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Centrafrique : l'Afrique centrale évoque l'envoi de troupes et soutient les élections

Un mitrailleuse est visible devant une affiche dans une rue de Bangui.

Des membres de la mission des Nations unies en Centrafrique passent devant une affiche électorale du président Faustin-Archange Touadéra.

Photo : AFP / ALEXIS HUGUET

Agence France-Presse

Une conférence des chefs d'États d'Afrique centrale a envisagé samedi l'envoi de troupes en Centrafrique en appelant les Centrafricains « à se rendre massivement aux urnes » dimanche et en condamnant la mort de trois Casques bleus burundais.

Réunis en conférence virtuelle, les chefs d'État de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et leurs représentants ont demandé aux 11 États membres qui en ont les capacités d'exprimer leur solidarité envers la République centrafricaine, y compris par l'envoi de troupes armées en vue de l'aider à recouvrer l'intégrité de son territoire.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a évoqué la crise dans son pays lors de cette conférence en présence de ses homologues du Congo-Brazzaville (Denis Sassou-Nguesso, président en exercice), de la République démocratique du Congo (Félix Tshisekedi), du Burundi (Évariste Ndayishimiye) et de la Guinée équatoriale (Teodoro Obiang).

Les présidents des six autres pays membres (Angola, Cameroun, Gabon, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Tchad) se sont fait représenter.

La conférence a demandé la poursuite du processus électoral en cours et appelé le peuple centrafricain à se rendre massivement aux urnes demain 27 décembre, selon un communiqué publié à Brazzaville.

Les chefs d'État ont considéré que ce serait un très mauvais message que l'Afrique enverrait au reste du monde si les armes prenaient le dessus sur les urnes, a commenté auprès de l'AFP le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso.

Les participants ont condamné avec la dernière énergie les violences qui ont coûté la vie à trois soldats burundais de la mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA), selon le communiqué.

La conférence a clairement indiqué que ces violences devraient faire l'objet de poursuites judiciaires. La conférence a demandé la cessation immédiate des hostilités sur l'ensemble du territoire centrafricain et le retrait des rebelles de toutes les lignes de front, selon le texte.

À Bangui, la Cour constitutionnelle a rejeté samedi des demandes de report des élections présidentielle et législatives prévues dimanche en Centrafrique, dont les deux tiers du territoire sont sous le contrôle de groupes armés.

Les plus puissants de ces groupes rebelles sont repartis à l'offensive à l'approche des élections, dont ils exigent le report.

Toutefois, les rebelles sont pour l'heure tenus à distance de Bangui, grâce au renfort ces derniers jours de centaines de paramilitaires russes, de soldats rwandais et de Casques bleus de la MINUSCA.

Les leaders des pays d'Afrique centrale ont une fois encore appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à mettre fin à l'embargo sur les ventes d'armes à la Centrafrique, selon leur communiqué.

L'embargo est une aberration, a estimé le ministre congolais Jean-Claude Gakosso.

Quand le président Touadéra se tourne vers les Russes, c'est parce que certains partenaires traditionnels sont un peu réticents. Mais on le condamne [...] Il faut que les grandes puissances arrêtent d'être égoïstes à ce point. Il faut aider le gouvernement centrafricain à monter une vraie armée, a-t-il insisté.

La conférence a demandé l'ouverture d'un dialogue politique inclusif au lendemain des élections et sous l'égide de la CEEAC, selon le communiqué.

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