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Lancer son laboratoire de recherche en pleine pandémie

Mariana Baz préparait depuis 4 ans l'installation d'un laboratoire de confinement de niveau 3 à Québec.

Mariana Baz porte un masque et examine des plaques contenant des virus de la grippe H1N1.

La chercheuse Mariana Baz dans les laboratoires du Centre de recherche de microbiologie-infectiologie et d'immunologie du CHU de Québec-Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Érik Chouinard

La pandémie a bouleversé le monde de la recherche scientifique. Du jour au lendemain, les yeux se sont rivés vers les chercheurs en infectiologie, virologie, immunologie, etc. Certains ont dû réorienter leurs travaux afin de jeter de la lumière sur la COVID-19. À Québec, plusieurs professeurs et chercheurs contribuent à cette science encore émergente. Quatre d’entre eux ont accepté de nous ouvrir les portes de leurs laboratoires. Aujourd’hui : Mariana Baz.

Pour réaliser les expériences avec des coronavirus vivants, il faut avoir accès à un laboratoire de confinement de niveau 3. Et, fruit du hasard, le premier et le seul laboratoire de ce genre dans la région a ouvert ses portes en mars de cette année au Centre de recherche du CHUL.

La porte sécurisée pour entrer dans le laboratoire de confinement de niveau 3.

Depuis qu'il est en fonction, il n'est pas possible d'entrer à l'intérieur du laboratoire de confinement de niveau 3 sans les équipements et les formations requises.

Photo : Radio-Canada

Son ouverture a, en grande partie, été permise à cause d’une ancienne doctorante de Guy Boivin, Mariana Baz, qui est depuis le mois d’avril professeure associée à l’Université Laval. Elle préparait son installation depuis quatre ans avec des architectes et des ingénieurs.

J’ai fait un postdoctorat aux États-Unis au National Institute of Health. J’ai passé cinq ans là-bas où j’ai aussi appris à travailler avec des virus hautement pathogéniques comme la grippe aviaire qui nécessitent des laboratoires de confinement de niveau 3, précise la nouvelle professeure.

Une employée d'un laboratoire de recherche à Québec manipule une éprouvette. Elle porte une combinaison spéciale.

Le CHU de Québec a permis aux médias de visiter le laboratoire de confinement de niveau 3 en janvier avant qu'il soit utilisé pour la recherche.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Ainsi, quand la pandémie est arrivée, elle commençait tout juste sa carrière de chercheuse indépendante. Au début, j’étais en congé de maternité, alors j’ai coupé mon congé pour venir ici, souligne-t-elle.

Depuis, le travail ne manque pas. Avec différents collaborateurs provenant du Canada, d’Australie et de son pays d’origine, l’Uruguay, elle accumule maintenant les subventions. En sept mois, j’ai eu sept subventions qui totalisent presque 4 millions de dollars et une bonne partie va pour mon laboratoire. Je n’aurais pas pu commencer ma carrière mieux que ça, se réjouit Mariana Baz.

Portrait de Mariana Baz

La chercheuse Mariana Baz

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

La majorité de ce financement va pour le développement d’antiviraux; elle est d’ailleurs l’une des collaboratrices de Guy Boivin sur le projet qui a mené à la découverte des deux molécules prometteuses en processus de demande de brevet.

Il y a une panoplie de chercheurs, des immunologistes, des virologistes et d’autres gens qui travaillaient sur d’autres sujets similaires qui se sont mis à travailler sur le coronavirus. On a besoin de tout le monde pour mettre fin à ce cauchemar.

Une citation de :Mariana Baz, chercheuse indépendante et professeure associée à l'Université Laval

La professeure a aussi d’autres projets pour évaluer la prévalence des anticorps contre SARS-CoV-2 dans certaines tranches de la population, notamment parmi les travailleurs de la santé en Uruguay. À partir de la mesure des anticorps, on va pouvoir savoir ou pas si la personne a été en contact avec le coronavirus pandémique. On va aussi suivre les personnes à différents moments pour voir comment l’immunité évolue, soutient-elle.

La chercheuse tient dans ses mains une plaque munie de six compartiments ronds contenant une substance mauve.

Mariana Baz examine des plaques contenant des virus de la grippe H1N1. Les pandémies ont en quelque sorte marqué le parcours de la chercheuse. En 2009, lors de la pandémie de la grippe H1N1, elle était entrain de finir son doctorat.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Comme la COVID-19 est plus dangereuse chez les personnes immunodéprimées, âgées et obèses, la pandémie a aussi confirmé son intérêt pour la recherche concernant les groupes plus à risque, souvent moins bien représentés dans les travaux scientifiques.

Le monde est surtout concentré sur les modèles d’animaux standards, parce que les modèles représentant des groupes plus à risque coûtent plus cher et que ça prend beaucoup plus de mise au point, mais ça ne me dérange pas, c’est un autre défi, relativise-t-elle.

Une fois que la poussière sera retombée, elle espère aussi pouvoir recommencer ses recherches sur l’influenza, qui demeure tout de même un sujet important à surveiller pour les prochaines pandémies. Jusqu’à maintenant, les dernières grandes épidémies avaient été causées par l’influenza, donc on pensait que la prochaine le serait aussi, mais les virus nous ont fait une surprise, remarque Mariana Baz.


Lundi : Faire pousser le vaccin parmi les papayes avec Denis Leclerc

Hier : Pas que les vaccins pour combattre la COVID avec Guy Boivin

Demain : Élucider la transmission aérienne avec Caroline Duchaine

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