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Des écoles juives demeurent ouvertes malgré l'interdiction du gouvernement

Le local est entouré de trois autobus scolaires et plusieurs voitures.

Des va-et-vient ont été signalés à proximité de ce local entouré de plusieurs bus scolaires, situé au coin des rues Bernard et Casgrain.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des va-et-vient à l'entrée de certains établissements scolaires de la communauté juive ultraorthodoxe d’Outremont sont constatés – quasi tous les jours – par les habitants du quartier, et ce malgré la fermeture obligatoire des écoles durant cette période des fêtes.

Pour le cabinet du ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, cette situation est jugée inacceptable.

Nous avons été clairs. Aucune présence en classe entre le 17 décembre et le 10 janvier inclus ne sera acceptée, nous explique Claudia Landry, la directrice des communications du cabinet.

Pourtant, dans une foire aux questions rédigée expressément pour le temps des Fêtes et adressée à l'ensemble des établissements scolaires du Québec, le ministère de l'Éducation (MEQ) a précisé que dans les régions où le réseau Internet est inaccessible ou inadéquat pour la formation à distance, les élèves [en secondaire] pourront exceptionnellement se rendre dans les établissements afin de profiter du réseau Internet pour l’enseignement à distance, le tout sous la supervision de techniciens ou techniciennes en éducation.

Selon Hudy Herzog, directrice générale des écoles de la communauté Belz – comprenant deux établissements primaires et deux établissements secondaires – c'est justement sur la base de cette exception que ses élèves continuent de se rendre à l'école.

C'est le gouvernement qui a pris la décision de faire cette exception. Et [elle] ne s'applique pas que pour nous. C'est pour tous les élèves de la province qui n'ont pas accès à Internet.

Hudy Herzog, directrice générale des écoles de la communauté Belz

Pour le reste, on travaille avec la santé publique, on suit tous les règlements pour s'assurer qu'on diminue au maximum les risques pour nos élèves et pour la communauté.

À l'instar d'autres établissements scolaires, le MEQ a proposé de prêter des tablettes afin que tous les élèves soient capables de suivre l'enseignement à distance.

Or introduire une connexion Internet au sein du foyer est en totale contradiction avec les valeurs de la communauté juive ultraorthodoxe. Ils ne veulent pas, c'est tout simplement contraire à [leur] façon de vivre, à [leur] système de valeurs, nous explique la directrice, Hudy Herzog.

Une situation qui exclurait de facto la directive gouvernementale suivante : si l'option LTE est envisageable, il est stipulé que l'établissement doit fournir à l'élève une connexion suffisante et le prêt d'un appareil permettant de se connecter.

Un calendrier scolaire décalé

Le calendrier scolaire des établissements représentés par le Conseil des juifs hassidiques du Québec ne prévoit aucun congé pédagogique entre la fin décembre et le début janvier, pourtant le décret actuellement en vigueur indique que les services éducatifs doivent être dispensés suivant le calendrier scolaire propre à chaque établissement.

Ainsi, dans ce même ordre d'idées, les établissements concernés par cette exception estiment avoir été encouragés par le ministère à assurer un suivi des apprentissages – pour les élèves en primaire et secondaire – et ce même si la nécessité d'avoir accès à Internet pour ce faire n'a pas été précisée dans les documents transmis.

  • Les élèves du préscolaire et du primaire demeureront à la maison et des services éducatifs permettant la poursuite des apprentissages à distance seront offerts pour la période du 17 décembre 2020 au 10 janvier 2021 inclusivement, selon le calendrier scolaire de leur école.
  • Les élèves du secondaire demeureront à la maison et les services éducatifs à distance, selon l’horaire habituel, seront offerts pour la période du 17 décembre 2020 au 10 janvier 2021 inclusivement, selon le calendrier scolaire de leur école.

Source  : Ministère de l'Éducation

La fermeture pour une durée d’environ un mois, alors que l’enseignement à distance n’est pas réalisable, ferait en sorte qu’il est impossible de pourvoir aux besoins éducatifs de nos élèves. Nos écoles doivent impérativement leur permettre de recevoir un enseignement en personne puisque les familles de ces élèves n’ont pas accès à Internet, détaille Alain Picard, conseiller en communication pour le Conseil des juifs hassidiques du Québec.

Pour la directrice générale des écoles de la communauté Belz, c'est sur la base du calendrier scolaire, communément admis par l'ensemble des Québécois, que repose cette interprétation faussée.

Le calendrier scolaire actuel repose sur les fêtes chrétiennes. [...] Si c'était dans un autre temps que celui des temps des Fêtes, on verrait aussi d'autres écoles qui continuent [sur d'autres périodes] comme nous à dispenser des cours, et qui n'ont pas tous les moyens de le faire adéquatement.

Un texte où le Conseil des juifs hassidiques du Québec soutien qu'en vertu des directives gouvernementales, les élèves qui n'ont pas accès à internet peuvent continuer de se rendre dans les établissements désignés.

Dans une publicité publiée le 19 décembre dans le journal d'Outremont, le Conseil des juifs hassidiques du Québec soutient qu'en vertu des directives gouvernementales, les élèves qui n'ont pas accès à Internet peuvent continuer de se rendre dans les établissements désignés.

Photo : Journal d'Outremont

Des établissements contrevenants

Des allées et venues vers d'autres établissements, comme l’Académie Beth Esther, sur l’avenue Van Horne, ont également été observées. Cet établissement, comme d'autres qui pourraient être ciblés, ne possède pas de permis d'enseignement, et ne relève donc pas du ministère de l'Éducation.

Les regroupements que l'on observe dans ce type d'établissements doivent être traités au même titre que ceux constatés lors des rassemblements interdits. Le non-respect des consignes expose les contrevenants aux amendes prévues en cas de violation des règles sanitaires, nous précise le cabinet du ministre Roberge.

Aucun constat n'a pour le moment été traité par le Directeur des poursuites criminelles et pénales, malgré les nombreuses plaintes adressées au Service de police de la Ville de Montréal, qui a été sensibilisé – par le gouvernement et la Santé publique de Montréal –, à cette situation jugée problématique.

Le MEQ a tout de même tenu à préciser, par la suite, l’interprétation qu'il se faisait de cette exception : Il est clair que c'est à la discrétion des directions d'établissements de décider qui a besoin de se rendre au sein de l'école. Mais l'interprétation qu'on se fait, ici, est que cette exception ne peut pas s'appliquer pour une classe au complet.

Un détail qui n'a pas été formulé, lors d'un rappel de consignes envoyé par courriel aux établissements jugés contrevenants, le 23 décembre dernier.

Malgré de nombreuses relances, la liste de ces établissements ne nous a pas été communiquée.

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