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Le Service intégré aux Premières Nations de Maniwaki, une réussite selon les intervenants

Un panneau sur lequel sont inscrites des directions pour les services.

Les services de santé Anishnabe Peedigehn, à l'Hôpital de Maniwaki, s'adressent à la communauté autochtone (archives).

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Radio-Canada

L'Hôpital de Maniwaki offre depuis l'automne 2018 des services personnalisés et respectueux par le biais de son Service intégré aux Premières Nations, créé en juillet 2016. L'unité offre des services sociaux et de santé adaptés aux réalités et aux coutumes des communautés autochtones.

Derrière ses portes, la médecine traditionnelle côtoie la médecine dite moderne. Des services d'accompagnement allant de la traduction à la recherche de logement y sont aussi proposés.

Le projet est une réussite, selon plusieurs intervenants, qui constatent qu’il a contribué à réconcilier les communautés avec le système de santé.

À Maniwaki, la mort de Joyce Echaquan hante encore les esprits, en particulier dans les communautés autochtones.

Ça nous a tous affectés, parce que nous avons tous souffert à un certain point du racisme systémique. Et la plupart du temps, c'est à cause de la barrière de la langue, note Charlotte Commanda du Centre d'amitié autochtone de Maniwaki.

Dans cette ville francophone, les services dans une autre langue que celle de Molière sont rares. Avant l'arrivée du service, les membres des Premières Nations qui y déménageaient n’avaient pas accès à beaucoup de services puisqu’ils parlaient majoritairement anglais ou anishnabe.

Un service qui change la donne

Ouvert en 2016, mais déménagé l'an dernier à Maniwaki, le Service intégré aux Premières Nations a considérablement changé la donne.

Originaire de Kitigan Zibi, Monique Chabot est l’une des trois intervenantes du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais issues des Premières Nations.

Monique Chabot en entrevue à l'extérieur d'un bâtiment de briques rouges.

Monique Chabot est intervenante sociale pour le Service intégré aux Premières Nations à Maniwaki.

Photo : Radio-Canada

Elle offre de l'accompagnement et joue aussi le rôle d'interprète auprès des gens des communautés. Souvent, les gens arrivent ici, ils n'ont pas de points de repère, de personnes-ressources, explique-t-elle. Nous autres, on offre ces ressources-là.

Ça a apporté beaucoup plus de confiance dans le système.

Monique Chabot, intervenante au Service intégré des Premières Nations

Monique Chabot souligne que les Premières Nations font preuve de beaucoup de méfiance envers le système de santé. Un service comme celui offert à Maniwaki aide à sécuriser plus les gens, fait-elle valoir en entrevue.

Des gens de Kitigan Zibi et de lac Barrière y sont suivis. Mais il y a aussi la communauté que j'appelle la communauté invisible, lance Mme Chabot. Ce sont les autres gens, des Premières Nations d’autres provinces, même des États-Unis.

Ces services sont d'autant plus importants pour ceux-ci puisqu'ils arrivent sans aucun repère et sans personne sur qui compter. L'intervenante souligne que c'est parce qu'ils se reconnaissent dans le service qu'ils osent en franchir les portes.

Avoir des employés autochtones les rassure parce qu’automatiquement, ils se sentent moins jugés, croit Charlotte Commanda qui collabore étroitement avec le service anishnabe de l'Hôpital de Maniwaki. La relation fonctionne bien, la collaboration fonctionne très bien, constate-t-elle.

Un premier jalon

Malgré cette réussite, il reste du travail à faire dans les autres établissements de soins de l’Outaouais, mais aussi du Québec.

Nous devons parfois aller nous faire soigner aux hôpitaux de Hull, de Gatineau ou même de Montréal, soutient le chef de la communauté de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck. Il y a beaucoup de racisme systémique à ces endroits, selon ce qu’on m’a confié, déplore-t-il.

Même si tous s'entendent pour dire qu'il s'agit d'un premier pas dans la bonne direction, plusieurs autres services semblables devront suivre pour répondre aux besoins.

Avec les informations d'Alexandra Angers, de Christian Millette et de Nafi Alibert

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