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La Saskatchewan ne prévoit pas de vacciner en priorité les détenus de la province

Le pénitencier de la Saskatchewan.

Selon la militante Sherri Maier, des détenus auraient entamé une grève de la faim au pénitencier de Prince Albert pour protester contre les conditions au sein de l'établissement (archives).

Photo : Guy Quenneville/CBC

Vincent H. Turgeon

Alors que le nombre de cas de COVID-19 se multiplie au sein des établissements carcéraux de la Saskatchewan, la province ne prévoit toujours pas de vacciner les détenus lors de la première phase de vaccination, et ce, malgré les nombreuses éclosions.

En effet, trois des centres correctionnels provinciaux (Saskatoon, Regina et Prince Albert) ainsi que le pénitencier fédéral de la Saskatchewan ont vu un grand nombre d’infections, tant chez les détenus que chez les employés.

Malgré tout, le ministre de la Santé, Paul Merriman, garde le cap : la priorité sera donnée aux travailleurs de la santé, aux personnes âgées vivant en centre de soins de longue durée ainsi qu’aux personnes ayant plus de 50 ans vivant dans le nord de la province.

C'est dans ces groupes que l’on observe la majorité des hospitalisations et des décès, explique-t-il.

Une frustration grandissante

Une décision qui déplaît à la militante auprès de l’organisme de défense des prisonniers Beyond Prison Walls Canada Sherri Maier.

Cette dernière est d’ailleurs en contact avec certains détenus, notamment au pénitencier fédéral.

Selon Mme Maier, la situation y est critique et crée beaucoup d’inquiétude parmi les prisonniers.

Conséquence de la propagation du virus au sein de l’établissement carcéral, le temps de sortie à l’extérieur y a, par exemple, été réduit à seulement 30 minutes tous les deux jours.

L'activiste précise que le moral des détenus serait si bas que certains iraient jusqu'à comparer la situation à une condamnation à mort.

Par ailleurs, quelques-uns d’entre eux auraient commencé une grève de la faim le week-end dernier, selon Sherri Maier.

Ils ne peuvent pas parler à leur famille en ce temps des Fêtes, ils sont déprimés, soutient la militante. Certains d'entre eux ont fait un pacte de suicide, pour mettre fin à ce confinement. C'est horrible!

Pour sa part, Service correctionnel Canada n’a pas confirmé qu’une grève de la faim était en cours.

L’organisme fédéral admet toutefois qu’une telle grève n’est officiellement reconnue que si elle dure un minimum de sept jours.

À la fin du mois de novembre, des détenus du centre correctionnel de Saskatoon avaient usé d’un moyen de pression similaire afin de dénoncer ce qu’ils considéraient comme un problème de surpopulation après qu’une centaine de cas de COVID-19 eurent été détectés au sein de l’établissement.

La FSIN aimerait que le gouvernement agisse

Tout comme Sherri Maier, le sentiment de frustration est le même du côté du deuxième vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN), David Pratt.

Le responsable autochtone soutient qu’un grand nombre de détenus dans la province sont Autochtones et feraient donc partie du groupe que le gouvernement fédéral qualifie de population plus à risque en ce qui a trait à la COVID-19.

Qu’ils soient incarcérés ou non, ils ont encore le droit à la santé, affirme David Pratt. Le Canada a une obligation [envers eux].

Malgré tout, il souligne la qualité du travail effectué par l’Autorité de la santé de la Saskatchewan jusqu’à présent.

Avec les informations de Romain Chauvet et de Karolina Rozwadowski

Visitez notre dossier sur les vaccins contre la COVID-19.

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