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Des familles veulent des réponses sur la santé de proches en soins de longue durée

Deux femmes, dont l'une, âgée, se trouve derrière une vitre, posent pour une photo de famille.

Roanda Anastasiades (à gauche) soutient que le Centre de soins Arbutus a omis de l'informer de l'état de santé de sa mère, Diana Kubicek (à droite) lorsque celle-ci a attrapé la COVID-19.

Photo : Roanda Anastasiades

Radio-Canada

Des familles de la région de Vancouver tentent de comprendre comment sont gérées les éclosions de COVID-19 qui ont atteint leurs proches dans des établissements de soins de longue durée ces derniers mois.

La grand-mère de Bernadette Cheung, Yuet Wan, compte parmi les 38 personnes décédées dans l’éclosion de COVID-19 en cours au foyer Little Mountain Place depuis le 22 novembre.

Selon les derniers chiffres donnés par l’établissement aux familles des résidents, 98 des 114 personnes vivant au foyer ont reçu un résultat positif à un test de dépistage du coronavirus.

C’est un taux d’infection de 85 % et un taux de mortalité de 33 %. C’est renversant, dit Mme Cheung. Je ne comprends simplement pas comment ils peuvent dire qu’ils font de leur mieux.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une infirmière sort du centre de soins de longue durée Little Mountain Place à Vancouver pendant qu'un homme attend debout devant la porte d'entrée.

Mme Wan avait 94 ans lors de son décès, le 20 décembre. Au début de décembre, l’établissement avait laissé entendre à la famille que 5 personnes étaient mortes, mais selon Mme Cheung, le nombre de décès atteignait 17 moins d’une semaine plus tard.

Je m’inquiète du taux de roulement élevé du personnel et du nombre d’employés déclarés positifs. Certains ont peut-être reçu une formation à la hâte en ce qui a trait à l’utilisation des équipements de protection individuelle et des protocoles à suivre.

Elle se demande donc si une enquête sera lancée pour savoir ce qui s’est c’est passé et où le système a failli.

Mme Cheung se dit également insatisfaite d’une réponse reçue de la directrice générale de Little Mountain Place, Angela Millar.

Pendant que l’enquête se poursuit sur les enjeux que vous avez soulevés, je peux vous assurer que nous avons mis en place des moyens rigoureux afin de maîtriser l’éclosion, dont l’utilisation appropriée d’équipement de protection individuelle et la formation offerte aux visiteurs, explique Mme Millar, par courriel.

La directrice générale confirme aussi que des employés de la Régie de la santé Vancouver Coastal ont été appelés en renfort pour remplacer des membres du personnel de l’établissement contraints de s’isoler après l’apparition de symptômes similaires à ceux de la COVID-19.

Nous comprenons que l’arrivée de nouveaux employés peut être difficile pour les familles et les résidents, mais c’est une mesure nécessaire en ce moment, écrit-elle.

Bernadette Cheung pose, masque sur le visage, devant l'entrée d'un immeuble.

Selon Bernadette Cheung, sa famille était sous le choc lorsqu'elle a appris que l'éclosion de COVID-19 du foyer Little Mountain Place a emporté sa grand-mêre, en décembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Enzo Zanatta

Un manque de communication, disent des familles

Les défis de Bernadette Cheung et sa famille sont aussi ceux de Roanda Anastasiades, qui se dit préoccupée par la santé de sa mère au Centre de soins Arbutus, à Vancouver.

Diana Kubicek, 77 ans, a en effet été déclarée positive après un test de dépistage du coronavirus, le 15 novembre.

J’étais inquiète parce que j’ai vu son état de santé se détériorer, explique Mme Anastasiades.

Au 31 décembre, 84 résidents et membres du personnel de la résidence Arbutus avaient été déclarés positifs. Dix des résidents sont décédés de la COVID-19.

Mme Kubicek a été transportée à l’hôpital à la demande de sa fille après avoir souffert de déshydratation et que le niveau d’oxygène dans son sang ait chuté.

Elle est de retour à Arbutus, mais sa fille se dit frustrée de la difficulté qu’elle éprouve à avoir de ses nouvelles.

C’est difficile de ne pas être aux faits et d’apprendre au compte-gouttes que quelque chose s’est produit, soutient Roanda Anastasiade.

Selon elle, la direction de la résidence a assuré aux familles que les signes vitaux des patients sont vérifiés quotidiennement et que le personnel n’est affecté qu’à une seule aile afin d’endiguer la propagation du virus.

Elle ajoute toutefois que des employés lui ont fait savoir que ces pratiques ne sont peut-être pas suivies avec la fidélité évoquée par la direction.

Se plaindre pour obtenir des réponses

Ni les établissements concernés ni la régie de la santé Vancouver Coastal ni le ministère de la Santé n’ont répondu aux questions de CBC à propos de ces deux éclosions.

Dans une déclaration, la régie de la santé Vancouver Coastal soutient toutefois que les circonstances d’une éclosion peuvent évoluer rapidement et toute information rapportée de façon incorrecte induit un stress inutile chez les familles des résidents et des patients.

La régie ajoute que les données exactes sur le nombre de cas liés à chaque éclosion ne sont pas publiées afin de respecter la vie privée des gens.

Selon les dernières informations publiées par la régie de la santé, les deux foyers sont toujours aux prises avec des éclosions.

Bernadette Cheung et Roanda Anastasiade ont fait appel au bureau de gestion de la qualité de la régie pour obtenir des réponses.

Mme Anastasiade a également porté plainte à propos du manque de communication du foyer Arbutus et afin de s’assurer que sa mère soit envoyée à l’hôpital par ambulance si elle a besoin de traitements à l’avenir.

Avec les informations d’Eva Uguen-Csenge

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