•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : les voyageurs présentent-ils un « risque extrême » de propagation en Ontario?

Des passagers assis portant un masque dans une aire d'attente pour l'embarquement à l'aéroport Pearson.

Doug Ford réclame plus de mesures pour protéger l'Ontario du risque posé par les voyageurs internationaux pendant la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Le premier ministre ontarien Doug Ford critique fortement le gouvernement fédéral, qui n’en ferait pas assez pour protéger l’Ontario contre les personnes arrivant de l’étranger. Selon lui, ces voyageurs sont une source importante de propagation de la COVID-19, même si les données recueillies par la province semblent plutôt indiquer le contraire.

Depuis le début de la semaine, le premier ministre de l’Ontario a notamment critiqué le gouvernement fédéral pour l’absence de test de dépistage de la COVID-19 pour les voyageurs qui arrivent à l’aéroport international Pearson de Toronto.

Il a également affirmé qu’environ un quart de ceux qui arrivent ne se place pas en quarantaine pendant 14 jours.

Si le gouvernement fédéral ne prend pas de mesures supplémentaires à nos frontières, nous restons exposés à un risque extrême en ce moment.

Une citation de :Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Ses commentaires surviennent alors que les inquiétudes concernant la frontière se sont accrues à la suite de la découverte au Royaume-Uni d’une nouvelle variante très contagieuse du coronavirus.

Cette découverte a incité le gouvernement fédéral à suspendre temporairement les vols en provenance du Royaume-Uni.

Les chiffres en Ontario

Le nombre de cas de COVID-19 liés aux voyages représente une petite partie des infections, explique le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Toronto, et membre du groupe de travail de la province pour la distribution du vaccin.

C’est comme une toute petite fraction de tous les cas que nous voyons en Ontario, affirme-t-il.

Donc, non, ce n’est pas zéro, mais ce n’est certainement pas le moteur de l’épidémie en Ontario. C’était le cas auparavant, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Une citation de :Dr Isaac Bogoch, infectiologue à l’Hôpital général de Toronto

Les données montrent effectivement que parmi les sources d’infection, les voyages sont au bas de la liste en ce moment.

Pour la période s’étendant du 21 novembre au 20 décembre, les voyages n'étaient la source que de 0,31 % des cas.

Par exemple, pour les cas recensés le 20 décembre et dont on connaît la source, seules deux infections étaient dues à un déplacement.

Dans un courriel adressé à CBC News, la ministre fédérale de la santé Patty Hajdu a défendu les mesures de son gouvernement en matière de restrictions aux frontières et a également fait remarquer que seul 1,3 % de tous les cas COVID-19 connus en Ontario depuis le début de la pandémie provenait de voyages à l’étranger.

Des restrictions parmi les plus sévères, selon le fédéral

Mardi, le ministre fédéral de la Sécurité publique Bill Blair a contesté les accusations de Ford.

Il a déclaré que les restrictions imposées par le gouvernement, en particulier pour les vols internationaux, sont parmi les plus rigoureuses au monde.

Selon le ministre, le Canada est l’un des rares pays qui restreignent tous les voyages non essentiels à partir de destinations internationales.

Tous les voyageurs en provenance de l’étranger sont soumis à un dépistage des symptômes du COVID-19, a-t-il dit, et à moins d’en être exemptés parce qu’ils sont des travailleurs essentiels, ils doivent être mis en quarantaine pendant 14 jours.

Le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de l'Agence de la santé publique du Canada, souligne que le plus gros problème au Canada est la transmission communautaire, et pas vraiment l’importation de cas.

Howard Njoo assis durant une conférence de presse avec, derrière lui, des drapeaux canadiens.

L'administrateur en chef adjoint de l'Agence de la santé publique du Canada, Howard Njoo, le jeudi 26 novembre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Selon les données de l’Agence des services frontaliers du Canada, pour la semaine du 7 au 13 décembre, un total de 67 365 voyageurs sont arrivés au Canada par avion, en provenance des États-Unis ou d’autres destinations internationales.

Les travailleurs essentiels sont exemptés de l’obligation de quarantaine — cela représente une grande proportion des arrivées, explique Vivek Goel, professeur à l’école de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto.

M. Goel a également été cochercheur principal d’une étude menée par l’université McMaster de Hamilton sur les voyageurs aériens internationaux arrivant à Toronto.

Cette étude comprenait plus de 20 000 tests de dépistage de la COVID-19 effectués sur plus de 8 600 participants recrutés du 3 septembre au 2 octobre.

Les résultats provisoires, publiés le mois dernier, ont montré que seul 1 % des participants ont été déclarés positifs à la COVID-19.

Ce n’est pas rien

Bien que le nombre de cas liés aux voyages soit relativement faible, il ne faut pas l’ignorer, a déclaré le Dr Zain Chagla, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital St-Joseph de Hamilton et professeur associé à l’université McMaster.

Ce n’est pas rien, et c’est absolument évitable.

M. Chagla a déclaré que M. Ford avait peut-être raison de dire qu’il ne suffit pas d’isoler et de mettre en quarantaine au Canada, et qu’il faut également tester les voyageurs dans les aéroports internationaux canadiens.

Même si 99 % des voyageurs ne sont pas infectés, il est important de repérer ceux qui le sont, ajoute-t-il.

Il faut s’assurer qu’ils sont très, très séparés de la population générale dans ce sens. Je ne suis pas en désaccord. Je pense que nous devons commencer à parler plus sérieusement des tests aux frontières.

Une citation de :Dr Zain Chagla, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital St-Joseph de Hamilton

Le professeur Vivek Goel a ajouté qu'il y a peu de données sur le respect de la quarantaine par les voyageurs internationaux.

Une stratégie de quarantaine réduite combinée à des tests pourrait en fait être meilleure, car beaucoup pensent que le respect de la quarantaine serait meilleur avec une période d’isolement plus courte, a-t-il déclaré.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !