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Que faire avec les Canadiens qui reviennent de voyage?

Une femme porte un masque sur la plage.

Les touristes canadiens qui reviennent de voyage inquiètent les autorités sanitaires.

Photo : getty images/istockphoto / Feverpitched

Les voyageurs qui reviennent au Canada sèment l’inquiétude parmi plusieurs gouvernements au pays, mais les avis divergent sur la meilleure manière de gérer ces personnes qui pourraient représenter un risque de propagation de la COVID-19.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement fédéral demande aux voyageurs de se placer en quarantaine durant 14 jours après un retour au Canada.

Doug Ford, quant à lui, réclame depuis plusieurs semaines des tests de dépistage rapides aux aéroports en Ontario, affirmant que les voyageurs qui arrivent de l’étranger représentent un risque de propagation de la COVID-19.

Le premier ministre du Québec, François Legault, demande aussi de resserrer le contrôle des quarantaines des voyageurs.

Doug Ford retire son masque lors d'un point de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford (archives).

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Le gouvernement fédéral a annoncé mercredi que les Canadiens qui reviennent de voyage devront passer un test de dépistage de la COVID-19 trois jours ou moins avant leur retour au pays.

Une fois revenus, il leur faudra tout de même se plier à une quarantaine de 14 jours.

Ottawa élabore aussi un système de dépistage rapide en collaboration avec l’aéroport de Calgary.

Ce projet pilote fait l’envie du gouvernement Ford, qui insiste auprès du gouvernement canadien pour que l’aéroport Pearson, à Toronto, puisse en bénéficier.

Selon Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, les tests en arrivant au pays ne remplacent pas une quarantaine.

C’est une mesure parmi d’autres mesures, mais la quarantaine est la seule mesure fiable, puisque la COVID-19 a une période d’incubation entre 7 et 14 jours, explique-t-elle.

Elle ajoute qu'un résultat de test négatif n’équivaut pas toujours à une personne non infectée.

La quarantaine de sept jours comme compromis?

Le docteur Zain Chagla, médecin en santé publique au district sanitaire de Hamilton et professeur à l’Université McMaster, affirme que les pays doivent adopter des stratégies qui sont durables à long terme pour permettre de voyager.

Selon lui, la meilleure manière de procéder serait d’imposer une quarantaine de sept jours suivie d’un test de dépistage, car, selon les données les plus récentes, ce délai serait suffisant pour dépister la grande majorité des cas.

Zain Chagla est assis à son bureau et sourit.

Zain Chagla propose un isolement de sept jours suivi d'un test de dépistage, puisque, selon lui, la presque totalité des infections se manifestent au cours de sept premiers jours de quarantaine.

Photo : CBC/Radio-Canada / Craig Chivers

Les données qu’on voit à Hamilton nous permettent de dire qu’à la fin de sept jours de confinement, la presque totalité des personnes infectées reçoivent un résultat positif, explique-t-il.

Le médecin estime qu’en faisant passer un test à la fin de sept jours de quarantaine, il serait plus facile psychologiquement pour les voyageurs d’être moins tentés de rompre celle-ci.

« En imposant cette période de 7 jours, durant laquelle on doit rester à la maison, je crois que les gens vont mieux réagir, et qu’il est mieux qu’une quarantaine de 7 jours soit bien faite plutôt qu’une quarantaine de 14 soit mal faite. »

— Une citation de  Zain Chagla, médecin en santé publique au district sanitaire de Hamilton

Selon lui, le nouveau variant du coronavirus en provenance du Royaume-Uni montre que le modèle actuel de quarantaine ne fonctionne pas.

Si la quarantaine fonctionnait, nous n’aurions pas de cas de transmission du nouveau variant du coronavirus, affirme-t-il.

Il ajoute que, même si cette stratégie n'est pas sans risque, il est temps de trouver une stratégie à long terme en attendant la vaccination de la majeure partie de la population.

Comment améliorer la quarantaine?

Au Canada, l’autorité principale de gestion des quarantaines auprès des personnes qui reviennent de voyage est l’Agence de santé publique du Canada (ASPC).

Selon un courriel reçu de la part de l’Agence de la santé publique du Canada, les voyageurs doivent fournir leurs informations de contacts lors de leur isolement pendant 14 jours, qu’ils aient des symptômes d’infection à la COVID-19 ou non.

Les voyageurs doivent également fournir un plan de quarantaine aux autorités.

Quelqu'un pose un thermomètre près du front d'un homme qui s'apprête à assister à un match de soccer le 23 mai 2020 à Paderborn, en Allemagne.

Les voyageurs sont aussi questionnés sur leur état de santé lors de leur arrivée au Canada.

Photo : Reuters / Friso Gentsch

De plus, l’ASPC affirme que les voyageurs sont questionnés sur leur état de santé lors de leur arrivée au pays.

L’Agence mentionne que le gouvernement du Canada effectue plus de 3500 appels directs chaque jour pour s’assurer que les individus respectent leur quarantaine obligatoire.

Les personnes en quarantaine sont aussi tenues de rendre compte de leur état de santé lors de leur période d’isolement.

En Ontario, la police a observé des manquements aux consignes de quarantaine.

La Police provinciale de l’Ontario a ainsi distribué 31 amendes depuis le mois de mars pour avoir violé un ordre de quarantaine lié à la COVID-19.

Une autopatrouille de la Police provinciale de l'Ontario.

La police provinciale de l'Ontario a distribué 14 constats d'infraction pour non-respect de quarantaine depuis le début de la pandémie.

Photo : CBC/Paula Duhatschek

Du côté du Service de police de Toronto, on recense 14 infractions liées au non-respect de quarantaine et 4654 vérifications pour le compte de Santé Canada.

Valérie Sales, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital Markham-Stouffville, suggère que les voyageurs puissent recevoir plus d’informations sur les différents paramètres de la quarantaine pendant leur vol de retour.

Elle propose une vidéo ou une brochure pour leur permettre d'en savoir plus sur les activités qui sont permises ou interdites, ainsi que sur les façons de subvenir à leurs besoins pendant leur période d’isolement.

Barbara Yaffe, médecin-hygiéniste adjointe de l'Ontario, a affirmé mardi que le succès de la quarantaine dépendait presque entièrement de la volonté de la personne à suivre celle-ci.

Comment d’autres pays gèrent-ils les voyageurs?

Si la frontière canadienne est en ce moment complètement fermée aux visiteurs non essentiels, que ceux-ci arrivent de la frontière terrestre avec les États-Unis ou d’ailleurs, certains pays gèrent leurs frontières différemment.

En France, les personnes en provenance de plusieurs pays figurant sur une liste n’ont pas besoin de se plier à des restrictions liées à la COVID-19.

Un Airbus d'Alitalia décolle et passe devant une tour de contrôle.

Les voyageurs qui arrivent en France doivent avoir reçu un test de dépistage de la COVID-19 trois jours ou moins avant leur arrivée au pays.

Photo : Getty Images / PASCAL PAVANI

Sur le site Internet de la santé publique de l’Hexagone, on peut lire que les pays de l’Union européenne et d’autres comme l’Islande et le Japon font partie des endroits où il est possible de se déplacer sans restrictions.

En ce qui concerne les autres pays, la France a mis en place une série de restrictions, notamment l’interdiction de s’y rendre sans raison valable.

De plus, pour éviter de se voir placé en quarantaine, le gouvernement français recommande un test PCR négatif effectué au cours des 72 heures avant l’arrivée.

Le pays n’impose pas de quarantaine obligatoire aux personnes qui arrivent, mais demande de se soumettre aux ordres de confinement national, donc aux consignes de santé publique en cours.

La France a recensé 11 395 nouvelles infections au coronavirus mardi, et plus de 20 000 nouveaux diagnostics positifs le 24 décembre.

Du côté de l’Australie, les frontières sont beaucoup plus étanches : aucun voyageur n’est autorisé à entrer au pays sans restrictions, à moins d'être originaire de la Nouvelle-Zélande ou d'y avoir passé 14 jours consécutifs.

Une fois rendus en Australie, les voyageurs doivent faire une quarantaine dans leur ville d’arrivée, même si leur destination se trouve ailleurs au pays.

Certaines dérogations spéciales permettent à des cas particuliers d’enfreindre cette directive.

Un homme promène son chien.

L'Australie a imposé des consignes de voyage strictes pour contenir la COVID-19.

Photo : Reuters / Loren Elliott

L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont deux pays qui semblent s'être bien débrouillés pour maîtriser le virus.

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