•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des outils technologiques pour permettre aux aînés de vieillir à la maison, ça existe

Une femme dans la soixantaine assise dans un fauteuil dans le salon d'une maison.

Une femme âgée seule chez elle

Photo : iStock

La pandémie de COVID-19 a durement frappé les personnes âgées vivant dans des foyers de soins ou des résidences. Mais les aînés pourraient rester plus longtemps dans leur maison si la technologie disponible pour les aider était plus accessible.

Les technologies peuvent aider les aînés à vieillir dans la dignité à la maison. Des experts regrettent cependant que cette option ne soit pas accessible pour toutes les personnes âgées, puisque les outils technologiques coûtent cher.

L’organisation actuelle de la société ne prend pas en considération le vieillissement, déplore le chercheur principal à l’Institut de recherche Bruyère et professeur agrégé à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, le Dr Frank Knoefel.

On ne fait pas assez attention au vieillissement, soutient M. Knoefel qui est cofondateur de AGEWELL, un réseau canadien de développement de technologies répondant au vieillissement.

Infirmière en soins à domicile, Brigitte Arondel-Parent ajoute que les aînés à faibles revenus et ceux qui ont des maladies mentales souffrent davantage de la situation actuelle. Les personnes qui vivent avec un revenu modeste vieillissent très, très mal, déplore-t-elle.

Les deux experts indiquent qu’un nombre considérable d’aînés préféreraient vieillir chez eux s’ils avaient toutes les ressources nécessaires.

Même lorsque les personnes âgées vivent avec un proche aidant, l’exigence des soins et le suivi quotidien créent un stress qui amène les familles à opter pour les foyers de soins, parfois contre la volonté de la personne âgée.

En mettant à profit les outils technologiques disponibles sur le marché, Frank Knoefel et Brigitte Arondel-Parent croient qu’il est possible d'améliorer la vie quotidienne des aînés et de leur permettre d'avoir une vie plus épanouie dans leur maison.

Par exemple, si on reste avec quelqu’un qui souffre de démence et qui, la nuit, peut se lever pour se promener […], pour l’aidant qui se couche dans le même lit, c’est beaucoup de stress chaque fois.

On a créé un système de sécurité où chaque fois que la personne se lève du lit, la lumière s’allume jusqu’à la salle de bain et lorsque la personne revient au lit, tout se ferme , explique Frank Knoefel.

Dans un autre cas, un détecteur de mouvement associé à un haut-parleur permet d’envoyer un message à l’aîné qui décide d’aller faire une marche en ne sachant pas que c’est la nuit. Le système déclenche alors un message enregistré de son partenaire, qui dit : mon amour, nous sommes en plein milieu de la nuit, reviens te coucher.

Ce n’est que si la personne va vers la porte de sortie qu’on réveille le proche aidant dans un cas comme celui-ci, explique Frank Knoefel.

Le concept de la technologie est formidable, lance Brigitte Arondel-Parent.

Cependant, l’accès à ces outils technologiques implique des coûts non négligeables.

Mme Arondel-Parent déplore que beaucoup d’aînés n’aient pas les revenus suffisants pour se procurer un ordinateur ou se munir d’un outil d’alerte, comme un bracelet permettant de solliciter de l’aide s’ils tombent. J’ai déjà trouvé une personne qui était tombée depuis minuit, mais il n’y avait pas cet outil , déplore-t-elle.

Gratuité de la technologie?

D’après Frank Knoefel et Brigitte Arondel-Parent, une meilleure manière d’aider les personnes âgées consisterait à rendre gratuits les outils technologiques dont elles ont besoin.

La technologie doit devenir une partie de soins à domicile essentielle et standard, pour tout le monde, indique Frank Knoefel.

La création d’un ministère dédié aux personnes âgées au Manitoba pourrait contribuer à faire avancer des réflexions sur l’amélioration de la qualité de vie des aînés à faibles revenus, d’après l’ancienne présidente du conseil d’administration de la Fédération des aînés de la francophonie manitobaine (FAFM), Thérèse Dorge.

Ça ferait quelque chose pour les aînés qui sont en difficulté, dit-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !