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Qu'est-ce qu'un « bien essentiel »? Confusion et frustration chez les consommateurs

Un employé de quincaillerie aide un homme à mettre une boîte dans le coffre de sa voiture dans un stationnement.

Un homme achète des biens considérés comme essentiels, le 28 décembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Laurianne Croteau

Les nouvelles mesures sanitaires imposées par le gouvernement du Québec pour le temps des Fêtes sèment la confusion chez les commerçants, qui doivent eux-mêmes déterminer ce qui est considéré comme un produit essentiel.

Tous les commerces non essentiels sont fermés depuis le 25 décembre, et ce, jusqu'au 10 janvier. Parmi ceux qui peuvent rester ouverts, seuls les biens essentiels sont autorisés à la vente pour permettre une équité avec les petits commerces québécois, expliquait le premier ministre François Legault le 15 décembre.

Puisque Québec n'a pas offert de liste officielle, les articles accessibles peuvent être bien différents d’un commerce à un autre.

Certaines orientations ont toutefois été données. Les jouets, les vêtements, les livres, les appareils électroniques, les articles de décoration, les articles de cuisine, les électroménagers, les meubles et autres ne peuvent être vendus ni sur place ni pour ramassage en bordure du magasin.

Devant la difficulté à établir une liste complète et satisfaisante et voyant les difficultés rencontrées dans d’autres juridictions, il a plutôt été décidé de proposer des critères et de fixer des balises pour laisser une marge de manœuvre aux commerçants, a expliqué le ministère québécois de l'Économie et de l'Innovation par courriel.

Commerces autorisés à être ouverts du 25 décembre au 10 janvier

  • Épiceries et autres commerces d’alimentation

  • Pharmacies (seulement pour les produits essentiels à la vie courante)

  • Quincailleries (seulement pour les produits requis pour effectuer de l’entretien extérieur, des réparations ou de la construction)

  • Stations-service

  • Commerces d’aliments et de fournitures pour les animaux

  • Commerces d’équipements de travail (sécurité et protection)

  • Commerces de produits, pièces et autre matériel nécessaires aux services de transport et de logistique ainsi qu’à la réparation ou à l’entretien d’un véhicule, incluant les centres de réparation et d’entretien de véhicules, mais excluant la vente de véhicules

Le gouvernement a jugé qu’il était préférable d’avoir certaines divergences d’interprétation sur le caractère essentiel de certains produits entre les commerces que de fournir une liste incomplète qui aurait dû être établie et adoptée par l’ensemble des commerçants autorisés à maintenir leurs activités.

Des commerçants espèrent tout de même obtenir davantage de précisions dans les jours à venir pour uniformiser l’offre.

On a reçu plusieurs plaintes de différentes bannières qui disent : écoutez, il faut envoyer de nouvelles consignes, car les marchands qui suivent le mot d'ordre font face à des frustrations de la part des clients, dénonce Richard Darveau, président de l'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction.

Il est toujours possible de faire des achats non essentiels en ligne, rappelle le ministère, à condition que les produits soient livrés chez les consommateurs.

Des consommateurs frustrés

Les consommateurs ne s'entendent pas non plus sur la définition d’un bien essentiel. Les témoignages d'incompréhension abondent sur les réseaux sociaux depuis samedi.

C’est le cas d’une mère d’un bébé de deux mois de Saint-Léonard, à Montréal. Elle a voulu se procurer des compresses d'allaitement au Walmart de son quartier, mais on l’en a empêché.

Comment est-ce qu’on peut décider que des pads d'allaitement et tous les produits qui servent à l'allaitement sont retirés de la vente, alors qu’on peut acheter des paquets de chips? Moi, je me suis sentie attaquée, menacée personnellement par rapport à mon rôle de mère.

Chloé Maurice

Elle juge d’ailleurs que le gérant s'est montré trop dur avec elle. Il m’a dit : je ne veux pas en vendre parce que c'est 25 000 dollars d'amende. Puis vous risquez de faire fermer tout mon magasin. Les gens n'auront plus de travail.

Des inspections sont effectivement prévues dans les commerces au cours des prochains jours pour s'assurer que seuls les biens essentiels sont vendus. Les policiers de la province ont aussi le mandat d'appliquer le décret sanitaire et ont depuis peu le pouvoir de donner des constats d'infraction sur-le-champ.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Confusion sur la définition des biens essentiels

Fouillis à la frontière du Québec et de l’Ontario

Du côté de l'Ontario, malgré le confinement, les magasins à grande surface peuvent continuer à vendre ce qui se trouve dans leur inventaire. Les commerçants locaux craignent que des résidents de Gatineau traversent la rivière pour aller faire leurs emplettes.

Les deux régions ne subissent pas les mêmes contraintes, donc c’est difficile pour les gens d'affaires, avoue Jean-François Belleau, directeur des relations gouvernementales du Conseil canadien du commerce de détail.

Les commerces québécois devront suivre ces nouvelles règles au moins jusqu'au 11 janvier, tandis que la période de confinement de l’Ontario doit se terminer le 23 janvier.

Avec les informations de Jean-François Poudrier et de Mariève Bégin

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