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Mort d'un détenu de la COVID-19 : les prisons peuvent-elles faire face?

Gros plan sur des portes de prisons.

À Stony Mountain, au Manitoba, 316 infections ont été recensées chez les détenus et 33 chez le personnel en date du 24 décembre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Lundi, Service correctionnel Canada (SCC) annonçait le décès d’un prisonnier du pénitencier de Stony Mountain des suites de la COVID-19. C’est la première victime du virus dans une prison au Manitoba et le troisième détenu purgeant une peine fédérale au pays. Une association estime que les centres correctionnels du Canada n’ont pas assez été préparés pour gérer les éclosions de la COVID-19.

Le Manitoba compte neuf éclosions dans ses établissements correctionnels. Au total, 834 personnes ont été infectées dont 144 employés.

Mais c’est à Stony Mountain que la situation est la plus grave.

L’établissement a déclaré son premier cas le 10 novembre et le début d’une éclosion quatre jours plus tard. Depuis, 316 infections ont été recensées chez les détenus et 33 chez le personnel en date du 24 décembre.

Il s’agit là de la plus importante éclosion de COVID-19 recensée dans un centre correctionnel au Canada.

Une éclosion « pas surprenante »

Justin Kelsch, agent correctionnel à la prison de Stony Mountain et chef de la section locale du Syndicat des agents correctionnels du Canada (SACC), admet que le nombre de cas est élevé. Il souligne toutefois que Stony Mountain est aussi le plus grand établissement correctionnel fédéral au pays avec 744 détenus et environ 285 agents.

L’âge et la configuration de l’infrastructure ont aussi joué un rôle dans la gravité de l’éclosion, selon lui. La prison de Stony Mountain est vieille de plus de 140 ans, et contrairement aux nouveaux établissements où une porte avec une fenêtre sépare les détenus des couloirs, Stony Mountain n’a que des barreaux de prison.

Nous avons été bons pendant longtemps, explique-t-il. Le Manitoba était en code rouge et nous n’avions pas de cas confirmés à l’intérieur de la prison. Mais, une fois que c’est arrivé, le virus s’est facilement répandu.

Est-il surprenant que les chiffres aient grimpé aussi haut? Je dirais que non, parce que lorsque le virus apparaît, il se propage.

Justin Kelsch, agent correctionnel à la prison de Stony Mountain et chef de la section locale du Syndicat des agents correctionnels du Canada (SACC)

Selon Justin Kelsch, les agents du pénitencier ont vu leur niveau de stress augmenter par crainte de rapporter la maladie chez eux. Par ailleurs, ils travaillent également plus pour compenser l’absence de leurs collègues devant s’isoler.

SCC dit surveiller de près la situation dans la prison manitobaine et ajoute que des mesures de prévention des infections, comme des masques obligatoires pour les détenus et le personnel et le dépistage de toute personne qui entre dans l’établissement, sont appliquées.

Pas assez de préparation

Catherine Latimer, directrice générale de la Société John Howard, un organisme qui offre divers services aux détenus et qui les aide à se réinsérer dans la société une fois qu'ils ont purgé leur peine, pense que les responsables des prisons fédérales ne sont pas assez préparés pour gérer des éclosions de la COVID-19.

Je pense que c’est une véritable honte. Des mesures auraient pu être prises pour atténuer l’impact de la pandémie dans les prisons et elles n’ont tout simplement pas été prises.

Catherine Latimer, directrice générale de la Société John Howard

Pour elle, les établissements auraient pu mieux se préparer en prenant plusieurs actions.

Catherine Latimer donne comme exemple ce qui se fait en Grande-Bretagne et dans d’autres pays d’Europe. On y utilise notamment des caravanes comme espaces d’isolement pour les détenus déclarés positifs, afin de les écarter des détenus en bonne santé. Une autre option consiste à libérer les détenus à risque sur le plan médical, mais à faible risque pour la société, dans le but de réduire la surpopulation carcérale.

Par courriel, SCC affirme continuer à traiter les détenus admissibles à la remise en liberté conformément à la loi tout en ajoutant qu’un certain nombre de facteurs sont pris en compte dans ce processus, la sécurité du public étant le plus important.

Avec les informations de Nicholas Frew et Cameron MacLean

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