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Sommes-nous heureux en dépit de la pandémie?

Une femme qui saute dans la neige.

Selon John Helliwell, le bonheur vient notamment d'un sentiment d'appartenance à la communauté.

Photo : iStock

La pandémie — et surtout le confinement — a permis de créer un rapprochement entre voisins, un effet qui est bénéfique, selon certains chercheurs.

On pourrait penser qu’avec l’effondrement sur le plan économique, sur le plan de la santé, notre incapacité à conserver notre propre cercle social, tout cela engendrerait une grosse baisse, mais nous constatons que le niveau de satisfaction des gens est encore très élevé, explique le professeur en économie à l’Université de la Colombie-Britannique John Helliwell.

Malgré une année difficile sur plusieurs plans, le chercheur et spécialiste du bien-être avance que le rapprochement entre les voisins et les communautés, dans une ville comme Vancouver, explique le bonheur que ressentent les gens.

Nous collectons de nombreuses preuves qui indiquent que le sens de la communauté se construit dans les grandes villes, quartier par quartier. Beaucoup de gens affirment qu'ils connaissent leurs voisins mieux qu'avant et qu'ils sont plus susceptibles de les aider et que cela les rend heureux, illustre-t-il.

Les gens se sentent plus connectés les uns aux autres parce que tout le monde est dans la même situation et ça, c’est vraiment important.

Une citation de :John Helliwell, professeur en économie à l'UBC

Pour appuyer son propos, il évoque les grandes catastrophes comme le tsunami de Fukushima en 2011 ou d'importants tremblements de terre durant lesquels des communautés ont dû s’entraider pour passer au travers de l’épreuve.

L’indice de bonheur, dans ces cas-là, demeurait assez élevé malgré tout.

Ce qui explique tout cela, c’est qu’ils n’avaient pas réalisé avant à quel point leurs voisins pouvaient être amicaux, serviables et généreux, dit l'expert en ajoutant qu’un événement marquant comme ceux-ci, et comme la pandémie, permettent à cette gentillesse et à cette générosité de se manifester.

L’adaptation n’est pas nécessairement synonyme de bonheur

Selon le coprésident de la Coalition des quartiers de Vancouver, Larry Benge, qualifier les Vancouvérois d’heureux relève d’un euphémisme.

J’ai l’impression que c’est un peu trop positif pour qualifier le sentiment général des gens ces jours-ci, affirme-t-il.

S’il admet être heureux d’avoir appris à connaître un peu mieux ses voisins et sa communauté de West Kitsilano au fil des mois qui ont suivi l’arrivée du coronavirus dans la province, il souligne que la situation comporte aussi de mauvais côtés.

Nous sommes tous pareils, nous nous ennuyons de nos proches, de nos amis, de notre cercle social. Nous nous ennuyons de pouvoir sortir en groupe et ça, ce n’est pas du bonheur.

Une citation de :Larry Benge, coprésident de la Coalition des quartiers de Vancouver

Le bonheur, selon lui, sera réel lorsque le vaccin sera administré à la majorité de la population et que le pays aura atteint une forme d’immunité qui permettra à nouveau les rassemblements à grande échelle. Pour le moment, il s’agit plutôt de s’adapter à la situation.

Les gens ne sont pas nécessairement plus heureux. Nous nous ajustons simplement aux conditions que la vie nous présente et nous faisons de notre mieux, conclut-il.

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