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L’armée malienne accusée de crimes de guerre

Quatre soldats près d'un camion-mitrailleuse de l'armée

Les faits reprochés se sont produits entre 2012 et 2018.

Photo : AFP/Getty Images / Agnes Coudurier

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans un rapport transmis aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU et obtenu en exclusivité par l'AFP, la Commission d'enquête internationale sur le Mali accuse l'armée malienne et d'autres protagonistes de « crimes de guerre », et les groupes jihadistes et une milice de « crimes contre l'humanité ».

Voici, à titre d'exemple, les accusations concernant certains des faits les plus emblématiques relevés par cette Commission, sur les 140 détaillés dans son rapport de 340 pages, couvrant la période 2012-2018, qui n'a pas encore été rendu public.

La Commission estime avoir des motifs raisonnables de croire, c'est-à-dire un niveau de preuves conforme aux normes du droit international, que 16 hommes non armés ont été sommairement exécutés dans la nuit du 8 au 9 septembre 2012 par au moins cinq soldats maliens du camp militaire de Diabaly.

Les 16 hommes, des Arabes de nationalité malienne et mauritanienne, avaient été arrêtés à un barrage. Ils avaient affirmé se rendre à Bamako pour une conférence religieuse, mais l'un des militaires a cru reconnaître l'un des hommes comme un membre d'un groupe extrémiste, selon le rapport. Selon la Commission, il s'agit de crimes de guerre.

Aux prémices du conflit, en janvier 2012, le camp de l'armée malienne à Aguelhok (Nord-Est), proche de la frontière algérienne, est attaqué par des djihadistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

La commission peut légalement affirmer que les assaillants [...] ont exécuté beaucoup de soldats maliens hors de combat (détenus ou blessés). Plus d'une centaine de soldats sont morts lors de cette attaque. Selon la Commission, cela constitue un crime de guerre.

L'attaque a été menée par Iyad Ag Ghaly, chef touareg du groupe djihadiste Ansar Dine. Il dirige aussi depuis sa création en 2017 le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste au Sahel affiliée à Al-Qaïda, qui continue à mener des attaques meurtrières.

La Commission a par ailleurs recensé 17 cas de femmes ou jeunes filles violées par des membres de la police islamique à Tombouctou (Nord-Ouest) de 2012 à 2013, à une époque où la ville était sous contrôle djihadiste, d'Aqmi notamment. Ces viols constituent pour la Commission des crimes contre l'humanité.

Le 16 juin 2017, un chasseur traditionnel dogon est tué dans la région de Koro (centre) par des hommes présentés par les témoins comme des Peuls, une communauté avec laquelle les Dogons entretiennent une rivalité croissante.

Le lendemain, au moins 39 civils, dont des enfants, sont tués par des membres de la milice Dan Nan Ambassagou, qui s'est érigée en protectrice des Dogons, dit le rapport.

Ces attaques de représailles constituent selon la Commission des crimes contre l'humanité en raison du caractère civil des victimes.

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