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Pas de cadeaux ni de pain à Noël pour des résidents de la Basse-Côte-Nord

Patrick Burke est devant son sapin de Noël avec sa conjointe et ses enfants et ils sourient tous à la caméra.

Patrick Burke a dû inventer une histoire à ses enfants pour leur expliquer pourquoi il n'y avait pas de cadeaux sous le sapin le matin de Noël.

Photo : Gracieuseté Patrick Burke

Radio-Canada

Le temps des fêtes des résidents de la Basse-Côte-Nord et d’Anticosti a été bouleversé par le retard du Bella Desgagnés en raison d'un bris de moteur et de conditions de navigation défavorables.

À Blanc-Sablon, Patrick Burke et sa famille attendaient une précieuse livraison de cadeaux de Noël, d’une voiture et de biens pour leur nouvel appartement depuis le 18 décembre. Les marchandises ont plutôt été livrées le 30 décembre.

La Société des traversiers (STQ) affirme avoir livré plus de 60 tonnes de marchandises par voies aériennes les 27 et 28 décembre, mais des résidents de la Basse-Côte-Nord considèrent que c'était déjà trop tard.

Patrick Burke et sa conjointe ont dû trouver une solution pour expliquer à leurs quatre enfants pourquoi il n'y avait pas de cadeaux sous le sapin le matin de Noël.

Il fallait qu’on invente une histoire [qui expliquait] pourquoi le père Noël n’est pas passé quand il devait passer. Je crois que ça a fonctionné, mais c’était bizarre.

Une citation de :Patrick Burke, résident de la Basse-Côte-Nord

Il fallait qu’on achète quelques affaires pour avoir quelque chose sous l’arbre parce que là, on n’avait pas de cadeaux, on n’avait rien, déplore le père de famille.

Des aliments essentiels manquants sur les tablettes

Patrick Burke affirme que plusieurs produits n’étaient plus disponibles dans les commerces de la région. C’était différent, mais on s’est adapté du mieux qu’on pouvait, soutient-il.

C’était spécial, ce temps de Noël, à ne pas avoir de pain ou de lait.

Une citation de :Patrick Burke, résident de la Basse-Côte-Nord
Plusieurs conteneurs sur un bateau

Des commerçants ont manqué d'aliments essentiels sur leurs tablettes en raison du retard du navire Bella Desgagnés qui ravitaille la Basse-Côte-Nord et Anticosti (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

C'est en effet la réalité de commerçants de la Basse-Côte-Nord et d'Anticosti depuis l’arrêt de service du Bella Desgagnés.

Des pains ont été livrés quelques jours avant leur date d’expiration et certains commerces ont passé plus d’une semaine sans fruits ni légumes, en plein temps de Fêtes.

On n’aura pas de fruits et de légumes frais à mettre sur la table.

Une citation de :Camil Monger, propriétaire du Magasin du Portage à Tête-à-la-Baleine

Camil Monger, le propriétaire du Magasin du Portage à Tête-à-la-Baleine, déplore l’inaction et le manque de communication de la part de la STQ.

Camil Monger explique que sa dernière livraison par bateau remonte au 10 décembre et qu’il aurait eu besoin de plus d’informations pour se préparer pour l'hiver, lorsque plusieurs produits ne peuvent plus être livrés pendant l'arrêt de quatre mois du Bella Desgagnés ou pour planifier de nouvelles commandes livrées par avion.

On ne va pas mourir de faim, mais ce n'est pas mauvais une salade avec un steak, lance le propriétaire.

Camil Monger estime que les efforts de la STQ n’ont pas été déployés aux bons endroits. Il explique avoir reçu du lait par avion qui n'expirait qu'en juillet, alors que sa commande de pain dont la date d'expiration approchait est restée sur le bateau. Le pain arrive ici quelques jours avant la date, c'est passé date pas à peu près, raconte-t-il.

Payer un avion de sa poche pour des denrées essentielles

Devant l’inefficacité de la STQ pour pallier l’arrêt de service du Bella Desgagnés, la communauté d’Unamen Shipu, en Basse-Côte-Nord, dit avoir été forcée de trouver ses propres solutions.

Le conseil de bande a nolisé, à ses frais, deux avions pour fournir des denrées essentielles à ses résidents.

Vue de la communauté innue de Unamen Shipu.

La communauté innue de Unamen Shipu a payé de sa poche deux avions pour faire parvenir des denrées essentielles à sa population (archives).

Photo : Radio-Canada / Émile Duchesne

Le chef de la communauté d’Unamen Shipu, Bryan Mark, demande un plan B prévisible et stable de la part de la STQ, pour éviter qu’une telle rupture de service ne se reproduise. Il affirme que les incertitudes liées à la desserte maritime de la région génèrent beaucoup de stress au sein de sa communauté.

Même encore aujourd’hui, on manque de certains produits essentiels, même si on a fait deux nolisements d’avions pour approvisionner minimalement la communauté.

Une citation de :Bryan Mark, chef de la communauté d’Unamen Shipu

Le Bella Desgagnés est arrivé à Blanc-Sablon le 30 décembre et devrait, selon la météo, pouvoir livrer la marchandise à Tête-à-la-Baleine vendredi, ainsi qu'à Unamen Shipu et la Romaine dans les prochains jours.

Relais Nordik, qui opère le navire, qualifie la situation d'exceptionnelle et fait appel à la patience des résidents de la Basse-Côte-Nord et d'Anticosti.

Avec les informations de Laurence Royer

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