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Aucune donnée liée à la COVID-19 depuis le 24 décembre en Colombie-Britannique

La médecin hygiéniste en chef, Dre Bonnie Henry (à gauche), et le ministre de la Santé, Adrian Dix (à droite), lors qu'un point de presse.

La médecin hygiéniste en chef, la Dre Bonnie Henry, et le ministre de la Santé, Adrian Dix, ne se sont pas adressés aux médias depuis des jours.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Colombie-Britannique n’a fourni aucune mise à jour des cas de la COVID-19 sur son territoire depuis le 24 décembre, un manque de transparence difficile à justifier, déplorent des experts.

Je me l’explique mal, admet le directeur médical du Centre des maladies infectieuses de Vancouver, le Dr Brian Conway.

Au cœur d’une période dynamique dans la pandémie, avec un temps des Fêtes jumelé à l’apparition en sol canadien du variant de la COVID-19 en provenance du Royaume-Unis, la province a intérêt à considérer une stratégie plus transparente, fait-il valoir.

Bien que la province ait annoncé l'apparition du variant dans un communiqué au cours du week-end, aucune mise à jour de l'ensemble des données n'a eu lieu depuis la veille de Noël.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Engager la population

L’importance de rendre l’information publique en temps réel a de multiples raisons, explique le Dr Conway. La première utilité de cette pratique est de garder les gens engagés dans la lutte à la propagation de la maladie.

« On parle d’un désengagement et d’une fatigue de la population. Ça n’aide absolument pas quand on n’entend pas les autorités sanitaires pendant quatre jours. »

— Une citation de  Dr Brian Conway, infectiologue

Ce sentiment est aussi celui de Jens von Bergmann, le fondateur de MountainMath, une société d'analyse de données de Vancouver.

Ça laisse le public dans le noir sur l'état des transmissions et les mesures de santé publique sont futiles sans l'adhésion du public, note-t-il. C’est évidemment problématique.

Savoir pour mieux réagir

C’est le système qui doit être mieux adapté, croit l'épidémiologiste et titulaire de la Chaire de recherche Canada 150 en modélisation mathématique Caroline Colijn, de l'Université Simon Fraser (SFU). De cette manière, on peut réagir plus rapidement et efficacement.

Un autre objectif de la publication rapide des données est d'offrir à tous les outils dont ils ont besoin pour prendre les décisions appropriées, explique-t-elle.

Avec des données en temps réel, ce n’est pas seulement les individus qui sont en mesure de prendre des décisions éclairées, mais également les employeurs, les commissions scolaires, les entreprises, avance-t-elle.

La Colombie-Britannique a adopté une approche prudente en matière de confidentialité, ce qui explique parfois son manque de transparence, remarque Mme Colijn. Or, la province serait bien avisée d'engager la population dans une conversation sur les avantages de la publication des données, croit-elle.

« Nous voulons que les informations proviennent des sources officielles et ne soient pas reléguées aux médias sociaux, comme c'est parfois le cas actuellement. »

— Une citation de  Caroline Colijn, épidémiologiste à Université Simon Fraser
La médecin hygiéniste en chef de la C.-B., Bonnie Henry.

Retarder la diffusion de ces informations est contre-productif, croit Jens von Bergmann.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Silence pendant quatre jours

Jens von Bergmann se demande s'il n’y a pas, derrière l’absence de données, une impression un peu paternaliste que le public n’a pas besoin de savoir, tant que la santé publique vérifie les données. Il va jusqu'à se demander si la santé publique y prête elle-même une attention particulière.

Le même problème revient toutes les semaines, puisque la Colombie-Britannique est la seule des grandes provinces à ne pas encore déclarer ses données les week-ends, observe le doctorant en mathématiques.

Lundi, au moment où la province était plongée dans un mutisme, le Québec enregistrait une hausse considérable des hospitalisations. De son côté, l'Alberta annonçait un premier cas du variant de la COVID-19 et déplorait un millième mort.

Questionné à savoir pourquoi la Colombie-Britannique avait fait le choix de ne pas offrir d'information pendant une aussi longue période, le ministère de la Santé a offert peu de réponses.

Une porte-parole s’est contentée de rappeler que le ministre de la Santé, Adrian Dix, serait accompagné de la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry, mardi après-midi, pour une mise à jour qui inclura le Jour de Noël, le week-end et le Boxing Day.

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