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Santé mentale des agriculteurs : fin d'une année houleuse

Femme devant une ferme l'hiver.

Martine Fraser est devenue la nouvelle travailleuse de rang de la Mauricie en septembre.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Pascale Langlois

Martine Fraser est la nouvelle travailleuse de rang de l'organisme Au coeur des familles agricoles pour la Mauricie. Elle a fait son arrivée entre deux vagues de la pandémie, alors que les agriculteurs terminaient une saison remplie de défis. À la fin de l’automne, quand la période calme commence pour plusieurs d’entre eux, une phase bien occupée débute pour Martine Fraser.

Chaque année, alors que les agriculteurs ouvrent leurs livres de comptes, les demandes de services augmentent auprès de travailleurs de rang. Ça veut dire que les gens prennent soin de leur santé psychologique. Ça veut dire que les gens sont vigilants à la santé des autres. Ça, c'est vraiment, vraiment le fun, explique Martine Fraser.

Je ne veux pas décevoir les gens et je veux qu'ils continuent à s'appuyer sur moi.

Martine Fraser, travailleuse de rang

Même s’il reste encore plusieurs tabous concernant la santé mentale chez les agriculteurs, André Auger, administrateur à l’UPA Mauricie, constate que les mentalités changent. Les gens de ma génération, on était des gens plus réservés. On s'arrangeait avec nos problèmes, on n'en parlait pas. Les jeunes vont aller beaucoup plus en parler, précise le producteur de porc qui a fait de la santé mentale son cheval de bataille.

En Mauricie, plus de 50% des demandes d’aide reçues par Au coeur des familles agricoles proviennent directement des agriculteurs. Un pourcentage plus élevé que la moyenne des autres régions où les agriculteurs sont majoritairement recommandés par d'autres professionnels de la santé.

Je suis contente que la réponse soit aussi belle face à mon arrivée. Je suis contente aussi que les gens me fassent confiance, c'est vraiment un beau cadeau, dit-elle, enthousiaste envers son nouveau travail. Celle qui a grandi et vit sur une ferme peut enfin combiner ses deux passions: l’agriculture et la relation d’aide.

Les revenus au coeur des préoccupations

Peu importe la spécialité, 2020 on dirait qu'il n'y a pas de spécialité que ça a bien été à 100%. On a tous eu des petits problèmes, que ce soit le poulet, le porc, le bovin, affirme André Auger. Les canicules, la sécheresse, le manque de main-d’œuvre et les pluies abondantes à l’automne ont grugé la mince marge de manœuvre de plusieurs agriculteurs.

Le partage de la richesse, il faut que ça se fasse.

André Auger, administrateur à l'UPA Mauricie

Tu as beau avoir la matière première, c'est pas l'agriculteur qui fait l'argent. C'est tous ceux qui touchent au produit en amont qui font de l'argent. Ça, il faut que ça change avec le temps, poursuit-il en ajoutant que plus les fermes grossissent, plus la pression économique se fait sentir.

Selon Martine Fraser, si l’incertitude financière peut être allégée pour les agriculteurs, plusieurs problèmes liés à la santé mentale pourraient être réglés. La vague d’achat local a permis à plusieurs de souffler un peu, mais les agriculteurs s’inquiètent de perdre l’intérêt de la population.

On ressent qu'il y a peut-être un petit essoufflement au niveau de ce mouvement-là. Ce qui inquiète particulièrement certains producteurs. Ils trouvent ça dommage dans le fond parce que ça allait bien. Dans le sens qu'on avait l'opinion publique qui était de notre côté qui soutenait en fait cette vague-là d'achat local, explique Martine Fraser. Elle répète que pour supporter moralement et financièrement les agriculteurs, l’achat local demeure la meilleure solution.

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