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COVID-19 : des millions de dollars en coûts pour les services policiers

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La Sûreté du Québec a dépensé plus de 15 millions de dollars pour des opérations liées à la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Barrages routiers spéciaux, patrouilles dans les parcs et les quartiers résidentiels pour repérer des rassemblements, multiplication des visites dans les bars et les restaurants : non seulement la pandémie a-t-elle modifié le travail des agents, mais elle coûte aussi très cher aux corps policiers, que ce soit sur le plan financier ou en matière d’effectifs.

Selon un décompte provisoire, la Sûreté du Québec (SQ) a dépensé un peu plus de 15 millions de dollars pour des opérations liées à la COVID-19 de mars à octobre. Ce montant n’inclut pas les salaires réguliers. Il s’agit de la somme des heures supplémentaires et des dépenses.

Radio-Canada a aussi demandé à tous les corps policiers de niveaux 3 à 5 (villes de 250 000 à 1 million d’habitants) de fournir les coûts liés à la pandémie depuis la première vague. Seuls les services de police de Longueuil et de Laval n’ont pas été en mesure de fournir les chiffres.

L’estimation des dépenses en heures supplémentaires du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est d’environ 1,6 million de dollars.

Le plus grand corps policier municipal a également dépensé plus de 272 000 dollars pour des achats liés à la pandémie, tels que des produits sanitaires, des équipements ou des uniformes spéciaux. Ce montant inclut tous les frais de nettoyage et de désinfection, ainsi que la formation spéciale dispensée aux équipes.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et celui de Gatineau (SPVG) comptabilisent chacun près d’un demi-million de dollars en heures supplémentaires et en dépenses. Rappelons que la Ville de Gatineau a dû mettre en place des barrages routiers entre le Québec et l’Ontario pour éviter les déplacements non nécessaires entre Ottawa et la région de l’Outaouais.

Au début du mois de septembre, les corps policiers ont mis sur pied l’opération OSCAR, au cours de laquelle les policiers visitaient les établissements licenciés du Québec pour assurer le respect des règles sanitaires. Le ministère de la Sécurité publique a financé cette opération spéciale à hauteur de 218 000 dollars environ.



Mouvement des effectifs

Par ailleurs, ces opérations ont nécessité des changements pour ce qui est du personnel. La SQ a dû affecter 35 personnes à des tâches liées spécifiquement à la COVID-19.

Le SPVM a prolongé les journées de travail de ses policiers à 12 heures afin de limiter le nombre d’employés présents sur les lieux de travail. Ce changement à l’horaire fait en sorte que le nombre de relèves est passé de trois à deux par jour. Autant que possible, les tandems demeurent les mêmes chez les patrouilleurs pour éviter le mouvement de personnel.

Durant le pic des vagues de la pandémie, l’organisation montréalaise a réassigné certains de ses effectifs. Par exemple, les agents sociocommunautaires et ceux de la sécurité routière ont quitté temporairement leurs occupations pour retourner à la patrouille quotidienne afin de répondre à tous les appels.

Des enquêteurs participent aussi aux inspections dans les endroits publics où des citoyens pourraient déroger aux règles sanitaires.

Depuis le mois de mars, 80 policiers de Montréal ont été retirés des patrouilles en raison de leur vulnérabilité au virus ou parce qu’ils vivent avec une personne à risque.

Pour ce qui est du SPVG, il a voulu limiter les contacts physiques avec des citoyens en réassignant des policiers du milieu scolaire au service des plaintes par téléphone concernant les crimes à la propriété.

Baisse des appels concernant les crimes

La Sûreté du Québec confirme également que des effectifs ont été retirés du terrain pour effectuer du télétravail en raison des risques liés au virus.

Cependant, nous ne sommes pas en mesure d’extraire de nos systèmes d’information le nombre total de ces effectifs depuis mars 2020, indique un document obtenu à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Aucune des organisations policières n’a eu besoin d’embaucher de personnel supplémentaire durant la pandémie, mais le SPVG a décidé de conserver dans ses rangs les agents temporaires qui auraient normalement terminé leur mandat à la fin de l’été.

Chacun des corps policiers assure qu’aucune section n’a été dépourvue de ressources importantes pour ses opérations. Bien qu’ils aient enregistré une hausse des interventions liées à la COVID-19, les services de police ont tous constaté une diminution des appels concernant les crimes.

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