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Il n'y a pas que les vaccins pour combattre la COVID

Les recherches de l'équipe de Guy Boivin ont mené à la découverte de deux molécules prometteuses.

Une technicienne de laboratoire transfert à l'aide d'une longue pipette du milieu de culture d'un contenant à un autre.

Pour tester l'action des traitements potentiels, il faut avoir des virus vivants à sa disposition. Dans ce cas-ci, le liquide rouge est un milieu de culture pour un virus de l'influenza.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Érik Chouinard

La pandémie a bouleversé le monde de la recherche scientifique. Du jour au lendemain, les yeux se sont rivés vers les chercheurs en infectiologie, virologie, immunologie, etc. Plusieurs d’entre eux ont dû réorienter leurs travaux afin de jeter de la lumière sur la COVID-19. À Québec, plusieurs professeurs et chercheurs contribuent à cette science encore émergente. Quatre d’entre eux ont accepté de nous ouvrir les portes de leurs laboratoires. Aujourd’hui : Guy Boivin.

La lutte contre la COVID ne se fait pas que par les vaccins. Il y a aussi beaucoup de recherches qui se font pour trouver des traitements et ainsi rendre la maladie moins mortelle. Guy Boivin, un chercheur en infectiologie du Centre de recherche du CHU de Québec et professeur de l’Université Laval, s’intéresse justement à ce volet.

Même s’il y a un vaccin, il va toujours rester des personnes qui ne répondront pas bien au vaccin et qui sont immunosupprimées puisque leur système immunitaire n'est pas aussi compétent que la majorité des gens, indique le chercheur.

Portrait de Guy Boivin pendant qu'il travaille sur son ordinateur.

Le professeur Guy Boivin

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Qui plus est, on ne sait toujours pas combien de temps durera la protection et c’est sans compter la possibilité que le virus mute de façon à ce qu’un vaccin ne soit plus efficace. Devant ces faits, il vaut mieux se protéger du plus de façons possible, selon Guy Boivin.

Dans les derniers mois, ses collègues et lui ont entre autres trouvé deux molécules prometteuses qui semblent inhiber le virus SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19, ce qui en fait des pistes intéressantes de traitements.

Elles semblent être aussi actives que le Remdesivir qui est le seul antiviral approuvé pour l’instant pour le traitement de la COVID-19, indique le professeur.

Le 20 novembre, l'OMS a émis une recommandation (Nouvelle fenêtre) contre l'usage du Remdesivir pour traiter la COVID-19. Au Canada, il est tout de même toujours autorisé et disponible (Nouvelle fenêtre) comme traitement pour les patients souffrant sévèrement de la maladie.

Personne n'est présent devant ce comptoir du laboratoire rempli de matériel.

Au printemps, les seules personnes qui pouvaient venir dans le centre de recherche étaient des chercheurs qui travaillaient sur la COVID-19, tous les autres devaient rester chez eux. Encore maintenant, le télétravail est encouragé lorsque possible.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Une fois qu’on a identifié des molécules, on les teste en présence du virus. On regarde si le virus se réplique aussi bien ou pas en présence de concentrations croissantes de l’antiviral. Plus la concentration nécessaire est basse, meilleure est l’activité.

Une citation de :Guy Boivin, chercheur en infectiologie du Centre de recherche du CHU de Québec et professeur de l’Université Laval

Les informations concernant ces deux molécules ne sont pas encore publiques puisqu’elles font actuellement l’objet d’une demande de brevet avec l’Université Laval.

Pour les trouver, la première étape a été de faire une présélection des candidats les plus susceptibles d’être efficaces à l’aide d’outils informatiques. On a fait de la modélisation 3D de certaines des protéines du virus pour identifier leur site actif et on vient faire par la suite ce qu’on appelle du docking. C’est-à-dire qu’on essaie différentes molécules qui vont venir s’insérer dans la partie active du virus et ainsi bloquer son activité, explique Guy Boivin.

Une technicienne travaille sous la hotte d'un laboratoire de niveau de confinement 2.

Les laboratoires de niveau de confinement 2 permettent de faire des expériences avec les virus vivants de la grippe saisonnière, mais les travaux impliquant le SARS-CoV-2 nécessitent un laboratoire d'un niveau de confinement supplémentaire.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Les tests in vitro ont donné des résultats satisfaisants. Guy Boivin espère donc pouvoir commencer à tester les deux molécules chez des animaux d’ici quelques semaines.


Hier : Faire pousser le vaccin parmi les papayes avec Denis Leclerc

Demain : Mariana Baz a inauguré son laboratoire en pleine pandémie

Jeudi : Élucider la transmission aérienne avec Caroline Duchaine

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