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Tests rapides de la COVID-19 : après les doutes, le feu vert

Une infirmière en jaquette et en équipement de protection devant un petit appareil blanc.

Le reportage de Pascal Poinlane.

Photo : Radio-Canada

Des microbiologistes de la région de Québec ont trouvé comment utiliser efficacement les tests de dépistage rapide ID NOW envoyés par le gouvernement fédéral, malgré les doutes soulevés quant à leur efficacité et les enjeux importants qu’ils présentaient.

Un projet pilote mené par le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le CISSS de Chaudière-Appalaches a permis de résoudre les problèmes de fiabilité. En utilisant ces tests uniquement sur des patients ayant une charge virale élevée et des symptômes évidents de la COVID-19, les scientifiques sont en mesure de faire passer le taux de détection de 75 % à 98,8 %.

Ces tests tardaient à être utilisés au Québec en raison de leur sensibilité plus faible que les tests standards effectués en laboratoire. Depuis des semaines, le gouvernement Legault se faisait talonner par les partis d’opposition à l’Assemblée nationale sur les raisons qui empêchaient leur déploiement.

Selon le microbiologiste-infectiologue Jean Longtin, la clé du succès est de s’assurer de prendre le bon test pour le bon patient, au bon moment. Un triage efficace en clinique de dépistage permettra de les utiliser adéquatement. Il suffit de bien cibler les patients.

Un recruteur, un brigadier ou une infirmière ira dans la file pour questionner les gens qui se présentent. Quand ils répondront aux critères, c’est-à-dire qu’ils ont des symptômes clairs et qu’ils vivent en communauté, ils seront éligibles pour obtenir ce test, explique Serge Garneau, le directeur adjoint aux Services généraux de santé du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Environ 1000 personnes se présentent chaque jour à la clinique de dépistage du Centre de foires d’ExpoCité à Québec. Le tiers d’entre elles sont généralement symptomatiques et pourraient bénéficier de cette méthode de prélèvement.

Plus les personnes ont du virus dans leurs voies respiratoires, meilleure va être la performance du test. C’est certain que, si on prenait le même test et on le faisait avec des voyageurs qui veulent prendre l’avion, on ne serait pas arrivés à la même fiabilité, ajoute le Dr Longtin.

Plus d’appareils pour plus de tests

Une machine d'analyses ID NOW.

Une machine d'analyses ID NOW

Photo : Radio-Canada

L’utilisation des tests ID NOW se révèle tout de même complexe. Des écouvillons et des appareils spéciaux sont nécessaires pour l’utiliser correctement, et ceux-ci peuvent seulement traiter les résultats de quatre patients par heure, à raison d'un à la fois. Pour augmenter la capacité, plusieurs appareils doivent être installés en parallèle. Le Centre de foires d’ExpoCité en détient actuellement six, ce qui le limite relativement au déploiement progressif. Les experts espèrent en obtenir une quarantaine du gouvernement fédéral d’ici le printemps.

Ces appareils permettent d'effectuer une analyse en une quinzaine de minutes, ce qui représente un avantage majeur. Entre le moment du prélèvement et la transmission du résultat au patient, il peut s’écouler seulement 2 heures, alors que le même processus prend de 24 à 36 heures avec un test standard de laboratoire.

Le plus grand avantage du test rapide va être d’accélérer la prise en charge de la pandémie. Ça va permettre d’aller plus vite que le virus et chercher les contacts de ces personnes-là en une heure ou deux, plutôt que d’attendre 24 heures pour faire les enquêtes.

Une citation de :Le microbiologiste-infectiologue Jean Longtin

Deux tests encore nécessaires?

Comme la sensibilité du test ID NOW présentait des faiblesses, Santé Canada a recommandé de valider les résultats avec un deuxième test réalisé en laboratoire. Ainsi, les patients qui effectuaient leur prélèvement au moyen d'un test rapide devaient également subir un test de laboratoire afin de comparer les résultats.

Selon Serge Garneau, le projet pilote permet de démontrer que la contre-validation n’est plus nécessaire. L’équipe du CIUSSS de la Capitale-Nationale va même recommander que les ID NOW soient utilisés seuls, puisque leur fiabilité est augmentée lorsqu’ils sont utilisés dans les bonnes conditions.

À tout près de 99 % de sensibilité, on est vraiment heureux d’avoir le ID NOW ici. Ça retire de la pression sur les laboratoires et donne de la marge de manœuvre pour le personnel.

Une citation de :Serge Garneau

Les ID NOW ont aussi été déployés au Saguenay. La clinique de dépistage de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, les utilise également. Rappelons que le gouvernement canadien a fait parvenir deux types de tests de dépistage rapide au Québec. La province a reçu 1,2 million de tests Panbio et 78 000 tests ID NOW.

Selon des documents obtenus par Radio-Canada, le Panbio présente des problèmes de fiabilité plus importants que les ID NOW, car il pourrait manquer de 20 à 30 % des patients positifs. Lui aussi fera l’objet d’une évaluation dans le cadre d’un projet pilote afin de vérifier s’il est possible d’augmenter sa sensibilité, comme cela a été le cas des ID NOW.

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