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Des explosions visent le nouveau gouvernement d'union yéménite

Du feu et beaucoup de fumée sur le tarmac.

Une vidéo montre les explosions survenues à l'aéroport d'Aden mercredi.

Photo : afp via getty images / AFP TV

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs explosions ont fait au moins 26 morts et plus de 50 blessés mercredi à l'aéroport d'Aden, la capitale provisoire du Yémen en guerre, où venait d'atterrir un avion transportant le nouveau gouvernement d'union.

Au moins deux explosions se seraient produites lorsque l'avion a atterri et que les responsables ont commencé à sortir de l'appareil.

Des sources médicales et gouvernementales ont fait état d'au moins 26 morts et de plus de 50 blessés.

Des bruits d'explosions et de coups de feu ont retenti avant qu'une épaisse fumée noire ne jaillisse d'un bâtiment de l'aéroport, tandis que des débris étaient projetés alentour, suscitant la panique parmi les personnes présentes, selon les images diffusées par la chaîne de télévision saoudienne Al-Hadath.

Nous allons bien, a tweeté le nouveau ministre des Affaires étrangères, Ahmed ben Moubarak.

Le porte-parole du gouvernement, Rajeh Badi, a appelé à une enquête internationale sur cet acte criminel pour déterminer les responsables. Des civils, des vigiles et des responsables locaux figurent parmi les victimes, mais tous les membres du gouvernement vont bien, a-t-il indiqué.

Dans un pays pauvre dévasté par les conflits, le nouveau gouvernement yéménite d'union rassemblant des ministres propouvoir et des séparatistes du Sud a été formé le 18 décembre sous l'égide de l'Arabie saoudite.

Ces deux camps qui se disputaient le pouvoir dans le Sud restent en principe alliés depuis six ans contre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran et qui se sont emparés de la plus grande partie du nord du pays, dont la capitale, Sanaa.

En fait, au sein du camp anti-Houthis, de profondes divisions avaient éclaté ces dernières années entre les partisans du gouvernement et les séparatistes.

L'Arabie saoudite, qui dirige depuis 2015 une coalition militaire contre les rebelles houthis, a négocié un accord pour le partage du pouvoir dans le Sud afin de resserrer les rangs et tentait depuis plus d'un an de former un nouveau gouvernement d'union.

Acte terroriste lâche

Sur Twitter, le ministre de l'Information, Mouammar al-Iryani, a accusé les rebelles houthis d'avoir mené l’attaque terroriste.

Le premier ministre Maïn Saïd a également évoqué un acte terroriste lâche, sans accuser nommément les Houthis. Cela ne fera qu'augmenter notre détermination à remplir notre devoir, a-t-il tweeté.

Les rebelles houthis, mais aussi les groupes djihadistes Al-Qaïda et État islamique, ont par le passé mené des attaques visant le gouvernement yéménite et ses partisans.

L'émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths, a condamné un acte de violence inacceptable qui a tué et blessé plusieurs civils innocents. Cela est un rappel tragique de l'importance de remettre d'urgence le Yémen sur la voie de la paix, a-t-il souligné sur Twitter.

Pour Michael Aron, l'ambassadeur britannique au Yémen, il s'agit d'une tentative méprisable de provoquer un carnage, le chaos et la souffrance alors que les Yéménites avaient choisi d'aller de l'avant ensemble.

La guerre au Yémen a plongé ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, avec une population au bord de la famine et menacée par les épidémies.

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