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Brexit : les pêcheurs britanniques reprochent à Johnson d'avoir capitulé

L'accord octroie aux bateaux européens un accès important aux eaux britanniques pendant cinq ans et demi.

Des pêcheurs transportent leurs casiers de homards.

Des pêcheurs nettoient leurs casiers à homard alors qu'ils se préparent pour leur prochain voyage en mer, au port de pêche de Bridlington, dans le nord-est du Royaume-Uni.

Photo : AFP / OLI SCARFF

Reuters

Les pêcheurs britanniques ont reproché samedi au premier ministre Boris Johnson d'avoir vendu au rabais les ressources halieutiques à l'Union européenne (UE) dans le cadre d'un accord post-Brexit qui octroie aux bateaux européens un accès important aux eaux britanniques, une critique formulée aussi par certains politiciens.

Le Royaume-Uni va quitter de manière effective le bloc communautaire et les politiques communes de l’UE le 31 décembre. Mais l'accord commercial post-Brexit conclu jeudi prévoit que les normes actuelles sur la pêche resteront pour la plupart en vigueur pendant cinq ans et demi.

Une fois cette période achevée, des consultations seront menées annuellement pour ajuster les niveaux et conditions d'accès de l'UE aux eaux britanniques. L'enjeu de la pêche était le principal point d'achoppement des négociations ces dernières semaines.

Une défaite pour l’industrie de la pêche

Les deux camps se sont entendus sur une période de transition raisonnable pour l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, selon Boris Johnson.

Mais la Fédération nationale des organisations de pêcheurs a déclaré samedi que l'industrie de la pêche avait été sacrifiée par Boris Johnson. Au bout du compte, le premier ministre a pris la décision et a cédé sur la pêche, en dépit de la rhétorique et des garanties, dénonce-t-elle par voie de communiqué.

Il va bien sûr y avoir un exercice de relations publiques de grande ampleur pour décrire l'accord comme une victoire fabuleuse, mais celui-ci sera inévitablement vu par l'industrie de la pêche comme une défaite.

Fédération britannique des organisations de pêcheurs

Le gouvernement britannique a fait valoir que l'accord reflétait la nouvelle position du Royaume-Uni comme État côtier indépendant et souverain et que l'accord revoyait à la hausse la part des pêcheurs britanniques, équivalente à 25 % de la valeur des prises européennes dans les eaux britanniques.

Cela correspond à 146 millions de livres sterling pour la flotte britannique échelonnés sur plus de cinq ans, a dit le gouvernement. Cela met fin à la dépendance de la flotte britannique au mécanisme inéquitable de 'stabilité relative' inscrit dans la politique de pêche commune.

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon a toutefois accusé Boris Johnson d'avoir à nouveau vendu la pêche écossaise. Des promesses qu'ils savaient ne pas pouvoir tenir ont été rompues, a-t-elle déclaré.

Si la pêche n'avait pas une grande importance économique dans les négociations entre Londres et Bruxelles – elle représentait à peine 0,003 % de l'économie britannique en 2019 – cette question était considérée par les partisans du Brexit comme un symbole d'une souveraineté retrouvée après la sortie de l'UE.

Un accord de 1246 pages

La Grande-Bretagne a par ailleurs publié samedi le texte de 1246 pages de l'accord, cinq jours avant sa sortie officielle du bloc.

L'accord comprend notamment des dispositions sur l'énergie nucléaire et sur l'échange d'informations classifiées ainsi qu'une série de déclarations communes.

L'Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu jeudi un accord sur leurs futures relations commerciales, plus de quatre ans après le référendum de 2016 lors duquel les Britanniques se sont prononcés en faveur du Brexit.

L'accord permet d'éviter un épilogue chaotique dans le feuilleton tortueux du divorce entre l'UE et le Royaume-Uni, qui a porté un rude coup au projet d'unité européenne né sur les ruines de la Deuxième Guerre mondiale.

Il va permettre de préserver l'accès sans quotas ni droits de douane du Royaume-Uni au marché unique européen, qui compte quelque 450 millions de consommateurs, mais n'empêchera pas des perturbations et des effets économiques indésirables pour le Royaume-Uni ou pour des États membres de l'UE.

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