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Trump défie le Congrès en mettant son veto au budget de la défense

Un homme vêtu d'habits de l'armée fait le salut militaire devant un drapeau des États-Unis.

Adopté par le Congrès, le budget de la défense des États-Unis a reçu le veto du président américain.

Photo : Getty Images / John Moore

Agence France-Presse

Donald Trump a opposé mercredi son veto au budget de la défense des États-Unis, adopté par le Congrès à une majorité écrasante, confirmant son intention de bousculer jusqu'au bout toutes les normes politiques et son propre camp républicain.

Ce budget de 740,5 milliards de dollars a été approuvé il y a deux semaines par le Sénat et la Chambre des représentants à une majorité écrasante qui leur permet, si l'essentiel des élus confirment leur vote initial, de passer outre le veto présidentiel en l'adoptant à nouveau à la majorité qualifiée.

À quatre semaines de l'investiture de son successeur Joe Biden, ce serait une première, et une tache, dans l'unique mandat de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Malheureusement, ce texte de loi n'inclut pas des mesures cruciales pour la sécurité nationale et va à l'encontre des efforts de mon gouvernement pour mettre l'Amérique d'abord en matière de sécurité nationale et de politique étrangère, dit le président sortant dans son message officiel au Congrès, évoquant un cadeau à la Chine et à la Russie.

Le budget renvoyé mercredi au Congrès prévoit notamment une hausse de 3 % du salaire du personnel de la défense.

Le milliardaire républicain avait cependant menacé d'y mettre son veto, notamment parce que le texte n'inclut pas l'abolition d'une loi, dite article 230, protégeant le statut juridique des réseaux sociaux, qu'il accuse d'être biaisés contre lui.

L'article 230 facilite la propagation de la désinformation étrangère en ligne, ce qui constitue une menace grave pour notre sécurité nationale et l'intégrité de nos élections, déplore-t-il dans son message aux représentants.

Il tonne également contre le fait que la loi de financement du Pentagone prévoit renommer des bases militaires honorant des généraux du camp confédéré, qui défendait l'esclavage durant la guerre de Sécession. Depuis ces bases, nous avons remporté deux guerres mondiales, justifie-t-il, en dénonçant une volonté de balayer l'histoire.

Donald Trump rejette aussi des dispositions qui vont à l'encontre de ses efforts pour ramener nos troupes à la maison [...] depuis l'Afghanistan, l'Allemagne et la Corée du Sud.

Pour toutes ces raisons, je ne peux soutenir ce texte qui place les intérêts de l'establishment de Washington au-dessus de ceux du peuple américain, conclut le président, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite aux élections de novembre et apparaît de plus en plus engagé dans une politique de la terre brûlée à l'approche de son départ inéluctable.

Des bâtons dans les roues

Sans surprise, ses opposants ont aussitôt dénoncé son geste spectaculaire contre le budget de la défense, traditionnellement adopté dans un consensus qui transcende les partis politiques.

Donald Trump vient de mettre son veto à une augmentation pour nos militaires afin de défendre des traîtres confédérés décédés, a déploré le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. Les démocrates vont voter pour passer outre ce veto, a-t-il promis sur Twitter.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, également démocrate, a épinglé un acte irresponsable qui nuit à nos troupes, met en péril notre sécurité et sape la volonté du Congrès.

L''opposition du président plonge aussi son propre camp dans l'embarras.

Le président de la commission de la défense du Sénat, le républicain Jim Inhofe, tout en saluant le bilan de Donald Trump en faveur des militaires, a ainsi réaffirmé son soutien au texte, absolument vital pour notre sécurité nationale et nos troupes.

Cette proposition de loi est distincte du texte budgétaire qui comprend le plan de soutien à l'économie américaine, sur lequel le président fait aussi planer la menace d'un veto afin d'obtenir plus d'argent pour les familles, mettant sous forte pression les élus républicains.

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