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Les dossiers à surveiller en 2021 dans les provinces de l'Atlantique

Le monde entre dans l'an 2 de la pandémie, mais la COVID-19 est loin d'être le seul dossier chaud.

Montage de vignettes illustrant six dossiers : la police, le changement climatique, les droits des Premières Nations, la santé publique, les droits linguistiques et la politique provinciale.

Le monde entre dans la seconde année d'une pandémie de coronavirus, mais la COVID-19 est loin d'être le seul dossier à surveiller en 2021.

Photo : Radio-Canada, Getty Images, La Presse canadienne et Reuters

Le monde entre dans la seconde année d'une pandémie de coronavirus, mais la COVID-19 est loin d'être le seul dossier chaud. La vaccination fait l'objet d'un intérêt immédiat, mais une multitude d'enjeux – certains mis à l'écart en 2020 à cause du virus et d'autres qui se sont imposés en cours d'année – peuvent difficilement attendre plus longtemps.

Voici des sujets qui réclameront une attention particulière en 2021 dans les provinces de l'Atlantique.

Les grandes ambitions d'une campagne historique

L’année 2020 s’est amorcée alors qu’un nouveau coronavirus, le SRAS-CoV-2, apparaissait à Wuhan, en Chine. Un an plus tard, l’an 2 de la pandémie de COVID-19 s’amorce sous une lueur d’espoir.

En Atlantique, la campagne de vaccination a débuté le 16 décembre en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador. Le Nouveau-Brunswick a lancé la sienne trois jours plus tard.

Quelqu'un assiste à la vaccination sur son cellulaire.

Les premiers vaccins contre la COVID-19 sont administrés à l'Île-du-Prince-Édouard le 16 décembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Les provinces ambitionnent de vacciner les trois quarts de leurs populations respectives, un objectif qui n’apparaît pas déraisonnable, si l’on considère que les taux de vaccination contre la grippe A (H1N1) en 2009 avaient été plus élevés en Atlantique, malgré les ratés de cette campagne dans l’ensemble du pays.

Jusqu’ici, la région atlantique a affiché un bilan moins lourd que la moyenne nationale. La COVID-19 a néanmoins contribué à la mort de 78 personnes dans ces quatre provinces cette année, et à celle de plus de 15 000 personnes au Canada.

Des projecteurs braqués sur les policiers

Les violences policières et le manque d’imputabilité qui y est associé ont fait l’objet d’une attention redoublée en 2020. Au Nouveau-Brunswick, deux personnes autochtones ont été tuées par des policiers en l’espace de huit jours.

Le 4 juin, un agent de la Force policière d’Edmundston abattait Chantel Moore, 26 ans. Le 12 juin, Rodney Levi, 48 ans, était abattu par un membre de la GRC près de Miramichi.

Montage de deux photos.

Chantel Moore (gauche) et Rodney Levi (droite) ont été tués par des policiers en juin 2020 au Nouveau-Brunswick.

Photo : Courtoisie

Quelques heures avant Noël, le Bureau des enquêtes indépendates (BEI) du Québec, chargé d’examiner la mort de ces deux citoyens, a annoncé avoir remis ses rapports au Service des poursuites publiques du Nouveau-Brunswick, qui devra maintenant déterminer si des accusations seront portées contre ces policiers.

Ce serait un événement rarissime. Entre 2000 et 2018, 461 civils ont été tués par un policier au Canada. Seulement deux policiers ont été condamnés.

Selon la mise à jour de l'exhaustif dossier Deadly Force (Nouvelle fenêtre) du réseau CBC, 30 personnes au Canada avaient été tuées par des policiers dans la seule première moitié de 2020, deux fois plus que la moyenne des 10 années précédentes.

Les personnes autochtones représentent 16 % des victimes de la police (alors qu'elles représentent un peu moins de 5 % de la population canadienne) et les personnes noires, 8 % alors qu'elles représentent environ 3 % de la population canadienne.

Du côté de la Nouvelle-Écosse, le début d’une enquête sur la tuerie des 18 et 19 avril 2020 est attendu. Les commissaires se pencheront notamment sur les actions de la GRC et sur la manière dont la police fédérale a communiqué au public le danger posé par un tueur dont la cavale s’est déroulée pendant 13 heures, se soldant par la mort de 22 personnes.

Un policier en noir se rue vers un groupe de policiers en vêtements militaires attroupés.

Le 19 avril 2020, des policiers à une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse, viennent d'abattre l'auteur d'un massacre qui a fait 22 victimes.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

L’Équipe d’intervention en cas d’incident grave vient de statuer que les policiers qui ont abattu l’auteur du massacre avait agi de façon justifiée pour neutraliser la menace. La même agence indépendante doit faire connaître en 2021 ses conclusions sur les coups de feu tirés sans raison apparente par la GRC sur une caserne de pompiers à Onslow le même jour.

Réforme de la santé au Nouveau-Brunswick

En février 2020, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé que les urgences de six hôpitaux n'allaient plus être ouvertes la nuit. La nouvelle a créé une onde de choc et une mobilisation s’est rapidement organisée.

Une semaine plus tard, le gouvernement, alors minoritaire, a fait volte-face et a annulé la mise en œuvre du plan de réforme.

Le premier ministre Blaine Higgs a plus tard admis qu’il s’agissait d’un mauvais plan et a promis qu’il ne reviendrait pas à la charge. Il maintient cependant que des changements s’imposent dans le système public de santé.

À présent majoritaire à Fredericton après avoir remporté l’élection générale du 14 septembre, le gouvernement progressiste-conservateur a la voie libre pour instaurer de nouvelles politiques.

Groupe de personnes brandissant des pancartes sur lesquelles on peut lire «Non à la fermeture de notre urgence!»

Manifestation contre la fermeture des urgences pendant la nuit, le 17 février 2020 à Sainte-Anne-de-Kent, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, prévoit mettre en place une réforme d’ici l'automne 2021. Elle promet de tenir des consultations avec les communautés et les professionnels de la santé d'ici la fin mars.

Même majoritaire, le premier ministre Higgs devra manœuvrer habilement. Deux anciens députés de son parti, Robert Gauvin et Bruce Northrup, s’étaient dissociés de la décision de son gouvernement en 2020, devant les protestations des collectivités qu’ils représentaient.

Pêche autochtone : un dossier à régler

Un dossier délicat qui reste en suspens alors que le rideau tombe sur 2020 est celui de la pêche pratiquée par les Premières Nations, en particulier dans les Maritimes.

Le 17 septembre dernier, la communauté de Sipekne'katik lançait une pêche au homard dite de subsistance à Saulnierville, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Des bateaux de pêche au quai, la plupart ayant hissé un drapeau d'une Nation autochtone.

Des bateaux de pêcheurs autochtones le 20 septembre 2020 à Saulnierville, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Mark O'Neill

À la source des désaccords sur cette pêche autogérée se trouvent des questions non résolues liées à la décision Marshall de la Cour suprême du Canada. En 1999, les magistrats confirmaient le droit des Premières Nations à une chasse, une pêche et une cueillette destinées à assurer à ces communautés une subsistance convenable.

Ce que représente, en pratique, une subsistance convenable n’a pas été défini par la Cour suprême, et est depuis demeuré flou.

Les pêcheurs commerciaux des Maritimes, qui sont non autochtones pour la majorité, considèrent que la pêche effectuée par la communauté de Sipekne'katik est illégale, puisqu’elle s’exerce en dehors des saisons déterminées par Pêches et Océans Canada.

Des enjeux de conservation des espèces compliquent la question, dans une région où la pêche au homard est extrêmement lucrative.

Plusieurs personnes rassemblées. Un homme est debout le poing fermé et porte un chandail sur lequel on peut lire « Mi'kma'ki Strong ».

Des pêcheurs mi'kmaq de la Première Nation de Potlotek, à St. Peters Bay, au Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, le 1er octobre 2020.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

Les négociations entre le fédéral et la Première Nation de Sipekne'katik ne sont pas résolues. Entretemps, d’autres communautés autochtones, notamment au Cap-Breton, ont télégraphié leur intention d’organiser des pêches de subsistance.

Les tensions apparues sur les quais en 2020 ont mené à des actes de violence et d’intimidation, à la saisie de casiers à homard jugés illégaux, et au dépôt d’accusations. C’est un signal que la question des pêches autochtones, constamment repoussée depuis plus de 20 ans, ne pourra être ignorée encore longtemps.

Nouvelle année, nouvelle élection

Terre-Neuve-et-Labrador amorce la nouvelle année avec un nouveau premier ministre. Andrew Furey occupera-t-il toujours ce poste dans quelques mois?

Montage photo d'Andrew Furey et Ches Crosbie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Andrew Furey (à gauche) est le premier ministre libéral de Terre-Neuve-et-Labrador. Ches Crosbie (à droite), un progressiste-conservateur, est chef de l'opposition.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Le 17 février 2020, Dwight Ball a annoncé qu’il allait quitter son poste de premier ministre, déclenchant une course à la direction de son parti qui allait être retardée par l’arrivée du coronavirus dans la province. Le 3 août, le Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador a enfin choisi son nouveau chef : Andrew Furey, un chirurgien orthopédiste sans expérience préalable en politique.

La tâche est considérable pour le néophyte. En plus des urgences de santé publique, les finances publiques sont dans un état peu enviable.

En vertu de la loi provinciale, une élection générale doit se tenir d'ici le 19 août 2021, avant le premier anniversaire de l’accession de M. Furey au pouvoir. Les libéraux sont minoritaires depuis la courte réélection de Dwight Ball en mai 2019.

Le Parti progressiste-conservateur prévoit opposer à Andrew Furey l’actuel chef de l’opposition officielle, Ches Crosbie. Défait en 2019, M. Crosbie a demandé à ses troupes une révision de son propre leadership, mais en octobre, les progressistes-conservateurs lui faisaient à nouveau confiance pour essayer de les mener à la victoire en 2021.

Montage photo des trois candidats.

Iain Rankin, Randy Delorey, Labi Kousoulis : l'un de ces trois hommes deviendra en février le 29e premier ministre de l'histoire de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Photos : Craig Paisley/CBC et John Woods/La Presse canadienne

Terre-Neuve-et-Labrador pourrait ne pas être la seule province de l’Atlantique à convier ses citoyens aux urnes en 2021. Un scrutin n'est pas certain, mais néanmoins possible en Nouvelle-Écosse.

En février, le Parti libéral de la Nouvelle-Écosse élira un nouveau premier ministre. Il succédera à Stephen McNeil, qui a annoncé son départ imminent. La Nouvelle-Écosse est la seule province canadienne à ne pas tenir d’élections générales à date fixe, et le gouvernement libéral, majoritaire à Halifax, peut légalement attendre jusqu’au printemps 2022 pour en organiser.

Loi sur les langues officielles : une révision qui se laisse désirer

La Loi sur les langues officielles au Nouveau-Brunswick doit être révisée avant le 31 décembre 2021. Il s’agit d’une tâche importante, qui sera menée par le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs.

Blaine Higgs sourit en agitant une cloche.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En 2019, le premier ministre néo-brunswickois Blaine Higgs s'encanaillait au Tintamarre de Dieppe, lors des fêtes du 15 août. En 2021, des intervenants acadiens aimeraient bien qu'il démontre le même enthousiasme pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Cette révision obligatoire est normalement entamée deux ans à l’avance. Or, l’année 2020 s'est terminée sans que la province n'ait rendu publique la façon dont elle entend procéder à cette révision. Seules des discussions loin de caméras se sont déroulées, entre la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et des conseillers du premier ministre et des ministres.

Plusieurs intervenants acadiens estiment que le premier ministre ne comprend pas tout à fait la portée de la Loi sur les langues officielles. Ils craignent que le processus n'obtienne pas l’attention méritée.

En bref : d’autres sujets chauds à surveiller en 2021

Le sous-financement des écoles francophones de l’Île-du-Prince-Édouard fera l’objet d'une série de discussions entre le gouvernement provincial et la Commission scolaire de langue française (CSLF) en janvier 2021.

Nouvelle école francophone à Saint-Jean de Terre-Neuve : le Conseil scolaire francophone provincial (CSFP) commence à perdre patience et réclame un engagement ferme du gouvernement.

L'École Évangéline.

L'École Évangéline, un établissement pour les élèves francophones de l'Île-du-Prince-Édouard (archives).

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

La survie des baleines noires de l’Atlantique Nord : même si aucune n’a été trouvée morte en eaux canadiennes en 2020 – et une en eaux américaines – il ne resterait que 366 baleines noires dans le monde.

Une crise du logement et de l’immobilier sévit en Atlantique, d’Halifax à Charlottetown, en passant par Moncton. À Halifax, il n’y a presque plus de logements disponibles, les loyers sont hors de contrôle, les « rénovictions » monnaie courante, et le prix des maisons a bondi. Le gouvernement néo-écossais vient d’annoncer qu’il limiterait les hausses des loyers jusqu’à la fin de la pandémie, mais le prochain premier ministre sera assurément confronté au problème du logement inabordable.

Santé mentale : à l’Île-du-Prince-Édouard, les demandes pour consulter un professionnel en santé mentale ont doublé entre 2015 et 2019. Avec la pandémie qui menace d’augmenter les besoins, le gouvernement de Dennis King a promis d’y remédier. En Nouvelle-Écosse, les soins en santé mentale et pour les personnes luttant contre une dépendance sont déjà au cœur de la plateforme électorale naissante du chef progressiste-conservateur de l'opposition, Tim Houston.

Salaire minimum, emploi et relations de travail : les salaires suffisent de moins en moins à couvrir les coûts sans cesse croissants du logement et de la nourriture. Pendant ce temps, de grandes entreprises, notamment celles de l’alimentation comme Loblaw et Sobeys, ont consenti des augmentations de salaires ou des primes à leurs employés en début de pandémie, pour ensuite leur retirer. À Terre-Neuve-et-Labrador, les salariés de Dominionsont déçus de l'entente conclue en 2020 avec Loblaw.

La saison des ouragans a été l’une des plus actives que l’on ait vues dans l’Atlantique. Un an après le passage de l’ouragan Dorian, la côte est du Canada a été épargnée en 2020. En sera-t-il de même en 2021?

Un train de VIA Rail en mouvement à travers une zone boisée.

Le train L'Océan, entre Montréal et Halifax, a été suspendu et plusieurs compagnies aériennes ont réduit drastiquement leurs offres de services vers les provinces de l'Atlantique en 2020 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le télétravail est populaire en Atlantique. En 2021, les employeurs soutiendront-ils les travailleurs qui ont adopté cette tendance en 2020?

Vétérans et stress post-traumatique : interrompue par la pandémie, l’enquête publique sur l’affaire Lionel Desmond doit reprendre en février 2021 en Nouvelle-Écosse. Il y a quatre ans, l’ancien combattant tuait son épouse, sa fille et sa mère, avant de se suicider.

Montée de l’extrémisme : les groupes d’extrême droite sont de plus en plus actifs depuis 2016 en Atlantique, selon des chercheurs qui y dénombrent au moins 29 groupes du genre.

Industrie touristique : en dépit des succès de la bulle atlantique, ce secteur de l’économie est l’un des plus durement touchés par la pandémie. Les touristes seront-ils assez rassurés pour recommencer à voyager après la pandémie? Et s’ils le sont, pourront-ils seulement voyager? Les compagnies aériennes ont supprimé, du moins temporairement, beaucoup de vols vers les provinces de l’Atlantique en 2020, et la liaison Montréal-Halifax de VIA Rail est suspendue indéfiniment.

Geneviève Lalonde durant l'épreuve.

L'Acadienne Geneviève Lalonde a remporté l'or au 3000 m steeple des Jeux panaméricains, à Lima, en 2019. L'avenir immédiat des grandes compétitions internationales est incertain.

Photo : Reuters / Ivan Alvarado

Des sports toujours perturbés par la pandémie? La deuxième saison de la Première Ligue canadienne de soccer (CPL) a trouvé refuge pendant l’été à l’Île-du-Prince-Édouard, où les Wanderers d’Halifax ont baissé pavillon devant le Forge FC en finale. Les Schooners, projet inachevé de la Ligue canadienne de football (LCF) dans les Maritimes, n’ont plus le vent dans les voiles. Et quelles seront les conséquences du report à 2021 des Jeux olympiques de Tokyo sur la préparation des athlètes de l’Atlantique?

Avortement : la question de la couverture de certaines interruptions de grossesse par le gouvernement du Nouveau-Brunswick n’a pas été résolue en 2020. La province contreviendrait à la loi fédérale sur la santé.

Cannabis : le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a soulevé la possibilité de privatiser Cannabis NB, mais la société de la Couronne a enregistré des chiffres records au second trimestre en 2020. Il doit bientôt annoncer ses intentions à ce sujet.

Des chiffres géants illuminés représentent l'année 2021 au parc Zaryadye, à Moscou, le 30 décembre 2020. Un couple est assis dans le zéro.

Bonne année 2021!

Photo : Reuters / Evgenia Novozhenina

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