•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des entreprises de la région craignent que le confinement soit prolongé

Une dame traverse la rue à Ottawa.

Le nombre de cas de COVID-19 est à la hausse à Ottawa, laissant peu de chance à un confinement de deux semaines.

Photo : Radio-Canada / Doug Hamilton

Radio-Canada

Des entreprises de la région craignent que la capitale nationale ne sorte pas du confinement imposé dans le sud de l’Ontario avant le 23 janvier. La médecin-chef de Santé publique Ottawa (SPO) a mentionné plus tôt cette semaine qu’il était « peu probable » que les mesures soient assouplies.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, avait d’abord annoncé un confinement de quatre semaines pour le sud de la province, du 26 décembre au 23 janvier.

La Dre Vera Etches ainsi que le maire d’Ottawa, Jim Watson, s’étaient insurgés à la suite de la décision du gouvernement Ford et avaient alors cité les données de la santé publique qui, à ce moment, étaient plus basses que la moyenne provinciale, donnant ainsi espoir que la Ville pourrait sortir du confinement après seulement deux semaines.

Mais les données ont augmenté, et la Dre Etches a affirmé la semaine dernière qu’un confinement de deux semaines n’était plus réaliste.

J’avais de l’espoir pour le 14, mais le 28, ce n’est pas comme si c'était tant que ça une surprise, lance Terry Fitzpatrick, copropriétaire du bistro Petit Bill’s sur la rue Wellington Ouest.

M. Fitzpatrick prévoyait déjà la fermeture de son restaurant pour 10 jours après le Nouvel An, mais souhaitait le rouvrir peu de temps après, soit avant le 23 janvier.

Le copropriétaire se dit chanceux que ses clients aient commandé des repas à emporter et espère que la province offrira aux restaurants plus d’aide si le confinement devait durer au-delà des 28 jours prévus.

Je crois que de nous donner une lueur d’espoir a peut-être été une mauvaise idée. Je pense que s’ils avaient fait [de la réouverture] une surprise après 14 jours, plutôt que de [la] suggérer [à l’avance], je pense que les gens seraient moins agités, dit-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Le fondateur du centre d’entraînement The Fitness Lab, Adam Bracken, espérait lui aussi un confinement de 14 jours étant donné que le mois de janvier est l’un des mois les plus occupés.

En général, septembre et janvier sont nos deux gros mois, donc c’est une façon pour nous de rattraper notre retard, explique-t-il. Surtout cette année, ça aurait été bien d’avoir peut-être quelques abonnements de plus ou des revenus supplémentaires.

Le directeur général de la Zone d’amélioration commerciale de Wellington Ouest, Dennis Van Staalduinen, affirme qu’au moins 15 commerces dans le secteur ont déjà fermé leurs portes pour de bon. Il craint que les 28 jours de confinement alourdissent ce nombre.

Les entreprises ont besoin de plus de prévisibilité afin de mieux planifier, croit M. Van Staalduinen. Il note également que la province devait initialement baser ses restrictions sur les taux d’infection locaux avant de prendre des décisions, notamment quant à un confinement provincial. Le directeur général qualifie ce changement de gros coup de poing.

Nous construisons notre sens de la communauté et nos quartiers autour de nos rues urbaines, soutient-il. Tout ce qui mine ce tissu, cette continuité, sera dommageable pour le quartier. Et ce sera très difficile de revenir de ça parce que les habitudes des gens vont changer.

M. Van Staalduinen souhaite que le gouvernement provincial établisse des règles claires et qu’elles soient suivies.

Des inquiétudes de l'autre côté de la rivière des Outaouais

Les commerces non essentiels sont fermés au Québec jusqu'au 10 janvier. Pour ceux qui peuvent rester ouverts, seule la vente de produits essentiels est autorisée.

Des restaurants comme ceux de Gatineau ont dû fermer leur salle à manger en octobre alors que certains secteurs de l'Outaouais passaient au niveau d'alerte rouge.

Le propriétaire du resto-bar le Gainsbourg à Gatineau, Nicolas Cazelais, n'envisage pas une réouverture à court terme. On s’était donné le 1er avril. C’est peut-être même plus le 1er mai. On se dit dans le meilleur des cas le 1er avril, mais j’ai comme de la difficulté encore à y croire, dit-il.

Si les cas sont à la hausse dans la province, M. Cazelais croit que cette montée se poursuivra au cours des prochaines semaines, notamment avec la semaine de relâche en mars ou encore Pâques, sans compter les rassemblements du temps des fêtes.

Tant qu’à ouvrir quand les gens ont peur, ça ne sert pas à grand-chose. Tant qu’à ça on est aussi bien de rester fermé, lance le propriétaire.

Nicolas Cazelais répond aux questions d'une journaliste dans un bar.

Nicolas Cazelais n'envisage pas de rouvrir son restaurant au cours des prochaines semaines à venir (archives).

Photo : Radio-Canada

Je suis dans une industrie qui est dépendante de ce qui est en train de se passer présentement partout.

Nicolas Cazelais, propriétaire du Gainsbourg

Le propriétaire du Gainsbourg soutient que la situation est d'autant plus difficile pour les entreprises que l'aide financière tarde à leur être remise. Les gouvernements ont toujours été là pour nous, par contre les paiements se font lentement. Comme c’est là, nous on attend les aides au loyer d’octobre, novembre et décembre. Je peux vous dire que ça commence à être difficile au niveau des fonds disponibles, témoigne M. Cazelais.

Je pense que ça va être fatal janvier, février et mars. Ça risque d’être fatal pour une bonne partie de notre industrie, prévient-il.

Le président par intérim de la Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson, pense également que le confinement pourrait se prolonger. On est dans le confinement actuellement, ça risque de peut-être se prolonger quelques semaines encore, affirme-t-il. Ce sont les économies de toute une vie qui sont en train d’y passer.

M. Bisson est d'avis qu'il faut se pencher vers le futur. On va sortir de la COVID, mais on ne sortira pas de la COVID du jour au lendemain, donc il faut penser beaucoup à un plan B.

Le président par intérim de la Chambre souhaite redresser l'économie locale. Le problème qu’on a actuellement ce sont les coûts d’opération, ce que ça coûte de faire fonctionner une entreprise versus les revenus, explique M. Bisson.

Avec les informations de CBC et Jean-François Poudrier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !