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Un avenir incertain pour les cinémas canadiens face à la pandémie

Photo en noir et blanc de sièges vides.

Fermées depuis le 1er octobre, les salles de spectacle et de cinéma situées en zone rouge au Québec resteront vides jusqu'au 11 janvier minimum.

Photo : Unsplash / Alex Avalos

La Presse canadienne

Après une année au cours de laquelle les salles de cinéma ont été secouées par la pandémie de COVID-19, les spécialistes du secteur affirment que les cinémas du pays se trouvent à un moment critique sans voie claire à suivre.

Comme pendant la majeure partie de l'année, la plupart des salles à travers le pays ont connu un temps des Fêtes – une période habituellement animée – plutôt difficile. Les rares écrans qui ont continué à fonctionner l'ont fait à une fraction de la capacité habituelle des salles.

Certaines personnes du milieu disent que des fermetures prolongées pour empêcher la propagation de la COVID-19 pourraient sonner le glas du secteur du cinéma, qui a vu ses ventes de billets diminuer et a été confronté aux géants de la diffusion en continu comme Netflix, ces dernières années.

Il y avait d'énormes défis dans ce secteur bien avant que la COVID ne nous oblige au confinement, évoque Jason Gorber, critique de cinéma de Toronto. Mais c'est vraiment facile d'être cynique et de penser que les salles de cinéma sont mortes. Je ne pense pas du tout que ce soit le cas. Il y a une réelle occasion de changement et, pour les théâtres, de revenir, plus grands et meilleurs à certains égards.

Cependant, M. Gorber et d'autres spécialistes prédisent que la route pour 2021 sera truffée de développements cruciaux, et potentiellement de revers, qui pourraient définir l'avenir.

En attendant le vaccin

Parmi les questions les plus urgentes, il y a la rapidité du déploiement d'un vaccin à l'échelle nationale qui pourrait déterminer la vitesse à laquelle les cinéphiles retourneront en salle.

Plusieurs superproductions attendues sont prévues pour plus tard cette année, y compris la sortie très retardée du prochain James Bond, No Time to Die, en avril, et Fast & Furious 9 en mai. Après un an de remaniements d'horaires, aucune de ces dates de sortie ne semble certaine, surtout si les confinements se poursuivent ou si les cinéphiles manquent de confiance pour retourner en salle en masse.

Les gens vont être un peu nerveux à l'idée de se rassembler et il y a probablement un pourcentage du public qui est parti pour de bon, croit Louis-Étienne Dubois, professeur adjoint à l'Université Ryerson.

Des changements sismiques

De grands changements étaient déjà en cours dans le secteur des cinémas au début de la pandémie. Les studios hollywoodiens se débattaient avec les exploitants de salles pour une plus grande flexibilité permettant aux films de passer plus rapidement aux plateformes de diffusion en continu et de location.

Pendant des années, les propriétaires de salles de cinéma ont obtenu une fenêtre d'exclusivité de 90 jours pour les sorties majeures, mais la pandémie les a obligés à faire des exceptions.

Elle a entraîné des changements sismiques, y compris des présences en salle plus courtes et des décisions de studio sans précédent qui ont vu les sorties en salle prévues redirigées vers les cinémas à domicile.

La plus-value du grand écran

David Hancock, directeur de recherche principal de l'entreprise britannique Omdia, soutient que les déclarations voulant que les cinémas seraient aux portes de la mort sont de pures hyperboles.

Les cinémas sont fondamentalement une force sociale et économique extrêmement précieuse. Ils offrent un bon endroit pour lancer un film et pour les gens de se rassembler, et ils sont le seul endroit en dehors de la maison où vous pouvez regarder un film correctement, dit-il.

M. Hancock n'est pas convaincu que les plateformes de diffusion en continu élimineront de sitôt l'expérience du cinéma. Les gens ont encore soif de divertissements sur grand écran, soutient-il. C'est une entreprise de plusieurs milliards de dollars qui, selon lui, ne peut pas être soutenue sur des plateformes de diffusion en continu à faible coût.

Les films ont une valeur, expose-t-il. Et ils ont besoin de cette valeur pour récupérer le plus d'argent possible, pour justifier des coûts de production de 200 millions de dollars et 200 millions de dollars supplémentaires en marketing. Si vous commencez à jouer avec cela, tout commence à s'effondrer.

Cependant, cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas de consolidation généralisée des chaînes de cinéma dans certains pays ni de fortes réductions du nombre d'écrans à mesure que les petits marchés perdent leurs multiplexes.

Un nouvel élan en 2021?

Pour les deux plus grandes chaînes cinématographiques au Canada, Cineplex et Landmark Cinemas, la possibilité d'un retour lent vers la normale pourrait être dévastatrice.

Au cours des trois premiers trimestres de l'année dernière, les revenus de Cineplex ont chuté pendant que les mesures provinciales de la COVID-19 réduisaient considérablement la capacité des salles de cinéma et qu'une liste terne de films attirait un public plus restreint.

La valeur de l'action de Cineplex a chuté de plus de 70 % depuis le début de la pandémie. Une tentative de prise de contrôle de 2,8 milliards de dollars par la société britannique Cineworld a échoué. Le coronavirus a contraint l'entreprise à licencier du personnel.

Le mois dernier, Cineplex a annoncé son intention de consolider 57 millions de dollars en vendant son siège social de Toronto et en utilisant cet argent pour rembourser la dette.

Le PDG de la société, Ellis Jacob, est convaincu que les efforts de réduction des coûts aideront à surmonter la tempête jusqu'à ce que le public revienne dans les salles.

Nous aurons un énorme élan quand les choses commenceront à s'améliorer, avance-t-il. Nous pensons que 2021 sera une année formidable dans ce secteur.

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