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Des experts prédisent une baisse des naissances en raison de la pandémie

Une échographie.

Une famille albertaine attend la naissance de leur fille le 13 janvier 2021.

Photo : Kennedy Amyotte/Facebook

Radio-Canada

Alors que certains prévoyaient que la pandémie provoquerait un baby-boom en raison du confinement qui l'accompagne, des experts sont plutôt d’avis qu’elle engendrera une baisse des naissances en raison de l'incertitude qui plane toujours.

Les restrictions associées au SARS-CoV-2 ont obligé les gens à se recroqueviller chez eux, laissant présager un possible baby-boom en raison de la pandémie.

Les futurs parents ont fait leurs annonces avec des guirlandes en papier toilette, des hashtags #madeinquarantine (conçu durant la quarantaine) et des plaisanteries sur les pièges liés au fait d’ignorer la distanciation sociale.

Des démographes croient cependant que la COVID-19 est plus susceptible de décourager les gens d'avoir des enfants, les familles étant aux prises avec les implications financières et sociales d'une crise sanitaire prolongée.

Préoccupations et anxiété

L'intimité accrue des mesures de confinement s'est accompagnée d'une plus grande prudence quant à l'avenir, engendrant de nouvelles inquiétudes et de l’anxiété quant à la perspective d’élever un enfant, estime Roderic Beaujot, expert en démographie et professeur émérite de sociologie à l'Université Western Ontario.

Certains ont suggéré que le fait de passer plus de temps à la maison augmenterait les naissances, mais surtout que l'incertitude [face à la pandémie] devrait réduire les naissances, explique-t-il.

Les gens ont un sentiment d’incertitude quant à l’avenir. Ils sont inquiets et anxieux, ce qui voudrait dire qu’ils ne voient pas cela comme une bonne situation pour avoir un enfant, s’il n’est pas déjà en route.

Une citation de :Roderic Beaujot, expert en démographie et professeur émérite de sociologie à l'Université Western Ontario

Il soupçonne qu'il y aura un baby-boom lorsque la pandémie prendra réellement fin, un peu comme ce qui a été vu après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Expérience un peu déchirante

Kennedy Amyotte, une Albertaine dont la naissance de la fille est prévue pour le 13 janvier, est physiothérapeute. Elle a été mise à pied de son travail pendant huit semaines en raison de la pandémie.

À la fin du mois de novembre, elle a été déclarée positive à la COVID-19 à 34 semaines de grossesse. Elle n'a développé que des symptômes légers, mais se sent souvent épuisée et essoufflée.

Les médecins lui ont assuré que sa fille irait bien. Elle dit cependant s’inquiéter des effets à long terme de toute cette situation si, en plus, elle doit jongler avec une incertitude quant à son travail.

C'est juste une expérience très très différente qui a été un peu déchirante.

Une citation de :Kennedy Amyotte

Elle ne sait pas si son conjoint, Shane Flamond, sera autorisé à entrer dans la salle d'accouchement. Il n'a pu assister à aucun rendez-vous médical et a regardé ses échographies par téléphone depuis le stationnement de la clinique.

Comment pouvons-nous faire face à ces défis? Non seulement [apprendre à] être un nouveau parent par nous-mêmes, mais comment pouvons-nous aider au mieux notre enfant à se développer normalement lorsque les circonstances ne sont plus normales? , questionne-t-elle.

La Dre Amber Whitford, obstétricienne et gynécologue à Red Deer, a déclaré que de nombreux nouveaux parents étaient aux prises avec de tels doutes pendant la pandémie. Beaucoup souffrent d'une perte de normalité, surtout après le retour de leur bébé à la maison, dit-elle.

Elle ajoute que des cliniques comme la sienne font tout ce qu'elles peuvent pour aider les nouveaux parents en déplaçant les services en ligne, mais que la plupart des soutiens familiaux normaux ont été démantelés par la pandémie.

Il est important, dit-elle, que les nouveaux parents cherchent du soutien et se souviennent de l'importance des soins personnels.

Ce n'est pas vraiment l'hospitalisation. C'est l'isolement post-partum, je pense que nos mamans vont trouver le plus dur.

Une citation de :Dre Amber Whitford, obstétricienne et gynécologue à Red Deer

Quant à la perspective d'un baby-boom post-pandémique, ceux qui s'occupent des naissances ne la perdent pas de vue, selon la Dre Whitford, mais il est difficile de prévoir si elle se réalisera.

Nous faisons beaucoup de blagues sur le fait qu'il y aura beaucoup de premiers bébés nés de cette situation, mais peut-être pas beaucoup de deuxièmes et troisièmes enfants après, conclut-elle.

Avec les informations de Wallis Snowdon

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