•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des coups de fil et des petits cadeaux pour briser la solitude des aînés

Jean Labbé et sa conjointe.

Le bénévole Jean Labbé et sa conjointe font la tournée de leurs Grands Amis le jour de la veille de Noël pour leur distribuer leur sac cadeau des Petits Frères.

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Plus de 2000 bénévoles de l’organisme Les Petits Frères sont à pied d'œuvre au Québec pour s’assurer que leurs Grands Amis reçoivent au moins un appel et un cadeau en ce Noël plus solitaire que jamais.

Cette année, pas de grande fête chez Les Petits Frères, qui ont pour mission de briser l’isolement des aînés depuis 60 ans. L’organisme a plutôt choisi de transférer ses activités à domicile en allant porter des cadeaux pour Noël et en appelant fréquemment les aînés.

L’équipe de bénévoles a dû faire preuve de beaucoup de flexibilité ces derniers temps pour continuer à veiller sur leurs 1800 Grandes et Grands Amis, toutes des personnes de plus de 75 ans particulièrement isolées sur le plan social.

Caroline Sauriol.

Caroline Sauriol, directrice générale des Petits Frères, devant le quartier général de l'organisme à Montréal

Photo : Radio-Canada

Chacun des sacs-cadeaux a été préparé pour chacun et chacune des Grands Amis, parce qu’à l’intérieur, il y a des choses que cette personne-là va aimer, explique Caroline Sauriol, directrice générale des Petits Frères. Donc, c’est très individualisé.

Au fond, on devient amis

Jean Labbé, un bénévole de 78 ans, a pour mission de mettre de la lumière dans cette journée quelque peu morose pour ses Grands Amis.

Le temps des Fêtes, c’est souvent une occasion de sortir, de rencontrer des gens, donc là, c’est comme s’ils étaient deux fois plus isolés avec la pandémie.

Jean Labbé

Ces visites, ainsi que les appels hebdomadaires, sont salutaires pour Louise, 76 ans, qui passe son sixième temps des Fêtes complètement seule dans son appartement de Verdun. Elle est très reconnaissante de recevoir les appels de M. Labbé, d’autant qu'elle ne sort plus de chez elle de peur d'être contaminée par la COVID-19.

Un homme offre un sac-cadeau à une aînée dans son portique.

Le bénévole Jean Labbé rend visite à Louise afin de lui souhaiter un joyeux Noël et de lui remettre un sac-cadeau personnalisé rempli de douceurs préparé par l'organisme Les Petits Frères, dont la mission est de contrer l'isolement des aînés.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Quand on vit seul et qu’on n'a plus personne, la solitude, des fois, c’est difficile, avoue Louise. C’est beau faire des choses, écouter la télévision, faire des mots croisés, mais ça reste qu’on ne parle pas, qu'on est toujours seul. Heureusement, monsieur Jean m’appelle une fois par semaine. Ça fait qu’on jase de tout pis on rit. Ça fait du bien.

C’est difficile, mais il faut se parler. Moi, je me parle. Il y a des journées où je crierais, où je pleurerais, mais que voulez-vous? C’est ma vie, je l’accepte comme ça.

Louise

Aussi longtemps que Jean le pourra, il compte continuer à visiter ses Grands Amis. Et quand la pandémie sera terminée, on va pouvoir se rencontrer encore plus facilement.

Écoutez ce reportage de Fannie Bussières McNicoll diffusé à l'émission Désautels le dimanche.

La pandémie, l’occasion de s’engager

Sylvie Caron a orchestré les actions des Petits Frères de son quartier depuis le début de la pandémie. Devant l’impuissance engendrée par la distanciation obligatoire, elle a mis sur pied une nouvelle façon de signifier la présence des bénévoles.

Pour être un peu présent avec eux, on a décidé de leur offrir une petite surprise chaque mois, explique Mme Caron. C’est pour compenser et dire : on est là pis on vous oublie pas.

Sylvie Caron et Sylvain Millette.

Sylvie Caron, coordonnatrice des Petits Frères dans le Plateau Mont-Royal et son conjoint Sylvain Millette, aussi bénévole pour l'organisme.

Photo : Radio-Canada

L’organisme a été propulsé à l’avant-plan ces derniers mois vu l’ampleur des besoins, croit Caroline Sauriol. La vague de générosité qui a déferlé au printemps l’a particulièrement touchée.

Dès le mois d’avril, le téléphone ici sonnait, les gens disaient : est-ce que je peux faire quelque chose, j’ai du temps à donner, est-ce que je peux donner un coup de main?

Caroline Sauriol

L’organisme a d’ailleurs mis sur pied une escouade téléphonique nommée Au bout du fil, qui est maintenant permanente, pour venir en aide à la quantité grandissante d’aînés qui le contactaient.

Des centaines de personnes nous ont appelés et on les a intégrées dans cette chaîne d’appels là, explique la directrice générale. N’importe qui de 75 ans et plus qui se sent seul peut appeler. Les bénévoles qui ont envie de faire des téléphones appellent eux aussi à ce numéro, et nous, on fait un jumelage téléphonique.

Depuis la création de cette chaîne, plus de 500 personnes supplémentaires se sont engagées comme bénévoles et 385 personnes âgées isolées qui n’étaient pas accompagnées par les Petits Frères auparavant ont été jumelées.

D’après un reportage de Fannie Bussières-McNicoll

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !