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Des experts appellent à vacciner plus amplement au lieu d’attendre la 2e dose

L'infirmière Megan Buehholz administre une dose du vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 à Melissa Vitug.

Les vaccins des laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna sont arrivés au Canada.

Photo : CBC/Evan Mitsui

CBC News

Il y a un consensus croissant sur le fait que l'inoculation des vaccins contre la COVID-19 à autant de personnes que possible peut être plus efficace que de conserver des doses pour injecter les premiers destinataires une deuxième fois. Mais en Ontario, les responsables prévoient toujours de maintenir le protocole actuel de deux doses pour assurer l'immunité.

L’appel à changer de stratégie se fait entendre depuis que deux vaccins ont été approuvés au Canada.

Plusieurs dizaines de milliers de travailleurs de la santé ont déjà reçu la version de Pfizer-BioNTech, approuvée en premier par Santé Canada.

La recette de Moderna a été approuvée mercredi par Santé Canada, et près de 170 000 doses devraient arriver au Canada d'ici la fin de l'année.

Les deux compagnies préconisent deux doses pour développer une immunité à plus de 90 % et les recommandations originales étaient d'utiliser la moitié des stocks de vaccins disponibles tout en conservant l'autre moitié pour les deuxièmes doses au cas où des problèmes de chaîne d'approvisionnement surviendraient.

Ce consensus est en train de changer, a expliqué la Dre Allison McGeer, spécialiste des maladies infectieuses basée à Toronto, membre du groupe de travail canadien sur l'immunité COVID-19.

Le régime à deux doses implique des injections à 21 jours d'intervalle pour le vaccin Pfizer-BioNTech et à 28 jours d'intervalle pour la version Moderna.

Les dernières découvertes suggèrent qu'une dose unique a fourni une protection solide contre la COVID-19 à court terme, a fait remarquer la Dre McGeer.

Les données américaines montrent l'efficacité de la première dose

Les données publiées par l’agence américaine du médicament (FDA) en décembre ont montré qu'un certain niveau de protection contre le virus commence rapidement après le premier vaccin Pfizer-BioNTech, avec une efficacité d'un peu plus de 52 %, et atteint environ 95 % une semaine après la deuxième dose.

Une note d'information sur le vaccin Moderna a montré une efficacité d'environ 50 % dans les deux premières semaines après une première injection, et au-delà de cette période, une efficacité de plus de 92 % avant même l'injection de la deuxième dose.

Dans un contexte où nous voyons plus de cas chaque jour, et nous voulons vraiment faire quelque chose le plus rapidement possible, il est probablement plus logique de donner à tout le monde une dose maintenant – sachant qu'il y aura suffisamment de vaccins à venir, a déclaré la Dre McGeer.

Avion Fed Ex à l'aéroport de Toronto.

Le vol transportant les premières doses du vaccin Moderna destinées au Canada s'est posé à Toronto jeudi après-midi, en provenance de Paris.

Photo : Agence des services frontaliers du Canada

Et si cela signifie que certaines doses arrivent avec une semaine de retard, c'est probablement correct.

Une modélisation de l'Université de Toronto, qui n'est pas encore parue, mais dont CBC a obtenu une ébauche, montre qu'une plus grande flexibilité (conserver moins de doses pour vacciner plus de personnes rapidement) pourrait éviter 34 à 42 % des infections symptomatiques.

Les provinces adoptent différents plans de distribution des premières doses de vaccin COVID-19. Certaines retiennent la moitié des doses qui leur sont attribuées pour s'assurer que les patients reçoivent la quantité totale de vaccin, tandis que d'autres donnent la totalité de leurs ressources pour doubler le nombre de receveurs, ce qui, selon certains experts en maladies infectieuses, est risqué.

Si nous pouvions inoculer plus de vaccins aux résidents des établissements de soins de longue durée et des travailleurs des soins de longue durée, cela pourrait potentiellement éviter un grand nombre d'infections potentielles dans les semaines à venir, a déclaré Ashleigh Tuite, épidémiologiste et modéliste mathématique à l'École de santé publique de l’Université Dalla Lana.

La Table consultative scientifique de la COVID-19 de l'Ontario se prépare maintenant à faire une recommandation officielle à la province sur l'opportunité de retenir les deuxièmes doses, en s'appuyant sur les recherches de la Dre Tuite et de son équipe, a rapporté le Globe and Mail.

L'Ontario surveillera et évaluera la distribution des vaccins

L'Ontario, cependant, ne s'engage pas à changer sa stratégie actuelle, et les fonctionnaires affirment qu'aucune recommandation officielle n'a encore été faite.

Un porte-parole du ministère de la Santé a déclaré dans un communiqué que le groupe de travail provincial sur la distribution des vaccins COVID-19, dirigée par le général à la retraite Rick Hillier, continuerait de surveiller et d'évaluer de près la diffusion du vaccin.

Bien que certaines personnes puissent avoir une bonne immunité à la COVID-19 après une seule dose, ce n'est pas garanti et une deuxième dose est nécessaire, lit-on dans la déclaration fournie à CBC.

Nous continuerons d'administrer des secondes doses aux patients, en veillant à ce qu'ils bénéficient d'une immunité optimale procurée par le virus tout en continuant à vacciner un nombre croissant de nouveaux patients à mesure que des doses supplémentaires du vaccin sont délivrées.

Plusieurs provinces optent pour étendre la vaccination le plus largement possible

Plusieurs provinces, dont la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique, projettent déjà de faire l'inverse en fournissant plus largement les doses de vaccin disponibles.

Nous ne retenons pas les doses parce que nous voulons protéger le plus de personnes possible, le plus rapidement possible, a récemment déclaré la Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique.

Prudence ou urgence

Mais Matthew Miller, un spécialiste des maladies infectieuses de l'Université McMaster de Hamilton, a mis en garde contre le fait de ne pas s'éloigner des calendriers stricts de deux doses avant que l'efficacité à long terme des vaccins ne soit claire. Et ce particulièrement pendant la phase initiale des campagnes de vaccination ciblant les personnes à haut risque d’infection.

Je pense qu'il est impératif de nous assurer d'avoir les doses sous la main pour pouvoir garantir qu'elles bénéficieront de la plus grande efficacité possible, a-t-il déclaré.

La Dre Tuite a quant à elle estimé que sa position sur l’utilisation maximale des doses disponibles n'a pas besoin d'être une stratégie à long terme, car le maintien du délai serré de deux doses deviendra plus facile à respecter à mesure que de nouvelles expéditions arriveront dans les mois à venir.

Mais pour le moment, lorsqu'un vaccin est rare et que nous savons qu'il peut sauver des vies, je pense qu'il est important de réfléchir à la manière dont nous pouvons le maximiser, a-t-elle déclaré.

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