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Un foyer d’éclosion de la COVID-19 à la Cité-de-la santé à Laval

Un panneau portant le nom de l'hôpital à la verticale devant un bâtiment en béton par une journée pluvieuse de printemps.

L'Hôpital de la Cité-de-la-Santé de Laval.

Photo : Radio-Canada / Hugo Boivin

Radio-Canada

Un foyer d’éclosion du nouveau coronavirus a touché des membres du personnel de l’urgence de l’Hôpital Cité-de-la santé à Laval.

Depuis le 22 décembre, six employés dont trois médecins ont été infectés par la COVID-19 dans l’exercice de leurs fonctions, à l’hôpital de Laval, selon le CISSS de Laval.

Des chiffres que conteste le syndicat des employés qui parle plutôt d'un minimum de neuf employés contaminés et que d'autres sont sous investigation.

Face à cette nouvelle éclosion, le syndicat des employés a proposé de fermer l’urgence ou de vacciner tout le personnel qui y travaille, mais ces deux propositions ont été refusées par la haute direction de l’établissement.

Quand on dépiste des employés positifs, ils sont immédiatement retirés du milieu de travail, a rétorqué Geneviève Goudreault, directrice générale adjointe par intérim du CISSS de Laval.

Au lieu du dépistage hebdomadaire, l'établissement soumettra l'ensemble de son personnel de l'urgence à trois dépistages par semaine, et ce, jusqu'au 8 janvier, en plus des contrôles fréquents relatifs aux symptômes liés à la COVID-19, a-t-elle ajouté.

La suspension des visites des aidants naturels, une autre piste de suggestion proposée par le syndicat, a été rejetée, cette fois par le ministère.

Devant l’absence de nouvelles mesures pour empêcher de nouvelles éclosions, Dereck Cyr, le vice-président et responsable pour la santé et sécurité au travail au Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ), affirme que ses collègues et lui ressentent énormément d’inquiétude.

« Trois médecins sur 30 ont été contaminés, c’est 10 % de notre personnel. Ça nous inquiète parce qu’on ne sait pas qui pourra prendre soin des patients si d’autres médecins se contaminent. »

— Une citation de  Dereck Cyr, Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval

Mme Goudreault assure, de son côté, que la couverture médicale n'est pas remise en cause et qu'il n'y a pas de mobilité de personnel à l'intérieur de l'hôpital. Elle a ajouté que l'urgence est considérée comme une zone jaune, donc à l'intérieur de l'urgence, il y a des mesures différentes, dépendamment de quel patient on soigne ou pas.

Mais pour Jean-François Houle, vice-président syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval, l’urgence devrait être déjà considérée comme une zone rouge puisque c’est la porte d’entrée de l’hôpital. C’est un des plus grands services d’urgence du Canada avec 88 000 visites par année, a-t-il dit en entrevue à Radio-Canada.

Un appel réitéré par la Dre Judy Morris, présidente des médecins d’urgence du Québec, qui demande à son tour que le personnel de l’urgence soit inclus parmi les groupes cliniques prioritaires au même titre que les employés des unités Covid ou des unités des soins intensifs.

L’urgence voit passer beaucoup de patients infectés par la Covid et malheureusement cela ne semble pas vouloir diminuer, a-t-elle indiqué.

Un dilemme éthique qu’on ne veut pas vivre

Avec le retour des voyageurs, qui devrait se faire dans les prochains jours, le vice-président et responsable pour la santé et sécurité au travail au SIIALL-CSQ, craint que le nombre de lits disponibles aux soins intensifs ne soit pas suffisant pour répondre à la demande. Les gens ne réalisent pas à quel point c’est dangereux., se désole-t-il.

Bien que le nombre d’intubations ait diminué depuis l’utilisation de l’oxygène à haut débit pour soigner certains patients infectés à la COVID-19, Dereck Cyr s’inquiète surtout du moment où il faudra faire des choix.

Ce sera pas drôle lorsque l’on devra choisir qui on garde intubé ou pas, ajoute-t-il.

Le CISSS indique avoir identifié de la main d'oeuvre réserviste afin de pouvoir augmenter sa capacité hospitalière.

Augmentation du nombre d’agressions

L’accès aux soins de santé en psychiatrie est un autre défi auquel les employés de l’urgence de l’Hôpital Cité-de-la santé à Laval font face.

L’établissement, qui offre également des services en santé mentale, ne détient pas d’urgence séparée pour les patients qui s’y présentent. Ceux-ci doivent donc être isolés en attente d’un résultat négatif à la COVID-19, sans quoi ils ne peuvent être soignés.

Les patients doivent donc attendre parfois de longues heures, isolés. Pour Dereck Cyr, le fait pour ces patients de devoir rester dans un endroit clos, sans même aller à la salle de bain, augmente le potentiel d’agressions envers les travailleurs.

« Ce n’est pas sain ni pour le patient ni pour le personnel. »

— Une citation de  Dereck Cyr, Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval

Il indique d'ailleurs avoir observé une augmentation de 30 % des agressions envers les travailleurs de la santé de l’urgence.

Face à ce problème, la seule solution qu’entrevoit Dereck Cyr serait de trouver un meilleur endroit à l’extérieur de l’urgence pour faire attendre les patients, le temps d’obtenir leurs résultats de test COVID et de pouvoir les prendre en charge sur l’unité. 

« On demande aux Lavallois de faire attention et de respecter les mesures sanitaires. On demande également aux gens de ne pas se présenter à l’urgence pour rien. Moins il y a de visites, plus on peut s’occuper des gens », conclut Dreck Cyr.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

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