour que la Chambre haute revienne dans le giron démocrate, les candidats de ce parti devront impérativement remporter les deux sièges, un pari difficile.

Preuve de l'enjeu : Donald Trump et Joe Biden se rendront tous les deux sur place lundi afin de soutenir les prétendants de leur camp respectif. Leurs numéros deux, Mike Pence et Kamala Harris, feront aussi le déplacement.

Cette dernière, qui sera la première femme et la première personne afro-américaine à prendre la vice-présidence le 20 janvier, sera dimanche à Savannah, où elle devrait particulièrement courtiser les électeurs noirs, dont la mobilisation joue un rôle clé.

La bataille est rude, mais une victoire démocrate est de l'ordre du possible, a déclaré, prudente, l'Afro-Américaine Stacey Abrams, une étoile montante du Parti démocrate originaire de Georgie, où elle a beaucoup travaillé pour favoriser l'accès au vote des électeurs noirs.

Alors que républicains et démocrates se battent pour le contrôle du Sénat américain, deux courses cruciales sont en branle en Georgie. Le reportage de Louis Blouin.

Le spectre du socialisme

L'avenir du pays se joue ici, en Georgie, sur nos bulletins de vote, a déclaré sur Fox News la sénatrice républicaine Kelly Loeffler, qui espère conserver son siège face au pasteur noir Raphael Warnock.

C'est un choix entre nos libertés [...] et le socialisme, a-t-elle ajouté, reprenant l'argument massue brandi par les républicains dans cette course : le spectre d'un pouvoir basculant à gauche toute.

Nous sommes sur le point de décrocher une victoire historique après quatre ans d'incompétence grossière, de racisme, de haine et de préjugés, a rétorqué sur CNN le démocrate Jon Ossoff qui, à 33 ans, espère ravir le siège du républicain David Perdue, 71 ans.

Il ne nous reste que quelques jours pour tout faire afin de reprendre le Sénat, a écrit sur Twitter, samedi, Joe Biden, en appelant ses partisans à retrousser leurs manches dans la dernière ligne droite.

Ces dernières semaines, le président sortant s'est lui aussi beaucoup exprimé sur Twitter au sujet de la Georgie, moins pour soutenir les candidats de son parti que pour dénoncer des fraudes selon lui massives qui l'auraient privé de sa victoire dans cet État traditionnellement républicain.

Cela pourrait servir les démocrates : convaincus de l'existence de fraudes, les électeurs républicains pourraient être tentés de rester chez eux. Mais le Grand Old Party compte sur le rassemblement politique du milliardaire pour mobiliser les gens, en agitant le spectre d'un pouvoir basculant à gauche s'ils perdent.

Transition sous haute tension

Deux mois après l'élection, Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite. Malgré l'échec retentissant de sa guérilla judiciaire et l'absence de preuves tangibles, il a réussi à semer le doute dans l'esprit d'une majorité de ses partisans, qui ont prévu de se faire entendre mercredi à Washington.

Leur marche coïncidera avec une session du Congrès destinée à enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden (306 contre 232).

Cette obligation constitutionnelle, qui relève d'ordinaire de la simple formalité, s'annonce cette année explosive. Si certains poids lourds républicains, dont le chef des sénateurs Mitch McConnell, ont fini par admettre la victoire de Joe Biden, le président sortant peut encore compter sur le soutien indéfectible de dizaines de parlementaires.

À la Chambre comme au Sénat, ces élus ont promis d'exprimer leurs objections mercredi et de faire résonner les allégations de fraude au sein du Capitole.

Leurs interventions n'ont aucune chance de faire dérailler le processus, mais pourraient le ralentir. Ça ressemble plus à une manoeuvre politique qu'à un remède efficace, a dénoncé leur confrère Lindsey Graham, pourtant un fidèle parmi les fidèles du président.

À terme, leur attitude pourrait compliquer la mission prioritaire que s'est fixée Joe Biden : réconcilier l'Amérique, en transcendant les divergences partisanes.

Fin imminente du suspense en Georgie

Jon Ossoff s'exprimant à un pupitre.

Jon Ossoff lors d'un rassemblement qui s'est tenu par temps pluvieux à Macon, en Georgie, le 2 janvier.

Photo : Reuters / Mike Segard

Son succès dépendra grandement du verdict des électeurs en Georgie. Sur le papier, les sénateurs républicains David Perdue et Kelly Loeffler font figure de favoris : le premier est arrivé en tête au premier tour et la seconde devrait bénéficier du report des voix d'un autre conservateur.

Toutefois, leurs adversaires démocrates, Jon Ossoff, un producteur audiovisuel de 33 ans, et Raphael Warnock, un pasteur noir de 51 ans, misent sur la dynamique créée par la victoire de Joe Biden pour provoquer la surprise.

Nous allons marquer l'histoire, a lancé samedi Jon Ossoff devant quelques dizaines de partisans venus l'écouter dans la petite bourgade d'Eatonton, nichée dans une région rurale où les panneaux pro-Trump sont encore légion.

Tout peut arriver, tout peut changer, s'est enthousiasmée Patricia Ann Little, 59 ans, venue le voir. Je crois vraiment que nous pouvons y arriver.

Mis à part le républicain David Perdue, en quarantaine à cause d'un cas de COVID-19 dans son entourage, les candidats sillonnent ce vaste État, courtisant chaque voix.

Si les deux démocrates parviennent à être élus, le Sénat comptera 50 élus de chaque parti. Selon la Constitution, la vice-présidente Harris aura alors le pouvoir de les départager.

S'ils échouent, Joe Biden devra courtiser les sénateurs républicains centristes à chaque loi ou nomination, ce qui limitera grandement sa marge de manoeuvre.

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