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Le Congrès contourne le veto de Donald Trump sur le budget de la Défense

Le dôme du Capitole à Washington.

Malgré le veto du président sortant Donald Trump, le budget de 740 milliards $ a été adopté avec plus de deux tiers des voix par le Sénat contrôlé par les républicains.

Photo : Getty Images / Joshua Roberts

Agence France-Presse

Le Congrès américain a infligé vendredi une humiliation inédite à Donald Trump en contournant, à une très large majorité, son veto au budget de la Défense.

Le Sénat a adopté, avec 81 voix pour et 13 contre, ce budget de 740 milliards de dollars malgré les objections du président lors d'une séance exceptionnelle en ce 1er janvier. Comme la Chambre des représentants avait fait de même lundi, le texte est définitivement adopté.

La majorité des élus républicains ont joint leur voix aux démocrates, défiant leur chef au crépuscule de son mandat, alors que celui-ci s'est toujours targué de leur soutien.

En quatre ans à la Maison Blanche, Donald Trump a utilisé à neuf reprises son droit de veto contre des textes de loi adoptés dans les deux chambres. Jusqu'ici, le Congrès n'avait jamais réussi à atteindre la majorité des deux tiers nécessaire pour l'outrepasser.

Cette claque intervient alors que les élus de son parti sont de plus en plus nombreux à reconnaître sa défaite à la présidentielle du 3 novembre, qu'il ne concède toujours pas lui-même.

Anticipant cette nouvelle rebuffade, le milliardaire avait dénoncé en début de semaine un leadership républicain faible et fatigué.

Le leader de la majorité au Sénat américain, Mitch McConnell, quitte le Sénat.

Le leader de la majorité au Sénat américain, Mitch McConnell.

Photo : Getty Images / Joshua Roberts

Face à cette attaque, le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell n'a pas cédé, appelant ses troupes à assumer leurs responsabilités envers le Pentagone.

Il s'agit d'assurer que nous restions dans la course face à nos concurrents comme la Russie et la Chine. C'est aussi l'occasion de rappeler à nos soldats et à leurs familles qu'ils ont notre soutien.

Une citation de :Mitch McConnell, leader de la majorité au Sénat

Consternation jusque dans le camp républicain

Fruit de longues négociations, le texte prévoit notamment une hausse de 3 % des salaires du personnel de la Défense.

Comme il est de coutume depuis plus d'un demi-siècle, il avait été adopté début décembre à des majorités écrasantes par la Chambre, à majorité démocrate, et le Sénat, contrôlé par les républicains.

Mais Donald Trump avait annoncé le 23 décembre qu'il y mettait son veto, provoquant la consternation jusque dans son camp.

Il avait jugé le texte trop favorable à la Chine et s'était élevé contre la possibilité de renommer des bases militaires honorant des généraux confédérés, qui ont combattu en défense de l'esclavage durant la guerre de Sécession (1861-1865).

Il lui reprochait également de ne pas inclure l'abolition d'une loi, dite article 230, protégeant le statut juridique des réseaux sociaux, qu'il accuse d'être biaisés contre lui.

Le texte contrecarre aussi le projet de Donald Trump de réduire la présence militaire américaine en Allemagne, en imposant un délai d'au moins 120 jours avant une telle mesure, si bien qu'aucun retrait américain ne pourrait intervenir avant la prise de fonctions de son successeur Joe Biden le 20 janvier.

Le président sortant invite ses partisans à manifester

Donald Trump, qui s'est toujours présenté comme un roi de la négociation, a subi vendredi un autre revers.

Il n'est pas parvenu à convaincre Mitch McConnell de présenter, dans un vote, sa demande de porter à 2000 dollars le montant d'une aide aux foyers américains, aujourd'hui fixée à 600 dollars, destinée à amortir l'impact économique de la pandémie.

Sa proposition avait pourtant reçu le soutien des démocrates, qui ont insisté vendredi pour la soumettre au vote. Mais M. McConnell a jugé qu'il s'agissait de socialisme pour riches, puisque le chèque ira aussi à des foyers qui n'ont pas perdu d'emploi ou de revenu.

Concentré sur sa croisade post-électorale, Donald Trump a multiplié les tweets pour inviter ses partisans à manifester le 6 janvier à Washington, quand le Congrès entérinera sa défaite face à Joe Biden.

Nous avons LARGEMENT gagné ! a-t-il écrit en promettant qu'une grande quantité de preuves seraient présentées lors de ce rassemblement.

Pour l'heure, ces preuves massives régulièrement promises n'ont jamais été rendues publiques et les tribunaux ont systématiquement rejetés les recours du président.

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