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Vaccins dans un CHSLD en éclosion : « la réponse immunitaire n'est pas instantanée »

Après le vaccin, il faut prévoir environ 14 jours avant la montée des anticorps, explique la santé publique.

Une affiche avec les écrits CHSLD Saint-Antoine, à Québec.

Écoutez le reportage de Marie-Pier Mercier

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

La COVID-19 continue de se répandre au CHSLD Saint-Antoine, premier lieu de vaccination au Canada. Plus de 80 résidents et employés vaccinés ont contracté la maladie. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale rappelle que la réponse immunitaire n'est pas instantanée, après une première dose.

La première dose du vaccin de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 a été administrée dans ce milieu de soins le 14 décembre dernier. Trois jours plus tôt, en pleine préparation de la campagne de vaccination, le CIUSSS de la Capitale-Nationale révélait que deux cas avaient été détectés.

La vaccination s'est déroulée comme prévu, mais n'a pas empêché la propagation du virus. Selon les dernières données de la santé publique, plus de 100 travailleurs et résidents ont obtenu un résultat positif.

De ce nombre, au moins 66 résidents et 20 employés vaccinés ont contracté la maladie. Certains pourraient avoir été contaminés avant de recevoir leur dose.

Le CHSLD accueille 230 résidents. Parmi ceux-ci, ils sont 202 à avoir choisi d'obtenir le vaccin, ainsi que 125 employés.

Deux doses

La situation ne surprend pas le CIUSSS de la Capitale-Nationale. Nous nous attendions à ce qu'il puisse y avoir des cas chez les travailleurs et les résidents vaccinés, entre autres, puisque ceux-ci n’ont reçu qu'une seule dose du vaccin, a fait savoir par courriel la porte-parole Mélanie Otis.

Pour que le vaccin de Pfizer-BioNTech atteigne 95 % d'efficacité, une deuxième dose doit être administrée 21 jours après la première.

Une dame âgée, tout sourire dans un fauteuil.

Gisèle Lévesque est la première personne au Canada à avoir reçu une dose du vaccin contre la COVID-19 mis au point par Pfizer-BioNTech.

Photo : Courtoisie

La réponse immunitaire n'est donc pas instantanée ni complète après la vaccination, a précisé Jacques Girard, adjoint médical au directeur de santé publique, lors d'une entrevue à Première heure. Le virus s'est propagé dans la résidence avant que le vaccin puisse faire effet.

Quand on donne un vaccin, c’est pour protéger, mais on s’aperçoit qu’il y a une proportion non négligeable de doses finalement qui auront été utilisées chez des personnes qui n’auront pas été protégées.

Une citation de :Jacques Girard, adjoint médical au directeur de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale

Le temps que la vaccination nous permette d’avoir les bénéfices, en termes de protection, bien évidemment, il y a un délai d’à peu près deux semaines, 14 jours, pour la montée des anticorps, a-t-il expliqué.

Ainsi, les résidents et employés devraient être immunisés depuis cette semaine, ce qui laisse présager une diminution des nouveaux cas.

Les deuxièmes doses, quant à elles, seront administrées dans la semaine du 4 janvier au CHSLD Saint-Antoine.

Un milieu sans cas

Lorsque le CHSLD a été choisi comme lieu de vaccination, l'établissement ne comptait aucun cas, comme convenu avec la société pharmaceutique.

Mais au moment de mettre en place, on a eu des cas, mais des cas relativement limités à une unité, donc on a convenu avec la compagnie qu’on allait tout de même procéder, a soutenu Jacques Girard.

Une infirmière appose un autocollant sur une dose de vaccin.

Selon les essais cliniques, le vaccin de Pfizer-BioNTech est efficace à 95 % après deux doses du vaccin.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Deux jours avant que la première dose de vaccin soit administrée, 15 cas ont été recensés. L'éclosion a ensuite pris de l'ampleur.

Ce sont des cas qui sont survenus après qu’on ait commencé finalement à vacciner. Mais c’était attendu dans la mesure où on pensait colmater cette brèche-là, a ajouté M. Girard.

La porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale souligne d'ailleurs que les essais cliniques des compagnies pharmaceutiques se sont déroulés dans un environnement normal, et non pas dans un milieu où il y avait une éclosion.

Une stratégie différente?

Pour respecter son entente avec la société pharmaceutique, le gouvernement doit conserver en stock des doses de vaccin pour offrir la deuxième. Une affirmation qui a ensuite été corrigée, mercredi.

L'adjoint médical Jacques Girard mentionne que des analyses sont en cours avec l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) pour s'assurer que la stratégie est adéquate.

Est-ce qu’on pourrait, par exemple, vacciner le plus de personnes possible et faire en sorte que les doses qu'on a réservées pour la deuxième dose, qu’on puisse les donner, ces doses-là, au moment où on est approvisionné? Vous voyez, c’est toute une série de considérations complexes, a-t-il soulevé.

Cette éclosion rappelle que, même si un vaccin est offert, il faut continuer de se protéger après avoir été vacciné.

Et même si le fait d’être vacciné conférait une réelle protection, après une dose, et suite à la seconde dose, ce dont nous ne doutons pas, nous savons que le virus pourrait tout de même transiter chez certaines personnes, puisque le vaccin n’est pas efficace à 100 %, a rappelé la porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Mélanie Otis.

Avec les informations d'Alexandre Duval et de Kassandra Nadeau-Lamarche

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