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De la zone rouge à la zone tout-inclus pour plusieurs Québécois

Quatre personnes se promènent près de la piscine d'un complexe hôtelier.

Moins de voyageurs que d'habitude vont profiter de la chaleur de Cuba cette année pendant le temps des Fêtes.

Photo : afp via getty images / Yamil Lage

Les images des files de voyageurs attendant de prendre leur avion vers le Sud en irritent plus d’un cette année, et notamment les autorités canadiennes, qui déconseillent vivement les voyages non essentiels. Mais les voyageurs sont beaucoup moins nombreux à partir qu'en temps normal, assurent les agences de voyages.

Les clients ne sont pas si nombreux parce qu’il n’y a pas tant d’avions disponibles. Ce n’est pas la manne habituelle des années précédentes. […] On parle peut-être de 10 % des gens qui décident de partir par rapport à ce qui aurait pu être, a assuré mardi André Desmarais, le président de la section Québec de l’Association canadienne des agences de voyages, à Tout un matin.

Aéroports de Montréal dit de son côté attendre en moyenne 8000 passagers par jour pendant les Fêtes, arrivées et départs confondus. Ils avaient été 56 000 par jour en 2019 pendant cette période.

De la chaleur et des mesures sanitaires accrues

André Desmarais minimise les risques de contracter la COVID-19 que posent les voyages dans les tout-inclus et considère que la population a autant de chances d'attraper la maladie en restant au pays, tout comme les quelques voyageurs qui ont accepté de répondre aux questions de Radio-Canada à l’aéroport de Montréal et de Québec. Plusieurs ont effet refusé.

Nous, c’est la deuxième fois qu’on va à Cuba depuis deux mois et, honnêtement, les mesures sont respectées. Ils te passent le test dès que tu arrives à l’aéroport. Sur le site [de l’hôtel], les employés sont tous masqués avec des gants, a commenté une voyageuse sur le départ à Montréal.

Quant à Isabel Garcia, qui se dirigeait vers Punta Cana, en provenance de Québec, elle assure qu'elle prendra toutes les précautions nécessaires. Je vais faire beaucoup attention, j’ai ma famille là-bas, ma grand-mère et ma mère. Et c’est sûr que moi je vais prendre soin de moi pour prendre soin d’eux. C’est juste ça que je veux faire, garantit-elle.

Pour sa part, André Desmarais dit qu'il recommanderait de ne plus voyager s'il était médecin, mais rappelle qu’il est agent de voyages et que la situation dans laquelle se retrouve actuellement l’industrie est dramatique.

On ne vend plus de voyages depuis dix mois, déplore-t-il.

Moi-même, j’ai été dans le Sud au mois d’octobre et je vais vous dire que c’était très bien, je suis revenu et je n’ai pas été malade. Il y a un risque, mais il y a un risque au Québec, déclare M. Desmarais.

Il ne faut pas oublier que les hôtels dans le Sud ont fait des efforts extraordinaires au niveau de l’hygiène, de la sécurité : les prises de température, le nettoyage des mains, il y a même le nettoyage des pieds, poursuit-il.

Des voyageurs avec leurs valises à l'aéroport Trudeau.

Aéroports de Montréal attend en moyenne 8000 passagers par jour pendant les Fêtes. Ils avaient été 56 000 par jour en 2019 pendant cette période.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

André Desmarais dénonce le gouvernement, lequel, dit-il, ne traite pas tous les commerçants de la même façon.

Le gouvernement interdit de voyager, mais, quand même, laisse les commerces ouverts. Il y a en ce moment énormément de monde dans les commerces. C’est deux poids, deux mesures, dit-il.

Le petit voyage qu’on vend dans le Sud, c’est comme de la nourriture pour emporter pour un restaurant.

André Desmarais, président section Québec de l’Association canadienne des agences de voyages

Insouciance ou indécence?

Toutes ces précautions ne convainquent cependant pas les autorités gouvernementales et médicales, qui continuent de réprouver le choix d’aller prendre des vacances au soleil cette année.

Le Dr François Marquis, chef de l’unité des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, a comparé plus tôt cette semaine les dangers des voyages dans les tout-inclus à ceux des voyages sur un bateau de croisière, pour la propagation du coronavirus.

En conférence de presse mardi après-midi, le premier ministre du Québec, François Legault, a de son côté soutenu à plusieurs reprises que ce n’est pas le temps d’aller dans le Sud, et certifié que le comportement des vacanciers serait observé de près à leur retour.

On va s’assurer avec le gouvernement fédéral qu’il y a des mesures très sévères qui sont mises en place pour suivre les personnes quand elles vont revenir du Sud pour qu’elles fassent leur quarantaine.

Le premier ministre du Québec, François Legault

M. Legault a dit s’inquiéter, tout comme le premier ministre de l’Ontario lundi, que les mesures de suivi fédérales ne soient pas assez strictes.

On veut plus d’informations sur les mesures de suivi auprès des passagers, pour s’assurer que les quarantaines soient très bien respectées, a-t-il ajouté.

Quant à la possibilité de fermer les agences de voyages pour arrêter le flot des voyageurs, le premier ministre a noté que cela serait une mesure inutile, puisque la fermeture des aéroports, une prérogative fédérale, n’était pas envisagée.

On sait qu’une grande partie des gens achètent leurs billets directement via Internet. Je ne verrais pas la raison pour laquelle on bloquerait les agences de voyages, a-t-il expliqué.

Quant au député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, qui est secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, il a prévenu mardi à Tout un matin que les Canadiens qui partent, qu’il qualifie d’insouciants et de presque indécents, le font à leurs risques et périls.

Le secrétaire parlementaire a aussi insisté sur l’importance qu’aura le respect de la quarantaine de 14 jours imposée à tous les voyageurs qui arrivent ou qui reviennent au Canada.

C’est clair qu’il n’y aura pas d’opérations de rapatriement comme il y a eu au printemps passé. […] Et je voudrais rappeler à ceux qui ont la mauvaise idée de partir qu’il y aura des amendes assez salées pour ceux qui ne respectent pas la quarantaine au retour.

Joël Lightbound, secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile

M. Lightbound indique que le gouvernement va s’assurer autant que faire se peut que les gens respectent leur plan de quarantaine, notamment grâce à une présence renforcée des agents de la santé publique, mais aussi des services frontaliers.

Au Canada, jusqu’à présent, 1,8 % des cas de COVID-19 proviennent de voyageurs qui sont revenus de l’étranger, dit-il.

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