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Brexit : un accord commercial historique conclu entre l'UE et le Royaume-Uni

Il est debout à un lutrin.

Le premier ministre Boris Johnson lors une conférence de presse après l’annonce de l’accord.

Photo : Getty Images / WPA Pool

Radio-Canada

Le Royaume-Uni et l'Union européenne sont arrivés à un accord jeudi pour encadrer leurs relations commerciales post-Brexit, éloignant ainsi la perspective d'un divorce chaotique au terme d'un feuilleton qui a porté un rude coup au projet d'unité européenne né sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale.

Londres et Bruxelles ont finalisé l'accord commercial post-Brexit qu'ils négociaient depuis 10 mois, a-t-on appris jeudi de sources européennes.

Cet accord protégera les intérêts européens et est aussi, je le crois, dans l'intérêt du Royaume-Uni […] Nous pouvons enfin laisser le Brexit derrière nous et nous tourner vers l'avenir.

Une citation de :Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Le premier ministre britannique Boris Johnson a promis que son pays resterait l'ami, l'allié et le premier marché des Européens.

Ce pays reste culturellement, émotionnellement, historiquement, stratégiquement et géopolitiquement attaché à l'Europe.

Une citation de :Boris Johnson, premier ministre britannique

L'opposition votera pour

Les députés britanniques, actuellement en vacances, ont été convoqués pour le 30 décembre afin de débattre de l'accord, a annoncé la chambre basse du Parlement, mais l’on sait déjà que l'opposition votera pour l'accord.

Son chef, Keir Starmer, en a fait l’annonce.

Quand cet accord viendra devant le Parlement, le Parti travailliste l'acceptera et votera pour.

Une citation de :Keir Starmer, chef de l’opposition

Nous acceptons cet accord, mais ses conséquences sont les vôtres et rien que les vôtres, a-t-il ajouté à l'endroit du gouvernement.

Salué par les partenaires européens

La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est dite confiante, évoquant un bon accord, alors que le président français Emmanuel Macron a estimé que l'unité et la fermeté européennes avaient payé dans les pourparlers.

Si la signature d'un accord, à sept jours de la sortie effective du Royaume-Uni du bloc communautaire le 31 décembre, permettra d'éviter une rupture désordonnée, le Royaume-Uni s'avance vers une relation avec son principal partenaire commercial plus distante que les observateurs ne l'imaginaient au moment du référendum de 2016, lors duquel les Britanniques se sont prononcés en faveur d'une sortie de l'UE.

La conclusion de l'accord devait être annoncée plus tôt jeudi, mais, dans la matinée, le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney a expliqué qu'un « accroc » de dernière minute sur l'épineuse question de la pêche avait retardé la conclusion d'un accord, mais qu'une annonce était tout de même attendue dans la journée.

« Il y a une sorte d'accroc de dernière minute » lié à un « petit texte » concernant l'accord sur la pêche, a-t-il dit.

Le Canada réagit

Dans une déclaration transmise par courriel, le gouvernement canadien se dit heureux que le Royaume-Uni et l’Union européenne soient parvenus à une solution mutuellement acceptable quant au départ du Royaume-Uni de l’UE.

Nous sommes des partenaires importants du Royaume-Uni et de l’UE, et notre gouvernement continuera à renforcer les relations commerciales du Canada avec le Royaume-Uni et l’UE par l’entremise de l’Accord économique et commercial global, de l’Accord de continuité commerciale Canada–Royaume-Uni et du protocole d’entente récemment signé, mentionne encore le courriel transmis par les Affaires étrangères canadiennes.

Notre gouvernement continuera à soutenir les entreprises et les exportateurs canadiens qui font du commerce avec le Royaume-Uni et l’UE afin de leur assurer une certaine sécurité pendant cette période déjà difficile.

1000 milliards d'euros d’échanges commerciaux

Si le Royaume-Uni a formellement quitté l'UE le 31 janvier dernier, il est resté depuis lors intégré au marché unique et soumis aux normes européennes dans le cadre d'une période de transition courant jusqu'à la fin de cette année.

Faute d'accord, le Royaume-Uni aurait été traité par Bruxelles comme un pays tiers à partir du 1er janvier, avec des échanges commerciaux régis par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui signifie l'imposition de quotas et de droits de douane.

La conclusion d'un accord de libre-échange permettrait de préserver près de 1000 milliards d'euros d'échanges commerciaux annuels.

Même avec un accord post-Brexit, des perturbations sont toutefois à attendre à compter du 1er janvier, lorsque le Royaume-Uni tournera véritablement le dos à 48 ans de vie communautaire, quittant le marché unique et l'union douanière.

Quand, de manière inattendue, les Britanniques se sont majoritairement prononcés en faveur du Brexit, nombreux étaient ceux en Europe à espérer que le Royaume-Uni puisse rester aligné aux normes européennes. Le virage sera bien plus important.

Boris Johnson, figure des « Brexiters » en 2016, a affiché clairement sa volonté de rompre avec les normes du marché unique et de l'union douanière, pour que le Royaume-Uni « reprenne le contrôle » de sa souveraineté.

L'accord de jeudi ne concerne pas les services financiers, qui font de Londres la seule place à rivaliser avec New York. Le secteur des services représente 80 % de l'économique britannique.

L'accès au marché européen des banques et assureurs basés à Londres est une question traitée en parallèle des négociations sur un accord commercial.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Agence France-Presse

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